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Récit d’un procès : Il tue son père et écope 20 ans de prison ferme

JIB2 24 mai 2026 0
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Noaga (nom d’emprunt), un jeune homme domicilié au secteur 11 de Bobo-Dioulasso, était à la barre de la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits de parricide. En effet, le procureur poursuit, le jeune âgé de 25 ans au moment des faits, pour avoir ôté la vie à son géniteur.


Les faits se sont déroulés le 10 décembre 2019 dans la cité de Sya. Le 8 février 2023, Noaga avait été condamné à 25 ans de prison ferme par la chambre criminelle de ladite cour. Il a cependant interjeté appel, ce qui a conduit à la réouverture du dossier en deuxième ressort.


À la barre, cette fois-ci, il ne nie pas les faits, mais demande à la Cour de lui accorder une seconde chance en réduisant le quantum de sa peine.


Selon les faits, c’est à la suite d’une dispute familiale qu’il a poignardé son père.
« Ce jour-là, il a passé son temps à m’insulter. Nous étions seuls dans la maison. Il a saisi une barre de fer pour me frapper. C’est dans la lutte que j’ai pu récupérer l’arme blanche. C’est ainsi qu’il a trouvé la mort », a-t-il relaté.


D’après les éléments de l’enquête, après avoir tué son père, Noaga a appelé son petit frère au téléphone pour lui dire qu’ils avaient été attaqués par des cambrioleurs, mais que lui s’était sauvé, laissant le papa sur place. Selon le témoignage du frère, Noaga lui aurait affirmé que « les choses ne sentaient pas bon pour leur vieux ». Il a ensuite pris la fuite.


Les juges lui demandent alors :
— Pourquoi devons-nous te donner une seconde chance ?
— Parce que je regrette mon acte. Je souffre en prison. Chaque jour que Dieu fait, j’écris une lettre à ma famille pour leur demander pardon, a-t-il répondu.


L’oncle de Noaga, représentant de la famille, refuse toutefois d’accepter ce pardon. Pour lui, l’accusé ne dit toujours pas toute la vérité.


« Il faut qu’il dise la vérité, car de la manière dont nous avons trouvé le corps, il ne peut pas avoir fait cela seul », a-t-il déclaré, convaincu que l’accusé n’a pas agi seul. Selon lui, avant tout pardon, Noaga doit dénoncer ses co-auteurs.
La mère de l’accusé a également été entendue en appel.


— Que savez-vous de cette affaire ?, demandent les juges.
— Je souffre beaucoup. Cette affaire m’a rendue malade. Depuis qu’il est en prison, je lui envoie tous les jours à manger. Je me suis endettée partout pour pouvoir lui assurer une ration quotidienne. Récemment encore, je me suis endettée pour acheter un sac de riz à cause de lui. Je n’en peux plus. Si vous le libérez, cela me soulagera beaucoup, a raconté la génitrice de l’accusé.
— Ce n’est pas ce que nous vous avons demandé. Nous voulons savoir ce que vous avez vu et entendu.
— Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce point, a-t-elle répondu sèchement, visiblement fatiguée et peinant même à se tenir debout.
Le procureur fait alors remarquer :
— Madame, vous n’êtes pas obligée de vous endetter pour lui préparer à manger en prison. À la maison d’arrêt, on lui donne à manger. Il reçoit une ration comme les autres détenus. Il peut dire que ce n’est pas suffisant, mais il est bien nourri. On ne peut pas le libérer parce que vous vous endettez.


Selon le procureur général, il n’existe aucune circonstance atténuante en faveur de l’accusé. Pour lui, la peine devrait être plus lourde. Il a ainsi requis que Noaga soit déclaré coupable de parricide et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Mais dans sa décision rendue le 8 décembre dernier, la Cour a confirmé la peine initiale, condamnant Noaga à 25 ans de prison ferme.


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