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Ouagadougou : Il assassine son cousin pour des rituels afin de devenir riche

JIB2 24 juillet 2026 0
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Le samedi 17 juillet 2026, Zb, âgé de 31 ans, a comparu devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour répondre de faits d’assassinat commis en 2015 sur un enfant à Rayongo. À la barre, il a reconnu les faits.

Les faits remontent au mois d’octobre 2015. Ce jour-là, Zb se rend au domicile de Kb pour prendre de ses nouvelles. Il apprend que ce dernier n’est pas encore rentré de l’école. En chemin, il croise le petit Kb en compagnie d’un camarade du même âge. Il sépare les deux enfants et repart avec la victime. Dans la soirée, ne voyant toujours pas son fils revenir, le père de Kb apprend qu’il aurait été vu avec Zb. Il tente à plusieurs reprises de joindre ce dernier par téléphone, sans succès.

Le lendemain, il dépose une plainte. Rapidement recherché, Zb est interpellé dans les heures qui suivent. Lors de ses premières auditions, il nie toute implication et est remis en liberté afin que les investigations se poursuivent. Par la suite, accompagné de son père, il se présente de nouveau à la police. Après avoir fourni quelques indices, il finit, lors d’une troisième audition, par passer aux aveux. Il conduit les enquêteurs jusqu’au lieu où le corps était enterré avant d’être placé à la MACO. Onze ans plus tard, il comparaît enfin devant la justice.

Invité par le tribunal à relater les faits, l’accusé déclare : « Au début, j’avais nié. Je regrette l’acte que j’ai commis. Il y avait un vieux dans notre quartier, que je connaissais bien. Il m’a dit que si je voulais devenir riche, je devais prendre un billet de 10 000 FCFA, le déposer dans une tombe fraîchement creusée avant un enterrement, puis le lui rapporter afin qu’il fasse un rituel. Il disait que plusieurs jeunes partis à l’aventure ou dont les commerces prospéraient avaient bénéficié de son aide. »

Le président lui demande alors : « À 20 ans, au moment des faits, aviez-vous réellement besoin de devenir riche à ce point ? »

L’accusé répond : « Je voulais aider ma mère et mon père, qui étaient en difficulté. C’était pour aider ma famille. » Il poursuit : « J’ai étranglé l’enfant avec les lacets de mes chaussures »

« Comment avez-vous procédé pour exécuter ce que ce marabout vous avait demandé ? »

Zb explique : « J’avais 20 ans à l’époque. Je fréquentais le même établissement que Kb et nous jouions ensemble. C’était le fils de mon oncle. Je suis allé le chercher à la sortie de l’école. Je l’ai conduit dans la brousse à Rayongo, près de chez nous. Je lui ai prêté mon téléphone portable pour qu’il joue. Pendant qu’il était occupé, j’ai retiré les lacets de mes chaussures et je l’ai étranglé. J’ai aussi maintenu sa bouche fermée. Il était entre 21 heures et 22 heures lorsqu’il est décédé. Ensuite, je suis allé emprunter une barre à mine chez un voisin, j’ai creusé moi-même une tombe et je l’ai enterré. »

Le président s’interroge : « Comment cette idée de tuer cet enfant vous est-elle venue ? »

L’accusé répond : « J’y pensais depuis deux à trois semaines, voire un mois. Je suis l’unique fils de mes parents et je voulais avoir de l’argent pour les aider. »

Le procureur lui demande ensuite : « Avec quoi l’avez-vous tué ? »

« Je l’ai étranglé avec les lacets de mes chaussures que je portais ce jour-là. »

À la question de savoir à qui il avait confié son crime, Zb répond : « C’est au commissariat que j’ai avoué à mon père que j’avais tué Kb. »

Interrogé sur le billet de 10 000 FCFA, il précise : « J’ai déposé le billet dans la tombe avant de le récupérer, mais il a été saisi lors de mon arrestation. »

Enfin, à la question de savoir s’il reconnaissait définitivement les faits, il répond : « Oui. C’est moi qui ai montré la tombe aux enquêteurs et participé à l’exhumation. J’étais choqué. »

« Je le considérais comme un membre de la famille »

Appelé à la barre, le père de la victime livre un témoignage empreint d’émotion. « C’est mon neveu. J’avais une crainte envers lui. J’avais même aidé sa mère à rembourser une dette de plus d’un million de FCFA qu’il avait occasionnée. Il mangeait chez moi ; je le considérais comme un membre de la famille. J’ai cinq enfants, quatre filles et un garçon. La victime était mon unique garçon. J’ai du mal à comprendre pourquoi il m’a fait ça. Lorsque nous sommes allés récupérer le corps pour l’inhumer, des habitants, révoltés, ont incendié leur domicile parce que les faits s’étaient produits à proximité de chez eux. »

Entendu également, l’ami de la victime, encore six ans au moment des faits, déclare ne plus se souvenir précisément des événements. Il indique simplement : « Il est venu chercher la victime à la sortie de l’école. »

Le père de la victime ne s’est pas constitué partie civile et n’a formulé aucune demande de réparation.

Le ministère public requiert la perpétuité, le tribunal suit ses réquisitions

Dans ses réquisitions, le procureur rappelle que « les jeunes doivent éviter les raccourcis et accepter les étapes nécessaires pour réussir dans la vie ». Selon lui, « on ne devient pas riche par des pratiques occultes, mais par le travail ». Il estime que les éléments recueillis au cours de l’instruction et confirmés à l’audience caractérisent pleinement le crime d’assassinat. Il requiert en conséquence une peine d’emprisonnement à vie.

Invité à prendre la parole une dernière fois, l’accusé déclare : « J’ai déjà passé onze ans à la MACO. Je demande votre clémence afin de retrouver la liberté et reconstruire ma vie. Je demande pardon à mes parents ainsi qu’à mon oncle. »

Après en avoir délibéré, la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I déclare Zb coupable des faits d’assassinat et le condamne à une peine d’emprisonnement à vie. Le tribunal donne également acte aux ayants droit de feu Kb de leur décision de ne pas se constituer partie civile.

Source : Zoodomail.com

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