Jean et Harouna (noms d’emprunt) sont amis depuis l’enfance. Un jour, Harouna est poursuivi par le procureur du Faso près le TGI de Bobo-Dioulasso pour homicide involontaire et dégradation involontaire de bien mobilier.
Le jour du procès, lorsque le juge appelle le dossier, Jean se lève et répond présent. D’un ton assuré, il affirme être prêt à être jugé. Le procureur ne s’y oppose pas, et l’affaire est retenue.
Mais à l’heure du jugement, un rebondissement inattendu se produit. Jean se présente à la barre, citation à comparaître de Harouna en main. Lorsque le juge procède à la vérification d’identité, il lâche, à la surprise générale :
— Ce n’est pas moi Harouna. C’est mon ami. Il a un empêchement, alors je suis venu le représenter.
Le président du tribunal fronce les sourcils.
— Donc, on peut te juger à sa place ? demande-t-il.
Jean hésite une fraction de seconde, puis répond :
— Oui.
Le magistrat ne cache pas son étonnement.
— Est-ce que tu réalises ce que cela signifie ? Si ton ami est condamné, tu seras enfermé à sa place. Tu es d’accord ?
Soudain, le ton de Jean change. D’une voix plus ferme, il réplique :
— Non.
Le président tranche alors d’un ton solennel :
— Ici, chacun répond de ses actes. On ne peut pas être jugé à la place d’un autre.
Après quelques observations du procureur, Jean regagne sa place, un léger sourire au coin des lèvres.
N.B. : Cette scène illustre un principe fondamental du droit : la responsabilité est individuelle. Personne ne peut purger une peine à la place d’un autre, et chaque accusé doit répondre personnellement de ses actes devant la justice.
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