Le verdict a été rendu le 10 août 2026 par la chambre ECOFI du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Zézouma (nom d’emprunt) a été relaxé pour infraction non constituée. Le procureur l’a poursuivi pour avoir détourné l’argent de ses clients dans le cadre d’une affaire d’achat de véhicules.
Les faits
Zézouma est un employé de commerce qui évolue dans l’achat et la vente de véhicules.
Il avait comparu le 20 juillet 2026 devant la chambre du pôle économique et financier du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. En l’espèce, il lui était reproché d’avoir encaissé plusieurs dizaines de millions de francs CFA auprès de deux de ses clients, sans jamais leur livrer les véhicules commandés.
Les faits remontent à l’année 2025. Le premier plaignant, voulant acquérir un camion-benne, s’était tourné vers Zézouma, réputé dans le milieu de la vente de véhicules. Les deux, dans leur relation d’affaires, s’étaient entendus sur un prix de 16 800 000 F CFA, et il avait déjà versé une avance de 9 800 000 F CFA. Le camion n’a toutefois jamais été livré. Le prévenu envoyait à la victime des vidéos de camions, invoquant tantôt une panne, tantôt un contretemps. Via WhatsApp, dans leurs conversations, il n’aurait jamais révélé à son client la vraie version.
Une seconde victime, une dame, a subi le même sort. Cette dame voulait acheter trois voitures et lui avait remis plus de 14 000 000 F CFA. Ni les véhicules ni l’argent ne lui ont été restitués. Comme dans le cas de la première victime, le prévenu ne répondait plus aux appels et messages de ses victimes.
C’est à la suite des plaintes que la police a procédé à l’arrestation de Zézouma. Il a ensuite été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso.
À l’audience, le prévenu avait reconnu avoir reçu les sommes versées par les deux victimes. Il a également reconnu ne pas avoir livré les véhicules conformément aux engagements contractuels pris avec eux.
Les réclamations
Les deux victimes se sont constituées parties civiles. Le premier client réclamait 8 800 000 F CFA. Il a précisé avoir déjà reçu du prévenu un remboursement partiel d’un million de FCFA par Mobile Money. La dame, de son côté, réclamait 10 650 000 F CFA, indiquant avoir elle aussi récupéré une partie de son argent.
Le ministère public avait requalifié les faits, initialement qualifiés d’abus de confiance, en faits d’escroquerie. Il a en outre retenu à l’encontre du prévenu des faits de blanchiment de capitaux.
En réquisitoire, le parquet avait demandé au tribunal de condamner le prévenu à 24 mois d’emprisonnement ferme et à une amende de 59 250 000 F CFA, dont 30 000 000 F CFA ferme. Il a également requis la confiscation de la parcelle acquise par le prévenu avec les fonds détournés.
De son côté, l’avocat de la défense avait plaidé la relaxe de son client.
Selon l’argument du conseil du prévenu, il ne nie pas que son client a reçu de l’argent, mais estime qu’en matière de vente commerciale, le retard de livraison ne constitue pas une infraction pénale. Seul le tribunal de commerce est compétent pour sanctionner le retard de livraison.
Dans son verdict rendu le 10 août 2026 par la chambre ECOFI du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, Zézouma a été relaxé pour infraction non constituée.
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