Le vendredi 25 septembre 2026, Idriss Alasan (nom d’emprunt), âgé de 38 ans et de nationalité étrangère, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Il était poursuivi pour des faits de soustraction frauduleuse d’un vélomoteur. À la barre, le prévenu a reconnu les faits, tout en affirmant qu’il avait pris l’engin uniquement pour « aller uriner et revenir le déposer ». Une explication qui n’a pas convaincu la juridiction.
« Oui, je reconnais les faits »
Invité par le tribunal à s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés, Idriss ne nie pas les faits.
— Est-ce que vous reconnaissez les faits ?
— « Oui, je reconnais les faits », répond-il.
Le prévenu explique qu’il est arrivé au Burkina Faso récemment. Lors d’une sortie, il dit avoir aperçu un vélomoteur laissé sur place. Il affirme alors l’avoir pris avec l’intention de s’éloigner momentanément avant de revenir le déposer.
« Je suis arrivé au Burkina il n’y a pas longtemps. Un jour, je suis sorti et, au cours de mes balades, j’ai vu un vélomoteur qui était déposé. Je l’ai pris pour aller uriner et revenir le déposer », relate-t-il devant les juges.
Il précise ne pas connaître le propriétaire de l’engin. Il reconnaît toutefois avoir conscience qu’il n’était pas normal de prendre le bien d’autrui sans son autorisation.
Une explication qui laisse le tribunal perplexe
Le tribunal cherche alors à comprendre les véritables raisons qui ont poussé le prévenu à prendre le vélomoteur.
— Pourquoi avez-vous pris le vélomoteur ?
— « J’ai pris le vélomoteur juste pour aller uriner et revenir », répond Idriss.
Une réponse qui suscite une nouvelle question du tribunal :
— Est-ce que, pour aller uriner, on a besoin d’un engin ?
— « Non », répond simplement le prévenu.
Interrogé à nouveau sur les raisons de son geste, Idriss Alasan reste sans réponse.
Face à cette situation, le tribunal lui demande finalement s’il reconnaît avoir volé l’engin.
« Je peux dire que j’ai volé l’engin parce que je l’ai pris sans l’accord du propriétaire. Mais je n’ai rien fait de l’engin. C’est en voulant revenir le déposer qu’on m’a arrêté. Je n’ai pas cherché à le vendre », affirme-t-il.
Le ministère public n’a pas de question supplémentaire à poser au prévenu.
Le parquet requiert 12 mois de prison avec sursis
Dans ses réquisitions, le ministère public relève que le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés, même s’il n’a pas clairement expliqué ce qu’il comptait réellement faire du vélomoteur.
Le parquet estime, au regard des déclarations du prévenu, que les éléments de l’infraction sont réunis. Il demande donc au tribunal de le maintenir dans les liens de la prévention et de le déclarer coupable.
En répression, le ministère public requiert 12 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’une amende de 500 000 francs CFA, dont 250 000 francs CFA ferme.
« Je demande pardon »
À son tour, Idriss sollicite la clémence de la juridiction. Il explique être arrivé récemment au Burkina Faso et se trouver dans une situation difficile.
Il affirme notamment ne pas avoir de quoi se nourrir et demande au tribunal de lui accorder son pardon.
Après avoir examiné l’affaire, le tribunal rend sa décision.
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, la juridiction déclare Idriss coupable des faits de soustraction d’un vélomoteur.
Contrairement aux réquisitions du ministère public qui sollicitaient une peine d’emprisonnement assortie du sursis, le tribunal le condamne à 12 mois d’emprisonnement ferme, ainsi qu’à 500 000 francs CFA d’amende ferme.
O.N pour Justice Infos Burkina






