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Cameroun : Une femme de ménage dévorée par les cinq chiens de son employeur

JIB2 14 septembre 2026 0
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Il est des matins qui ne devraient jamais se lever. Samedi 12 septembre 2026, aux environs de 7 heures, Dame Mbango Émilienne épouse Mbenga, 45 ans, mère de famille et gouvernante, a franchi comme chaque jour le portail de la résidence de son employeur, au quartier administratif d’Edéa. Elle ne savait pas que ce portail serait le dernier seuil qu’elle franchirait.

En quelques secondes, l’impensable s’est produit. Cinq molosses se sont jetés sur elle. Une meute entière. Une violence aveugle. Des cris. Des aboiements. Puis le silence, lourd, insoutenable.

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Les voisins ont accouru. Les secours ont été alertés. Mais la brutalité de l’attaque ne laissait aucune chance. Dame Mbango Émilienne a succombé sur place, sous les yeux impuissants de ceux qui l’ont vue partir sans pouvoir la sauver.

Une femme, une mère, une vie

Émilienne n’était pas qu’un nom dans un fait divers. Elle était une épouse. Une mère. Une travailleuse qui se levait tôt, qui peinait pour les siens, qui croyait en des lendemains meilleurs. Elle avait 45 ans. Elle avait des projets, des rires, des silences. Elle avait une famille qui l’attendait.

Ce samedi matin, cette famille a attendu en vain.

« Maman Émilienne, on t’a arrachée à nous », confie, la voix brisée, un proche de la victime. « Elle ne méritait pas de partir comme ça. Pas ainsi. Pas dévorée. Pas dans la douleur. »

Face à l’horreur et à l’impossibilité pour les secours d’approcher, les forces de l’ordre ont ordonné l’abattage des cinq chiens. Des détonations ont retenti dans le quartier. Puis un silence de plomb s’est installé sur Edéa.

La dépouille de la victime a été évacuée vers la morgue de l’Hôpital régional d’Edéa. Là, des proches sont venus se recueillir, en larmes, refusant de croire à ce que leurs yeux voyaient.

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L’employeur de la victime est le Professeur Stéphane Ngwanza, Vice-recteur chargé du Contrôle interne et de l’Évaluation à l’Université de Yaoundé 1. Nommé à ce poste par décret présidentiel du 10 juillet 2024, il est maître de conférences en science politique et ancien directeur adjoint de l’Institut des Relations internationales du Cameroun (IRIC).

Au moment du drame, aucune information ne permet de savoir s’il se trouvait à Edéa. Aucune déclaration publique n’a été faite à ce stade. Les enquêteurs devront établir les responsabilités : les chiens étaient-ils attachés ? Le portail était-il sécurisé ? La victime avait-elle été informée du danger ?

Edéa n’a pas besoin de ça. La ville de la Sanaga-Maritime a déjà été éprouvée ces derniers mois. En mai 2026, un enfant de 12 ans est mort après avoir été corrigé pour avoir cassé une chaise en plastique dans le quartier Elogbele. En avril, le corps sans vie de Tsapfack Yvette avait été retrouvé dans une brousse. En août, sept personnes ont péri dans un accident sur l’axe Edéa-Pouma.

Aujourd’hui, c’est une femme de ménage, une mère de famille, une fille d’Edéa qui s’en va. Et avec elle, une part de l’âme de la ville s’éteint.

Ce drame pose une question qui dépasse Edéa : combien de molosses dorment derrière les portails des quartiers résidentiels, sans encadrement, sans sécurité, sans réglementation claire ?

Au Cameroun, la divagation des chiens et la gestion des animaux dangereux relèvent de plusieurs textes, notamment la loi n° 2000/017 du 19 décembre 2000 relative aux mesures de police sanitaire vétérinaire. Mais aucune réglementation spécifique ne distingue clairement les molosses de type rottweiler, dogue argentin ou cane corso des autres chiens dans les textes accessibles au grand public.

Une enquête a été ouverte sous la houlette du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Edéa. Les conclusions sont attendues. Pour la famille d’Émilienne. Pour Edéa. Pour que cela ne se reproduise plus.

La rédaction du journal l’oeil du Sahara présente ses sincères condoléances à la famille de Dame Mbango Émilienne épouse Mbenga, à son époux, à ses enfants et à tous ses proches. Repose en paix, Maman Émilienne.

Source: loeildusahara.com

Justice Infos Burkina

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