Le Conseil régional des chefs coutumiers et traditionnels (CRCCT) de la région des Tannounyan a organisé, le vendredi 15 mai 2026 à Banfora, une conférence publique destinée à renforcer les connaissances des autorités coutumières sur les nouvelles réformes encadrant la chefferie traditionnelle et la justice coutumière.
La rencontre, tenue dans la salle de réunion de la nouvelle mairie de Banfora, s’est déroulée sous la présidence de Sa Majesté Marouan Tolé Sagnon, chef de canton de Karaborola et président du CRCCT.

Une conférence axée sur deux nouvelles lois
Placée sous le thème : « La chefferie coutumière et traditionnelle de la région des Tannounyan à l’épreuve des lois n°002-2026/ALT portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle et n°003-2026/ALT portant Faso Bu-Kaooré », la conférence a été animée par Diakalya Traoré, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso.
L’objectif de cette initiative était de permettre aux chefs traditionnels de mieux comprendre le contenu de ces textes adoptés par l’Assemblée législative du peuple (ALP), afin de faciliter leur appropriation et leur mise en œuvre.
Selon les organisateurs, cette activité vise à renforcer la compréhension des lois, valoriser les institutions coutumières, concilier tradition et modernité et contribuer à la construction d’une chefferie forte, légitime et respectée.

Faso Bu-Kaooré : une justice fondée sur les us et coutumes
Au cours de sa communication, le magistrat Diakalya Traoré a expliqué que la loi portant Faso Bu-Kaooré institue un mécanisme de règlement des litiges basé sur les coutumes et traditions locales.
« Le gouvernement a initié une loi dénommée Faso Bu-Kaooré. Cette loi permettra de rendre justice en se basant sur les coutumes et traditions », a-t-il indiqué.
Selon lui, des juridictions traditionnelles seront progressivement mises en place dans les villages et secteurs des villes du Burkina Faso afin de traiter certains différends conformément aux règles coutumières.

Composition des tribunaux traditionnels
Le conférencier a précisé que les membres appelés à siéger au sein de ces instances devront être des gardiens reconnus des traditions, ayant une parfaite maîtrise des us et coutumes de leur localité.
« Les tribunaux traditionnels seront composés d’un président, généralement le chef du village, de deux assesseurs issus des traditions, d’un secrétaire et d’un interprète », a expliqué le magistrat.
Il a souligné que cette organisation diffère de celle des juridictions classiques, où interviennent notamment des magistrats du siège et du parquet.

Un cadre d’échanges apprécié
La communication a donné lieu à de nombreuses questions des participants, portant sur les compétences de ces juridictions, les types de litiges concernés, ainsi que les relations entre la justice coutumière et la justice de droit commun.
Les chefs traditionnels ont salué la qualité des explications fournies par le magistrat, qu’ils ont jugées claires et accessibles.
Pour Sa Majesté Marouan Tolé Sagnon, cette initiative traduit la volonté des autorités coutumières de s’approprier les nouvelles dispositions légales afin de mieux jouer leur rôle dans la préservation de la paix sociale.

Une chefferie au service du développement
À travers cette conférence, le Conseil régional des chefs coutumiers et traditionnels des Tannounyan entend renforcer les capacités de ses membres pour leur permettre de contribuer efficacement à la consolidation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
Sous le slogan « Unis pour une chefferie forte, légitime et au service du développement », les participants ont réaffirmé leur engagement à accompagner la mise en œuvre des réformes visant à valoriser les institutions traditionnelles et à promouvoir une justice de proximité adaptée aux réalités socioculturelles du Burkina Faso.






