C’est une affaire criminelle qui aura traversé plus d’une décennie. Le 29 juillet 2026, la Cour Suprême du Ghana a scellé le destin de Salamatu et de ses deux complices, en confirmant leur condamnation à mort pour l’assassinat de son époux, Abdul.
Tout part d’une mise en scène: Un meurtre déguisé en cambriolage
Le 15 juin 2013, à ACP Estates près de Pokuase, le corps d’Abdul est découvert. Sa femme, Salamatu, alias « Mère », affirme que des voleurs inconnus l’ont tué.
Mais l’enquête va révéler un plan machiavélique, monté quatre mois plus tôt. Salamatu confie à son frère, Awudu Alhassan Sulemana alias « Dozer », qu’elle entretient une relation avec un homme blanc et que son mari est un obstacle à ce mariage. Elle l’accuse également de violences conjugales.
Son frère recrute alors deux hommes: Mohammed Sulemana alias « Banana » et Kofi Nyagbedzi. Promesse de récompense: 1 000 GHS.
Le jour du crime, Salamatu fait venir les tueurs de Dodowa à son domicile en taxi. Elle les cache dans la salle de bain, armés de gourdins et de morceaux de bois, en attendant le retour de son mari pour l’achever.
Le braquage qui fait tout basculer
Le meurtre aurait pu rester impuni sans un concours de circonstances. Pour se créer un alibi, Salamatu signale à la police qu’un groupe de voleurs s’apprête à attaquer un hôtel à Adenta.
La police interpelle plusieurs suspects. L’un d’eux reçoit un appel de Kofi qui veut savoir si « l’opération de vol » a réussi. Les policiers lui ordonnent de répondre positivement et de lui donner rendez-vous à l’hôtel pour sa part. Awudu , le frère se présente et est arrêté.
Interrogé sur ce vol, Kofi craque et relie son groupe à l’assassinat d’Abdul. Il implique Salamatu, Awudu et Mohammed.
La police remonte la filière jusqu’à Dodowa où Awudu et Mohammed sont interpellés. Ils avouent et désignent Salamatu comme la commanditaire. Un chauffeur de taxi, ayant reconnu l’affaire dans les médias, se présente spontanément et confirme avoir transporté les tueurs le jour du meurtre.
De la Haute Cour à la Cour Suprême
Jugés devant la Haute Cour, Salamatu, Awudu et Mohammed plaident non coupables. Le 17 décembre 2015, le tribunal déclare leurs aveux volontaires et recevables.
Verdict: Awudu et Mohammed coupables de meurtre et de conspiration. Salamatu coupable de complicité et d’incitation au meurtre. Tous trois condamnés à mort.
Ils interjettent appel. Le 15 novembre 2018, la Cour d’Appel rejette leur recours.
Ils saisissent alors la Cour Suprême avec 13 motifs, contestant les aveux, la crédibilité des témoins et les instructions au jury.
Le 29 juillet 2026, un panel de cinq juges de la Cour Suprême rejette à l’unanimité le pourvoi. La Cour estime que les aveux sont recevables et corroborés par le témoignage de Kofi, les preuves médicales et les circonstances du meurtre.
L’affaire, partie d’un faux cambriolage, se termine par une condamnation définitive. Le sort de Kofi Nyagbedzi pour l’affaire de vol distinct n’a pas été précisé.
Source : Netafrique
Justice Infos Burkina
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