Le vendredi 11 septembre 2026, Ziga ( nom d’emprunt), un homme d’une cinquantaine d’années, a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits de coups et blessures volontaires au préjudice de Dame Safi. Les faits ont entraîné chez la victime une incapacité temporaire de travail de 45 jours. À la barre, le prévenu a reconnu les faits.
Courant août 2026, Dame Safi tenait un petit restaurant. Ziga, un client habituel, y aurait effectué un achat. Au moment de lui rendre sa monnaie, Dame Safi lui aurait remis une pièce de 200 FCFA que le client aurait refusée, la trouvant lisse.
Ziga serait alors parti avant de revenir quelque temps plus tard. Entre-temps, il se serait rendu dans un cabaret de dolo situé à proximité du restaurant. Se souvenant de sa monnaie, il serait retourné chez Dame Safi pour la réclamer.
Une dispute aurait alors éclaté entre les deux protagonistes. Selon Ziga, Dame Safi lui aurait jeté sa monnaie avant de lui lancer de l’eau sale mélangée à du piment. La situation aurait dégénéré en bagarre.
Dame Safi affirme, pour sa part, que Ziga l’a insultée après qu’elle lui a remis sa monnaie. Elle soutient également qu’il s’est avancé vers elle avec une bouteille cassée et l’a blessée à la tête, au cou et aux deux bras.
Après les faits, la victime aurait perdu connaissance. Elle a porté plainte auprès de la police. Ziga a ensuite été interpellé, présenté au parquet, puis placé à la MACO.
« Pour une pièce de 200 FCFA, vous l’avez blessée jusqu’à ce niveau ? »
À la barre, le tribunal demande à Ziga de revenir sur les circonstances des faits.
Le tribunal : Vous avez reconnu les faits. Expliquez-nous ce qui s’est passé ?
Ziga : « C’était dans son restaurant. Après avoir fini de manger, elle m’a remis une pièce lisse de 200 FCFA. Quand je suis parti au travail, je suis revenu chez la dolotière à côté. Je me suis rappelé de ma monnaie et je suis parti la réclamer. Elle m’a jeté l’argent. J’ai protesté et elle m’a jeté de l’eau sale pimentée. Habituellement, on s’amuse ensemble. Il y a eu bagarre et il y a eu des blessures. »
Le juge : Pour une pièce de 200 FCFA, vous l’avez blessée jusqu’à ce niveau ?
Ziga : « Je regrette beaucoup. Ça ne devrait pas arriver. »
La victime : « Il avait une bouteille cassée »
Appelée à donner sa version des faits, Dame Safi explique : « Il est venu réclamer sa monnaie. Je la lui ai remise, mais il a refusé. Il a insulté ma mère. Je lui ai dit qu’on n’insulte pas ma mère. Je l’ai insulté aussi. Il a dit qu’il allait me faire quelque chose. Après, je l’ai vu avancer avec une bouteille cassée alors que j’étais dans la cuisine. Après les faits, j’ai perdu connaissance. »
Le procureur revient ensuite sur les blessures subies par la victime.
Le procureur : Vous l’avez blessée à quel niveau ?
Ziga : « Je ne sais pas à quel niveau elle est blessée. »
Le procureur : Il s’agit du cou, de la tête et des deux bras.
Ziga : « Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé. »
« C’est l’œuvre du diable »
Le tribunal cherche également à savoir si Ziga avait consommé de l’alcool au moment des faits.
Le tribunal : Aviez-vous bu ?
Ziga : « Juste une calebasse de dolo. »
Le tribunal : À votre âge, vous devriez vous conduire ainsi ?
Ziga : « C’est l’œuvre du diable. »
Au titre des réparations, Dame Safi s’est constituée partie civile et réclame à Ziga la somme de 349 114 FCFA, correspondant à ses frais médicaux.
Le parquet requiert 60 mois de prison, dont 48 mois ferme
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que l’infraction est caractérisée.
« Ziga est poursuivi pour des faits de coups et blessures volontaires à l’endroit de Dame Safi. Sur les faits, la restitution de la monnaie n’a pas plu à Ziga. Il a préféré utiliser une bouteille cassée pour porter des blessures à la tête, au cou et aux bras de Dame Safi. La victime a eu 45 jours d’incapacité de travail. Il a reconnu les faits.
Au regard des faits, l’infraction étant caractérisée, qu’il vous plaise de le condamner à 60 mois de prison, dont 48 mois ferme, avec une amende ferme de 1 million de FCFA », requiert le parquet.
Invité à dire un dernier mot, Ziga revient sur la demande de la victime.
Ziga : « Il sera difficile pour moi de payer cette réclamation. Je ne vais pas mentir. Mais si je sors, je vais me débrouiller. »
Le juge lui adresse alors cette remarque : « Quand on n’a pas les moyens, il faut éviter les problèmes. »
Ziga condamné à 60 mois de prison, dont 24 mois ferme
Dans son délibéré rendu le vendredi 18 septembre 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a déclaré Ziga coupable des faits qui lui sont reprochés.
Le tribunal l’a condamné à 60 mois de prison, dont 24 mois ferme, ainsi qu’à une amende ferme de 500 000 FCFA.
La juridiction a également reçu la constitution de partie civile de Dame Safi et condamné Ziga à lui payer la somme de 349 114 FCFA au titre des frais médicaux.
Source : Zoodomail.com
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