L’Union régionale des Dozos des Tannounyan a organisé, ce samedi 16 mai 2026 à Banfora, une conférence publique au profit des membres de la confrérie venus de la région et d’ailleurs.
Cette activité, tenue en marge de la 3e édition des Journées traditionnelles africaines des dozos, a porté sur le thème : « Rôle et place des dozos et des VDP dans la reconquête du territoire national : enjeux juridiques, synergie d’actions et respect de l’État de droit ». Elle a été animée par le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, Diakalya Traoré.

Dozos et VDP à l’école du droit à Banfora
Réunis dans la salle polyvalente de Banfora, dozos et Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ont ainsi été à l’école du droit. La communication s’est articulée autour de plusieurs axes, notamment le cadre juridique de l’intervention des dozos et des VDP dans la sécurisation du territoire national, ainsi que les enjeux liés à leur implication dans la lutte contre le terrorisme.
Selon le conférencier, les textes relatifs à la gouvernance sécuritaire participative engagent aussi bien les dozos que les VDP à contribuer à la lutte antiterroriste. Mieux, a-t-il souligné, au-delà de ces deux catégories d’acteurs, chaque citoyen est désormais appelé à devenir un acteur de la sécurité nationale.

Un cadre juridique pour encadrer l’engagement des acteurs de sécurité
S’agissant des dozos, Diakalya Traoré a expliqué que le droit coutumier, inspiré de la Charte de Kouroukan Fouga (ou Charte du Mandé), les engage déjà à jouer un rôle majeur dans la protection de la patrie, des personnes et des biens.
« Il n’est plus question de se demander s’il est juridiquement possible pour les dozos de s’impliquer dans la lutte antiterroriste », a-t-il déclaré.
Concernant les VDP, le magistrat a rappelé que leur cadre juridique est clairement défini et a connu plusieurs évolutions, avec une loi adoptée en 2020, remplacée par un nouveau texte en 2022, puis améliorée en 2023 et en 2026.

Toutefois, a-t-il précisé, aussi bien les dozos que les VDP doivent agir en étroite collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Aucune impunité en cas de violations des droits humains
Le conférencier a également indiqué que les acteurs judiciaires font partie intégrante de la chaîne de sécurisation. Selon lui, il ne s’agit nullement d’accorder une quelconque impunité aux VDP ou aux dozos en cas d’infractions ou de violations des droits humains commises sous couvert de la lutte antiterroriste.
« Il est demandé aux acteurs judiciaires, notamment aux procureurs, d’analyser les situations et d’apprécier les faits au cas par cas lorsqu’il s’agit d’infractions commises au cours d’opérations de sécurisation », a-t-il expliqué.
Des défis à relever pour une action conforme à l’État de droit
Au cours de son exposé, Diakalya Traoré a également mis en lumière plusieurs défis auxquels sont confrontés les dozos et les VDP.

Il a évoqué l’insuffisance, voire l’absence de formation, particulièrement chez les dozos.
« Il n’existe pas de programme gouvernemental spécifiquement consacré au renforcement des capacités des dozos, alors même qu’ils contribuent de manière significative à la sécurisation du territoire », a-t-il relevé.
Le magistrat a aussi souligné les limites logistiques des dozos, dont les équipements sont peu adaptés aux exigences de la lutte antiterroriste.

« Leurs armes sont conçues pour la chasse aux animaux sauvages et non pour faire face à des groupes armés disposant d’armes de guerre », a-t-il indiqué.
Il a enfin insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents acteurs de la sécurité. Si les VDP interviennent en tandem avec les FDS, les dozos, quant à eux, agissent souvent de manière autonome, n’étant associés aux opérations qu’à titre ponctuel.
« Il faut une coordination structurée entre les différents acteurs et les citoyens, d’autant plus que chacun est désormais un acteur de la sécurité », a recommandé le conférencier.

Mieux connaître ses devoirs pour éviter la prison
Pour le secrétaire général des Dozos des Tannounyan, Diao Lassina Ouattara, les objectifs de la conférence ont été atteints.
« Il est important que les dozos et les VDP connaissent leurs rôles et leurs devoirs afin d’éviter des erreurs », a-t-il déclaré.
Le dozoba (chef des dozos) a souligné que plusieurs VDP se retrouvent en prison à la suite d’actes commis par méconnaissance de leurs obligations.

À ses yeux, cette conférence constitue donc un véritable cadre de formation et d’information pour les participants.
Les dozos présents à cette rencontre sont venus de différentes régions du Burkina Faso, mais aussi des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), de la Côte d’Ivoire et de la Guinée.
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