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France : Je me suis sentie violée dans mon intimité, filmées à leur insu puis harcelées en ligne, le traumatisme des victimes des « lunettes de pervers »

JIB2 29 septembre 2026 0
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Avec la démocratisation des lunettes connectées permettant d’enregistrer une vidéo, plusieurs jeunes femmes ont été filmées contre leur gré. Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes : les auteurs risquent jusqu’à deux ans de prison et 45.000 euros d’amende, alors que certaines victimes subissent du cyberharcèlement.

Vendues à plus de 7 millions d’exemplaires en 2025, les Meta Ray Ban sont parfois détournées pour filmer des femmes à leur insu.

«Et c’est là que je découvre que j’ai été filmée» : les dérives des lunettes connectées.

On les appelle les « lunettes de pervers ». Depuis plusieurs semaines, de nombreuses vidéos humiliantes réalisées avec des lunettes munies de caméra sont diffusées sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok. Les victimes ? Le plus souvent des jeunes femmes – dans certains cas mineures – à qui les auteurs viennent parfois poser des questions à caractère sexiste ou sexuelle, tandis qu’ils les filment à leur insu avec des « lunettes connectées », dans la rue ou sur leur lieu de travail.

Zoé, 20 ans à peine, était en vacances à la plage avec des amis, à l’été 2025, lorsqu’un jeune homme s’avance vers elle avec des lunettes. « C’était vraiment de la drague pour avoir mon contact et pouvoir me voir : pas explicitement pour avoir un rapport sexuel. Donc je reste polie, je décline l’invitation plusieurs fois et il insiste tellement. Je lui ai donné mon numéro de téléphone un peu pour être tranquille », raconte-t-elle à notre micro.

Le jeune homme s’en va, le harcèlement aura duré quand même près de 7 minutes. « Je pensais que cela allait s’arrêter là mais le soir-même, des amis m’envoient une vidéo. C’est là que je découvre que j’ai été filmée et que je tourne sur tous ses réseaux, la vidéo fait un buzz assez énorme, autour des quatre millions de vues », se rappelle-t-elle. « J’étais super en colère, cela m’a fait l’effet d’une douche froide. J’étais en décolleté, pas du tout floutée, on voit mon corps. Je me suis vraiment sentie violée dans mon intimité ».

Le tout, sachant que les commentaires sous la vidéo et les messages qu’elle va recevoir pendant des jours accentuent cette sensation : « Ça nous traite de ‘pute’, ‘elle n’a pas de seins’, ‘regarde son décolleté’. On dit que j’étais un peu la fille facile, qu’on drague facilement », dépeint-elle. Certaines autres victimes font état de menaces de viols reçues ensuite.

Des voyants lumineux indiquant un enregistrement en cours dissimulés ?
Normalement, ces lunettes connectées disposent d’un voyant lumineux qui s’allume sur le côté lorsque cela enregistre. Mais comme l’explique Romain Lanéry, spécialiste des nouvelles technologies, cela s’avère facilement contournable. « C’est assez simple, on peut se rendre dans une petite boutique de quartier qui peut faire des modifications. On a deux petites vis à dévisser, la personne déconnecte le voyant LED et les lunettes fonctionnent normalement », détaille-t-il à RTL.

Comment les lunettes connectées sont détournées pour filmer les femmes à leur insu

D’ailleurs, des tutos sur internet permettent de le faire gratuitement. Une vendeuse dans une boutique qui commercialise ces lunettes a expliqué à RTL qu’elle voyait de plus en plus d’hommes venir en magasin afin de demander comment supprimer ce voyant lumineux. Et ce, avant même d’acheter l’objet que commercialise par exemple Meta, la maison mère de Facebook, avec la marque Ray-Ban

Il existe encore un flou juridique autour de ces situations. Pour autant, le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes et les auteurs risquent jusqu’à deux ans de prison et 45.000 euros d’amende.

Reste que certaines victimes n’arrivent pas toujours à trouver la force de porter plainte. Elles peuvent alors se tourner vers l’association e-Enfance, qui dit avoir reçu, rien que ces dernières semaines, une trentaine de signalements. « Des personnes mal intentionnées ont retrouvé les comptes de mineurs et sont ensuite allées leur envoyer des messages à caractère sexuel et des menaces de mort. Au téléphone, ça se ressent qu’elles sont complètement désemparées, démunies, dans des états de détresse psychologique, ce qui se comprend », explique la juriste de l’association, Inès Legendre.

Certains pays ont déjà légiféré sur ce phénomène qui inquiète : la Suède a déjà par exemple interdit l’utilisation de ces lunettes en milieu scolaire. Pour l’heure, rien n’a été décidé en France.

Source : RTL

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