La chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a examiné, ce lundi 13 juillet 2026, le dossier de Romero (nom d’emprunt), un Volontaire pour la défense de la patrie (VDP), poursuivi pour des faits de meurtre sur un adolescent de 15 ans.
Les faits
Les faits remontent à la nuit du 4 au 5 décembre 2024 dans la localité de Koundougou. Romero, père de neuf enfants et résident de la localité, est accusé d’avoir ôté la vie à Bouba (nom d’emprunt), un jeune berger âgé de 15 ans.
À la barre, l’accusé n’a pas contesté avoir tiré sur la victime, mais a soutenu qu’il n’était pas pleinement conscient au moment des faits. « Je ne savais pas ce qui m’arrivait », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Une version qui n’a pas convaincu le parquet. Le procureur lui a notamment rappelé ses déclarations faites lors de sa première audition devant le juge d’instruction, le 10 décembre 2024.
Selon l’accusé, son fils lui aurait indiqué qu’un jeune était passé à leur domicile pour échanger avec lui et boire du thé. Romero affirme lui avoir dit qu’il allait s’apprêter à l’attendre et que, s’il revenait, il allait le tuer.
Interrogé par le ministère public sur le nombre de tirs effectués, Romero a répondu : « Une fois ». À la question de savoir quelle était son intention au moment du tir. Il a déclaré : « Je n’avais aucune intention malveillante ».
Le procureur a également évoqué les déclarations d’un témoin au cours de l’enquête. Celui-ci aurait expliqué que Romero lui avait raconté que son fils lui avait indiqué le passage d’un berger qui était venu prendre du thé avec lui et qui portait un couteau. Selon le témoin, il aurait tenté de dissuader Romero, lui rappelant que l’adolescent était simplement venu discuter avec son fils.
Devant le tribunal, Romero a expliqué qu’il avait tiré dans le dos de la victime parce qu’il pensait avoir affaire à un terroriste.
Selon lui, cette peur l’aurait poussé à réagir lorsqu’il a aperçu Bouba venir vers sa cour.
Interrogé sur les circonstances du tir, il a reconnu que la victime avait levé les mains alors qu’elle tenait toujours sa machette.
Le parquet a alors insisté sur le fait que le jeune homme avait manifesté une attitude qui traduisait son absence de menace. « Le fait qu’il ait levé ses deux mains montre qu’il était inoffensif et qu’il cherchait à s’expliquer », a soutenu le ministère public.
Le parquet évoque une préméditation
Pour le ministère public, les éléments du dossier démontrent que le tir n’était pas un simple réflexe. Selon ses réquisitions, Romero aurait attendu la victime après avoir été informé par son fils, ce qui pourrait caractériser une préparation préalable de l’acte.
Le procureur a ainsi estimé que les faits initialement poursuivis comme meurtre pourraient également recevoir la qualification d’assassinat, en raison de la préméditation.
À la barre, le père de Bouba a livré sa version des événements. Il a expliqué que son fils travaillait auprès d’une personne proche de la cour de l’accusé.
Selon lui, il a été informé plus tard que son fils avait été tué par un individu présenté comme un VDP.
Dans ses réquisitions, le parquet a rappelé que les enquêtes avaient établi que la balle avait traversé le thorax de la victime. Il a également indiqué que les investigations laissent penser que l’arme aurait été utilisée en mode rafale.
Le parquet requiert la prison à vie
Au terme de ses réquisitions, le ministère public a estimé que l’ infraction d’assassinat était constitué au regard des déclarations de l’accusé, des témoignages recueillis et des résultats de l’enquête.
Estimant Romero coupable des faits qui lui sont reprochés, le procureur a demandé au tribunal de le condamner à la perpétuité.
La décision du tribunal est attendue le 27 juillet 2026.
Amadou OUÉDRAOGO pour
Justice Infos Burkina






