Le ministre de la Sécurité, le commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, a annoncé l’ouverture de plus de 70 dossiers disciplinaires concernant des agents de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, en lien avec des pratiques dénoncées aux frontières de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il s’est exprimé, ce 16 septembre 2026 à Ouagadougou, à l’occasion de la 7e édition de la Journée internationale de l’identité (ID Day 2026).
Selon le ministre, ces pratiques entravent la libre circulation des personnes et des biens voulue par les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il a notamment rappelé les décisions prises par les trois pays pour harmoniser leurs documents d’identité et de voyage et faciliter les déplacements au sein de l’espace confédéral.
En novembre 2024, les ministres chargés de la Sécurité des trois pays s’étaient réunis à Bamako pour valider les caractéristiques et les spécifications techniques des documents d’identité et de voyage de l’AES. Cette démarche a conduit à l’émission de la Carte d’identité biométrique AES (CIB-AES) et du passeport AES dans les trois pays.
En avril 2026, une nouvelle rencontre des ministres chargés de la Sécurité, tenue à Ouagadougou, avait permis de réaffirmer l’objectif de renforcer la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’espace confédéral.
« La libre circulation n’est pas une option, c’est une obligation »
Mahamadou Sana estime que les difficultés constatées sur le terrain sont en contradiction avec les orientations arrêtées par les trois États. Il a notamment dénoncé le comportement de certains agents déployés aux frontières.
« Il faut que, dans l’espace confédéral, le Malien, le Nigérien, le Burkinabè ne soient plus jamais tracassés, où qu’il soit dans cet espace AES. Malheureusement, nous avons constaté qu’il y a de ces personnes, de ces agents des forces de sécurité intérieure, particulièrement au niveau des frontières, qui persistent dans le sabotage de cette vision des trois chefs d’État », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que des actions de sensibilisation et de formation avaient déjà été menées auprès des agents affectés aux frontières. Il a cité notamment Yendéré, Cinkansé, Faramana et Koloko, où des responsables de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale se sont rendus pour rappeler les instructions relatives à la libre circulation.
Malgré ces actions, Mahamadou Sana affirme que les pratiques dénoncées persistent. Il assure que des sanctions ont déjà été prises et que d’autres sont à venir. « Nous avons sanctionné, nous avons radié des personnels pour des comportements attentatoires en 2024-2025 à leur déontologie et à leur éthique. Malheureusement, nous constatons toujours que ces sanctions n’ont pas servi d’exemple. […] Nous avons pris toutes les mesures pour que ces comportements cessent, particulièrement au niveau de nos frontières », a-t-il déclaré.
Plus de 70 dossiers disciplinaires
Le ministre a ensuite annoncé l’existence de plus de 70 dossiers concernant des agents de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Ces dossiers, a-t-il précisé, pourraient donner lieu à des sanctions. « À l’heure où je vous parle, il y a plus de 70 dossiers des agents de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Ce sont sûrement des dossiers pour sanctions à prendre. Il faut que le message soit clair. Il faut que ceux qui gèrent les frontières, les policiers, les eaux et forêts, les gendarmes qui sont au niveau des frontières, qu’ils sachent que la question de la libre circulation des personnes et des biens n’est pas une option, c’est une obligation », a martelé Mahamadou Sana.
Pour le ministre, cette exigence doit se traduire dans l’expérience quotidienne des voyageurs aux différents points de passage frontaliers. Il a assuré que les services concernés seront appelés à renforcer les mesures destinées à faire cesser les pratiques dénoncées.
« Cette libre circulation doit se ressentir au niveau des voyageurs, particulièrement au niveau des espaces frontaliers. Nous allons prendre toutes les mesures pour que ces pratiques cessent, nous puissions aussi rassurer ces populations que d’ici là, ces pratiques vont finir et qu’ils pourront circuler librement dans l’espace confédéral », a-t-il poursuivi.
Mahamadou Sana a également indiqué que les services avaient reçu des instructions pour renforcer la formation et la sensibilisation des agents sur ces questions. Il a reconnu que la libre circulation dans l’espace confédéral connaît encore des difficultés, qu’il attribue au comportement de certains agents.
La mise en œuvre de la libre circulation des personnes et des biens demeure ainsi un enjeu pour l’opérationnalisation de l’espace AES. Pour le ministre de la Sécurité, le renforcement des sanctions doit désormais accompagner les instructions déjà données afin que les populations puissent constater concrètement les effets de cette politique aux frontières.
Source : Faso7
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