Âgé de 20 ans, célibataire et sans enfant, Sylvain (nom d’emprunt), résidant à Ouagadougou et employé dans un maquis, comparaissait devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour répondre de faits de vol d’un téléphone portable de marque Pop 10.
À la barre, le prévenu nie avoir soustrait le téléphone. Il affirme que l’appareil lui avait été confié par un ami.
« Je suis employé dans un maquis. Il y a des amis qui viennent souvent boire. C’est là que mon ami est venu boire et a laissé son téléphone avec moi. Un client m’a ensuite envoyé acheter des cigarettes. Une fois arrivé à la boutique, j’ai constaté que la police y effectuait un contrôle. C’est là qu’ils m’ont attrapé », explique-t-il au tribunal.
Invitée à donner sa version des faits, la victime raconte avoir constaté la disparition de son téléphone à son réveil.
« Un matin, je me suis réveillé et je ne voyais plus mon téléphone. J’ai fouillé partout, mais en vain », relate-t-elle.
Le tribunal lui demande alors s’il pense que Sylvain est celui qui a volé son téléphone.
« Je ne sais pas. C’est quand on m’a appelé au commissariat que j’ai vu le téléphone dans ses mains », répond la victime.
Le président revient ensuite sur les déclarations antérieures du prévenu. Il lui rappelle qu’au commissariat, celui-ci avait expliqué que son ami lui avait remis le téléphone et qu’au parquet, il avait reconnu les faits.
Sylvain tente alors de préciser les circonstances.
« Oui, il m’a demandé de prendre le téléphone pour le mettre en charge », soutient-il.
Le tribunal relève toutefois que le téléphone avait été retrouvé dans sa poche.
Interrogé sur ce point, le prévenu répond : « Je n’ai pas eu le temps de le brancher parce qu’un client m’a demandé de le servir. »
Le tribunal s’enquiert ensuite de la situation du téléphone. La victime confirme avoir récupéré son appareil.
« Oui, oui », répond-elle.
Le président lui demande alors si elle entend réclamer quelque chose au prévenu si celui-ci est déclaré coupable.
« Je ne réclame rien », répond la victime.
Le parquet requiert une peine d’emprisonnement
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que, bien qu’il soit un délinquant primaire, le prévenu refuse de dire toute la vérité dans le but de se soustraire à sa responsabilité.
Le parquet requiert contre Sylvain 12 mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 francs CFA ferme.
Invité à présenter ses derniers moyens de défense, le prévenu sollicite la clémence du tribunal.
« Je demande pardon au procureur et à vous, Monsieur le président. Je demande également pardon à la victime », plaide-t-il.
Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal se retire pour délibérer.
Six mois de prison ferme et une amende d’un million de francs CFA
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, le tribunal déclare Sylvain coupable des faits de vol qui lui sont reprochés.
Il le condamne à 12 mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, ainsi qu’à une amende d’un million de francs CFA, dont 500 000 francs CFA ferme.
Le tribunal fixe, en outre, la durée de la contrainte judiciaire à trois mois.
L’oeil du palais pour Justice Infos Burkina





