Au palais de justice, l’audience est publique, mais elle reste soumise à des règles de discipline. Une mère venue assister au procès de son fils l’a appris à ses dépens, après plusieurs rappels à l’ordre du président du tribunal.
Les audiences judiciaires donnent parfois lieu à des scènes qui, sans être au cœur du dossier examiné, méritent d’être racontées. C’est le cas de cette scène survenue récemment dans la salle d’audience d’un tribunal d’une grande ville du Burkina Faso.
Ce jour-là, Safoura (nom d’emprunt) avait pris place dans la salle pour assister au procès de son fils, Zoum, également un nom d’emprunt. Le jeune homme comparaissait devant la juridiction pour des faits de vol aggravé.
Alors que les débats se poursuivaient, sa mère s’est mise à parler seule dans la salle. À plusieurs reprises, elle s’adressait même directement à son fils, qui se trouvait à la barre.
Face à ces interventions qui perturbaient le déroulement de l’audience, le président du tribunal l’a rappelée à l’ordre. Une première fois, puis une deuxième. Mais malgré les avertissements, les interventions de la dame se sont poursuivies.
Le magistrat a alors décidé de l’interpeller directement.
— « Madame, celui qui est à la barre est qui pour vous ? », lui demande le président.
— « C’est mon fils », répond-elle.
Le président du tribunal lui rappelle alors les règles qui encadrent le déroulement d’une audience.
— « Ici, on ne prend pas la parole comme on veut. Ce sont des règles qui encadrent l’audience. L’audience est publique, certes, mais si vous la perturbez, la loi nous permet de vous expulser de la salle afin de tenir sereinement le procès », lui explique-t-il en substance.
Visiblement consciente d’être allée trop loin, Safoura présente humblement ses excuses au tribunal. Elle est alors invitée à rester silencieuse et à respecter la discipline de la salle, sous peine d’en être expulsée.
Cette fois, la leçon semble avoir été comprise. La mère s’est rangée et n’a plus interrompu les débats jusqu’à la fin de l’audience.
Son fils, lui, a finalement été déclaré coupable des faits qui lui étaient reprochés et condamné à 11 ans d’emprisonnement.
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