Âgé de 40 ans, vivant en union libre, père d’un enfant et employé de commerce, Kalifa (nom d’emprunt) comparaissait devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, le vendredi 18 septembre 2026. Il répondait de faits d’abus de confiance.
Les faits
Selon les éléments exposés à l’audience, Kalifa et son compagnon auraient sollicité Modibo (nom d’emprunt) afin qu’il avance les frais nécessaires au transport de marchandises en provenance du Ghana vers Bobo-Dioulasso, notamment des planches destinées à la vente.
Modibo aurait ainsi engagé 3 677 000 FCFA dans l’opération. Une somme d’un million de FCFA lui aurait déjà été remboursée. Il réclame désormais les 2 677 000 FCFA restants.
Le prévenu reconnaît les dépenses
Interrogé par le tribunal, Kalifa a reconnu que Modibo avait effectivement engagé 3 677 000 FCFA dans l’opération. Il a également reconnu le remboursement d’un million de FCFA.
Selon les explications données à l’audience, Modibo avait accepté d’engager ces dépenses notamment parce que le compagnon de Kalifa lui devait déjà 1 500 000 FCFA.
Une opération qui tourne mal
À la barre, Modibo a expliqué que le compagnon de Kalifa l’avait d’abord contacté pour lui exposer la situation. Il lui aurait ensuite indiqué que Kalifa allait prendre attache avec lui.
Lors de leur échange, Kalifa aurait expliqué qu’il disposait de marchandises en provenance du Ghana et avait besoin d’une aide financière pour les faire entrer à Bobo-Dioulasso. Il aurait également indiqué que les dépenses seraient remboursées après la vente des marchandises.
Mais l’opération ne s’est pas déroulée comme prévu.
Kalifa a expliqué que les marchandises avaient été entreposées dans un lieu qui ne leur appartenait pas. Le propriétaire des lieux aurait demandé leur évacuation, entraînant, selon le prévenu, des difficultés qui ont finalement affecté la vente des marchandises.
« Je me suis retrouvé avec 4 millions FCFA »
Invité par le tribunal à expliquer les raisons du non-remboursement, Kalifa a demandé pardon.
Il a expliqué que son activité comportait des risques et que son intention initiale n’était pas de ne pas rembourser Modibo.
À la question du tribunal de savoir ce qu’il avait perdu après la vente, le prévenu a répondu qu’il devait normalement disposer d’environ 6 millions de FCFA, mais qu’il ne lui restait finalement que 4 millions de FCFA. Il a ajouté que ses employés et Modibo attendaient également d’être payés.
« J’ai décidé de jongler avec cette somme pour ne pas tous les décevoir », a-t-il expliqué.
Le parquet requiert 24 mois avec sursis
Invité à formuler ses réquisitions, le ministère public a estimé que Kalifa et son compagnon avaient sollicité Modibo pour les aider à faire entrer leur camion et qu’ils n’avaient finalement pas honoré leur engagement.
Le parquet a requis que Kalifa soit déclaré coupable d’abus de confiance et condamné à 24 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA ferme.
Selon le ministère public, le sursis permettrait notamment au prévenu de poursuivre ses activités afin de pouvoir rembourser la victime.
2,677 millions FCFA réclamés
Invité par le tribunal à formuler ses réclamations dans l’hypothèse où le prévenu serait déclaré coupable, Modibo a indiqué qu’il ne réclamait plus une somme de 500 000 FCFA évoquée précédemment.
Il a précisé que ses dépenses s’élevaient à 3 677 000 FCFA et qu’un million de FCFA lui avait déjà été remboursé. Il réclame donc désormais 2 677 000 FCFA.
Avant la fin de l’audience, Kalifa a assuré au tribunal qu’il entendait régler la totalité de la somme.
« D’ici fin octobre 2026, je vais tout rembourser », a-t-il déclaré en dernier mot.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 16 octobre 2026 à 8 heures.
La Plume du Prétoire pour Justice Infos Burkina






