Un électricien de 25 ans, Issouf (nom d’emprunt) a comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouaga l, le 25 septembre 2026 pour répondre de faits de vol portant sur 100 planches dans un chantier situé à Kamboinsé.
À la barre, le prévenu a reconnu les faits et expliqué avoir vendu les planches à 1 000 francs CFA l’unité.
Les faits
Appelé à la barre pour se défendre, Issouf, l’électricien a juré de dire toute la vérité. Interrogé sur les faits qui lui sont reprochés, il reconnaît avoir soustrait les 100 planches sur un chantier en construction à Kamboinsé.
Le tribunal lui demande s’il a transporté les 100 planches en une seule journée.
« J’ai transporté à moto, mais ce n’était pas en une seule journée », répond le prévenu.
Concernant l’utilisation des planches, Issouf explique qu’elles devaient servir à réaliser des travaux de béton. Il précise toutefois qu’elles avaient déjà été utilisées.
Le tribunal cherche ensuite à savoir où les planches étaient entreposées.
Selon le prévenu, elles étaient initialement déposées à l’air libre. Après avoir constaté la disparition de certaines planches, les responsables du chantier auraient décidé de les mettre à l’abri dans une maison.
Mais comment a-t-il pu accéder à cette maison ?
Issouf reconnaît avoir forcé l’entrée.
« Quand j’ai su que c’était dans la maison, j’ai cassé la porte pour pouvoir m’en procurer », explique-t-il devant les juges.
À la question de savoir si les planches lui appartenaient, sa réponse est sans équivoque : « Non ».
Des planches revendues à 1 000 francs CFA l’unité
Interrogé sur le devenir des planches, le prévenu indique les avoir revendues.
« J’ai vendu 1 000 francs l’unité, ce qui me revient à 100 000 francs, mais j’ai tout dépensé avec le reste », affirme-t-il.
Issouf ajoute avoir remis 50 000 francs CFA à un frère pour l’aider.
Le tribunal lui demande également s’il s’agissait de son premier vol. Là encore, le prévenu répond par la négative.
« Non », reconnaît-il.
Une déclaration qui sera notamment relevée par le ministère public dans ses réquisitions.
La victime raconte comment le prévenu a été découvert
À son tour, la victime explique que son chantier était en construction à Kamboinsé. À un moment donné, les responsables ont constaté la disparition de plusieurs planches.
Face à ces pertes, ils ont décidé de mettre les planches restantes à l’abri dans une maison afin de mieux les protéger.
Mais, selon la victime, Issouf aurait réussi à découvrir l’endroit où les planches avaient été déplacées. Il serait ensuite revenu sur les lieux et aurait cassé la porte de la maison pour récupérer les planches.
C’est au moment où il procédait à la soustraction des matériaux qu’il aurait été surpris.
Interrogée sur les circonstances dans lesquelles le prévenu a été conduit auprès des Koglweogo, la victime précise qu’elle n’est pas à l’origine de cette démarche.
Selon son récit, après que le prévenu a été aperçu, une foule s’est formée sur les lieux. C’est au sein de cette foule qu’un individu aurait fait appel aux Koglweogo.
Le parquet requiert 12 mois de prison dont 6 mois ferme
Dans ses réquisitions, le ministère public rappelle qu’Issouf comparaît pour répondre des faits de vol qui lui sont reprochés.
Le parquet souligne que le prévenu a reconnu les faits et a expliqué les circonstances dans lesquelles il s’est emparé des 100 planches. Il relève également sa déclaration selon laquelle il ne s’agissait pas de sa première expérience de vol.
Au regard de ces éléments, le ministère public demande au tribunal de déclarer Issouf coupable et de le condamner à 12 mois de prison, dont 6 mois ferme, ainsi qu’à une amende ferme de 500 000 francs CFA.
Le tribunal prononce la condamnation
Après avoir examiné les faits, le Tribunal, statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, déclare Issouf coupable des faits de vol qui lui sont reprochés.
En répression, le tribunal le condamne à 12 mois de prison, dont 6 mois ferme, assortis d’une amende ferme de 500 000 francs CFA.
Le prévenu est également condamné à verser 200 000 francs CFA à la victime au titre des dommages et intérêts.
O.N
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