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Dédougou: Un sexagénaire abat son frère croyant que c’était un chat

JIB2 2 juillet 2026 0
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S.S a comparu devant la chambre criminelle du TGI de Dédougou, le jeudi 25 juin 2026 pour des faits de meurtre sur la personne de B.S, son petit frère germain, et de détention illégale d’arme à feu et des munitions.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 21 au 22 septembre 2023 à Yankasso, localité de la commune rurale de Safané dans la province du Mouhoun, région de Bankui. Cultivateur, dozo et récemment incorporé dans les rangs des supplétifs de l’armée, l’accusé a expliqué qu’il rentrait ce jour-là d’un mariage aux environs de 21 heures. Il avait sur lui une arme de calibre douze avec quatre munitions.

Arrivé à son domicile, il a dit avoir ouvert la grande porte et soudain, il a aperçu un chat qui fonçait sur lui. « J’ai alors fait usage de mon arme et j’ai tiré sur l’animal », a-t-il confié à la cour. Convaincu que « le chat » a été touché, l’accusé est allé chercher une daba pour venir l’achever et c’est en ce moment-là qu’il a découvert que ce n’était pas un chat, mais son petit frère qu’il venait d’abattre.

Immédiatement, il s’était rendu à la gendarmerie puis au commissariat de police pour se dénoncer, a relaté celui qui a reconnu les faits, mais a persisté et signé qu’il avait tiré sur un chat agresseur. Il est persuadé, voire tenté de convaincre la cour que c’est son petit frère qui s’est transformé en chat.

Revenant sur ses rapports avec son défunt petit frère, l’accusé a fait remarquer qu’ils s’entendaient bien jusqu’en 2019 où une bagarre s’était produite entre eux entrainant leur séparation. Sinon jusqu’à cette date, ils cultivaient le même champ. Une affaire d’argent a été à l’origine de la mésentente. Le petit frère devait à son grand frère, mais il avait refusé de s’exécuter.

Même convoquée chez l’un de leurs oncles pour le contraindre à donner l’argent à son grand frère, la victime était restée inflexible.

Le procureur du Faso d’interroger l’accusé si cela n’était pas une raison pour lui d’ôter la vie à son petit frère. « Non ! », a répondu spontanément S.S avant de poursuivre que la victime était son frère quelle qu’en soit la situation. Mais, il a été dit à l’audience qu’à l’époque de leur bagarre, l’accusé aurait donné un ultimatum de 3 ans à son petit frère pour vivre.

Devant la cour, Il n’a pas reconnu ces déclarations qui lui sont attribuées. Il est ressorti des témoignages que la victime, père de nombreux enfants et mari de deux femmes, était en train de réparer sa lampe torche devant le foyer où la femme de l’accusé venait de terminer sa cuisine lorsqu’elle a été abattue avec une arme dont son obtention par la personne mise en cause suscite des versions opposées.

Il y a celle de S.S qui soutient avoir acheté le fusil avec le défunt père de D.Q, un habitant du village. Mais ce dernier qui ne serait pas au courant de la transaction l’a approché pour reprendre l’outil de son père. Par contre, D.Q, dans sa déposition a indiqué avoir hérité l’arme de son père décédé il y a environ une trentaine d’années.

Celui-ci a précisé que S.S, le sachant détenteur d’un fusil dans le village, était venu vers lui à plusieurs reprises pour solliciter son arme, mais il avait toujours refusé jusqu’au jour où l’arme est tombée et s’est abîmée à la gâchette. Il a noté que l’accusé était revenu le voir afin d’obtenir l’arme pour la réparer. Il a fini par la lui céder.

Une fois l’arme réparée, S.S a décidé de la garder avec lui et environ un mois après, le drame s’est produit. S’appuyant sur ces affirmations, le procureur dit fonder sa conviction que l’accusé a usé de manœuvre pour obtenir et conserver l’arme parce qu’il avait « un plan » ; probablement celui d’attenter à la vie de B.S.

Il a estimé que les faits reprochés à l’accusé sont établis. Mais au vu de son âge qui frôle la soixantaine, il a requis une condamnation de 11 ans de prison, dont 7 ans ferme contre lui. Aussi a-t-il demandé la confiscation du scellé composé de l’arme, de l’étui et des munitions.

La demande de pardon de l’accusé n’a produit aucun effet, car les juges l’ont déclaré coupable des faits avant de lui infliger une peine d’emprisonnement de 11 ans dont 8 ans ferme. Jouissant d’une liberté provisoire, il a vu décerner contre lui un mandat de dépôt et la confiscation du scellé.

Source : Sidwaya.info

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