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Gabon : Une influenceuse et le patron d’un sex shop rattrapés par la police après une vidéo controversée

JIB2 8 octobre 2026 0
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Une vidéo publicitaire publiée le 1er octobre aura suffi à faire basculer une opération commerciale devenue virale sur Facebook dans le champ judiciaire. L’influenceuse et créatrice de contenus gabonaise connue sous le pseudonyme de « La Mairesse » et le propriétaire de Coquin Shop, boutique spécialisée dans les produits pour adultes, ont été conduits lundi 5 octobre au service des mœurs de la Police judiciaire à Libreville.

Les deux ont été entendus pour des faits qualifiés d’« outrages aux bonnes mœurs » après la diffusion de vidéos promotionnelles montrant notamment l’influenceuse avec un sextoy à la main. Selon L’Union, qui cite une source proche du dossier, ils devraient être présentés au parquet de la République dans le courant de cette semaine.

« La Mairesse » n’en était pourtant pas à sa première publicité sur les réseaux sociaux. Connue pour multiplier les Réels commerciaux et les contenus consacrés notamment à la cuisine, à la vie quotidienne et à divers produits de consommation, elle avait cette fois accepté de promouvoir Coquin Shop auprès de son importante audience. Mais la séquence publiée le 1er octobre a rapidement pris une autre dimension. Les images et surtout le langage employé ont été abondamment repartagés, commentés et critiqués sur les réseaux sociaux gabonais.

Des propos crus qui font basculer la publicité

Dans la vidéo devenue virale, l’influenceuse présente plusieurs jouets sexuels en utilisant un vocabulaire particulièrement cru. « Nous, on n’utilise plus les bazookas des hommes. Voici toutes les tailles des filles », lance-t-elle notamment devant les produits. Plus loin, elle affirme encore : « On n’a plus besoin des bangalas des hommes. On a trouvé nos bangalas ici », avant d’en vanter les supposés avantages auprès de son public féminin.

La vidéo promotionnelle à l’origine de l’interpellation de l’influenceuse
La vidéo promotionnelle à l’origine de l’interpellation de l’influenceuse
La créatrice de contenus répond également par avance aux critiques susceptibles de porter sur l’exposition des mineurs à ses publications. « On ne va pas faire l’éducation de vos enfants (…) Éduquez vos enfants », lance-t-elle dans la même séquence. Sur sa page Facebook, elle accompagne par ailleurs la promotion d’un message présentant le produit comme « la solution des femmes battantes » et comme un substitut aux hommes. Ces formulations, ajoutées à la présentation visuelle d’un objet sexuel, semblent avoir placé la publication dans le viseur des autorités.

La justice demande à la PJ de les entendre
Selon les informations publiées ce mercredi 7 octobre par L’Union, l’audition de « La Mairesse » et du propriétaire de Coquin Shop ferait suite à une instruction de la justice gabonaise. Les services compétents auraient été chargés d’entendre les deux protagonistes après la circulation des vidéos promotionnelles. Le journal précise que les enquêteurs les ont conduits lundi au service des mœurs de la Police judiciaire.

Un autre post promotionnel lié à cette affaire

Le propriétaire de la boutique se retrouve ainsi lui aussi directement concerné par la procédure. L’affaire ne porte donc plus seulement sur les propos tenus par une influenceuse dans le cadre d’un partenariat publicitaire, mais potentiellement sur la promotion et l’offre publique des objets concernés. D’après la même source, les deux mis en cause pourraient être présentés au parquet cette semaine, étape au cours de laquelle le ministère public devra décider des éventuelles suites à donner au dossier.

Jusqu’à deux ans de prison prévus par le Code pénal

Le dossier pourrait être examiné sur le fondement de l’article 212 du Code pénal gabonais, dans sa rédaction issue de la loi n°006/2020 du 30 juin 2020. Ce texte, consacré aux outrages aux bonnes mœurs, prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 2 millions de FCFA d’amende, ou l’une de ces deux peines seulement. Il vise notamment toute personne qui fabrique, détient, distribue, importe, exporte, affiche, vend, loue, édite ou offre un objet, une image, un film ou d’autres supports considérés comme contraires aux bonnes mœurs.

L’article vise également le fait de faire entendre publiquement des discours contraires aux bonnes mœurs ou d’attirer publiquement l’attention sur une occasion de débauche. L’article 213 permet en outre aux officiers de police judiciaire, avant même d’éventuelles poursuites, de saisir les objets ou contenus visés lorsqu’ils ont été exposés publiquement et présentent, selon les critères du texte, un danger immédiat pour la moralité publique.

Une vidéo virale n’est pas encore une condamnation

La qualification juridique devra cependant être établie précisément. Le fait qu’un commerce vende des produits destinés aux adultes ou qu’une influenceuse en fasse la promotion ne suffit pas, à lui seul, à conclure automatiquement à la commission du délit prévu par l’article 212. Le parquet devra déterminer quels actes, quelles images, quels objets ou quels propos entrent éventuellement dans les éléments constitutifs de l’infraction. Cette appréciation appartiendra ensuite à une juridiction si des poursuites sont effectivement engagées.

À ce stade, « La Mairesse » et le propriétaire de Coquin Shop sont donc des mis en cause, et non des personnes reconnues coupables. Leur passage à la Police judiciaire constitue une étape d’enquête et leur éventuelle présentation au parquet ne préjuge pas davantage de la décision qui sera prise. La présomption d’innocence reste pleinement applicable.

Source : Info241

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