Le Tribunal de grande instance Ouaga I a condamné un chauffeur de bus reconnu coupable de coups et blessures volontaires commis sur une jeune fille et sa mère à la suite d’un incident de circulation. L’affaire, née d’un dépassement jugé dangereux sur la route de Ziniaré, s’est soldée par une peine d’emprisonnement avec sursis, une amende et des dommages et intérêts au profit des victimes.
Un différend après un dépassement routier
Ousmane (nom d’emprunt), conducteur de bus, a comparu ce mardi 7 juillet 2026 devant le Tribunal de grande instance Ouaga I pour répondre des faits de coups et blessures volontaires.
Selon les éléments débattus à l’audience, les faits remontent au 11 juin 2026 sur la route de Ziniaré. Alors qu’il effectuait un dépassement, le chauffeur aurait contraint une motocycliste et sa mère à modifier leur trajectoire en raison de la présence d’autres véhicules dans le convoi.
Estimant que les deux femmes avaient filmé et photographié son bus après cette manœuvre, le conducteur, craignant des conséquences sur son emploi, a décidé de les attendre plus loin sur la route.
« J’avais peur de perdre mon emploi »
À la barre, le prévenu a expliqué avoir immobilisé son bus afin d’intercepter les deux usagères pour leur demander les raisons des prises de vues. Celles-ci auraient nié avoir filmé le véhicule.
Ousmane a reconnu qu’une altercation s’est alors produite. Avec l’intervention de certains passagers, il a tenté de récupérer le téléphone portable des victimes. Au cours de cette confrontation, il leur a porté des coups avant de repartir avec l’appareil.
Interrogé par le procureur et le tribunal sur les raisons de son comportement, notamment sur l’usage de la violence et la confiscation du téléphone, le prévenu a indiqué avoir agi sous l’effet de la panique, affirmant qu’il redoutait de perdre son emploi.
Il a précisé avoir ensuite remis le téléphone à ses supérieurs, avant de se rendre avec eux au commissariat pour relater les faits et restituer l’appareil.
Les victimes portent plainte
De leur côté, la jeune fille et sa mère se sont rendues au commissariat le plus proche afin de déposer plainte contre le chauffeur. Elles ont également reçu des soins médicaux dont les frais se sont élevés à 160 000 F CFA.
Le parquet réclamait une peine plus lourde
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits de coups et blessures volontaires étaient établis. Tenant toutefois compte de l’absence d’antécédents judiciaires du prévenu, le procureur a requis une peine de 36 mois d’emprisonnement, dont 24 mois ferme, ainsi qu’une amende de 2 000 000 F CFA, dont 1 000 000 F CFA ferme.
Douze mois de prison avec sursis
Après en avoir délibéré, le Tribunal de grande instance Ouaga I a déclaré Ousmane coupable des faits qui lui étaient reprochés.
La juridiction l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement assortis du sursis, à une amende ferme de 500 000 F CFA et au paiement de 160 000 F CFA à titre de dommages et intérêts au profit des victimes pour la prise en charge de leurs frais de soins.
Nouriatou OUEDRAOGO pour Justice Infos Burkina






