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Bobo-Dioulasso : Poursuivi pour le détournement présumé de 1 937 bouteilles de gaz, il risque 100 millions de FCFA d’amende

JIB2 24 septembre 2026 0
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Poursuivi pour abus de confiance et blanchiment de capitaux, Saïb (nom d’emprunt), employé de la société Sodigaz, a comparu devant la chambre du pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, le 21 septembre 2026.

À la barre, il reconnaît avoir revendu certaines bouteilles destinées à être livrées aux clients. La valeur des bouteilles concernées est estimée, selon les éléments présentés à l’audience, à 30 419 235 FCFA.

« Mon ami m’a conseillé de faire ça »

À la barre, le prévenu explique que les faits ont commencé en 2025, après les conseils d’un ami.

Interrogé sur son mode opératoire, il raconte que son ami lui aurait expliqué que, lorsqu’il effectuait une livraison et que le client n’était pas présent, il pouvait revendre les bouteilles au lieu de les retourner. « Il m’a dit que si je pars pour faire les livraisons, si le client n’est pas là, je peux aller vendre ça. Et c’est ce que je faisais », relate-t-il.

Le président du tribunal lui demande alors s’il estimait que cette pratique était normale.

« Non, ce n’est pas bien », reconnaît le prévenu.

« J’ai construit une maison et acheté un véhicule »

Les juges s’intéressent ensuite à l’utilisation de l’argent provenant de ces ventes.

À la question de savoir ce qu’il avait fait des sommes encaissées, le prévenu répond : « J’ai construit et j’ai acheté un véhicule. »

Il affirme également avoir partagé une partie de l’argent avec cinq autres personnes.

Son salaire mensuel étant de 92 000 FCFA, le tribunal cherche à comprendre pourquoi il n’a pas placé les sommes encaissées en banque.

« Est-ce parce que l’origine de l’argent n’est pas bonne ? », lui demande-t-on.

Le prévenu répond par la négative et explique qu’il aurait souhaité effectuer des dépôts lorsqu’il aurait eu suffisamment d’argent à placer.

Il précise que son salaire lui était versé sur Orange Money et qu’il n’a obtenu que récemment un compte bancaire.

Une maison et un véhicule

Les juges l’interrogent également sur son patrimoine.

Concernant la parcelle sur laquelle il a construit, le prévenu indique qu’elle appartient à son père.

Il décrit sa construction comme une maison composée d’une chambre et d’un salon.

S’agissant de son véhicule, il explique l’avoir acheté à 1 700 000 FCFA. Avec les différentes réparations effectuées, le coût total serait, selon ses déclarations, d’environ 2 500 000 FCFA.

Interrogé sur sa première opération, il affirme avoir vendu 59 bouteilles à raison de 23 000 FCFA l’unité.

Des sorties de bouteilles contestées

Au cours des débats, plusieurs dates de livraison sont évoquées.

Le tribunal demande notamment au prévenu s’il se souvient de la livraison du 15 février 2025. Il répond par la négative. Même réponse lorsqu’il est interrogé sur une livraison effectuée le 26 juin 2025.

Le président relève alors que le prévenu évoque deux opérations, alors que neuf autres sorties apparaissent sur la fiche présentée au dossier.

S’il reconnaît avoir revendu certaines bouteilles, le prévenu ne reconnaît donc pas l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

1 937 bouteilles au cœur des débats

Les débats portent ensuite sur le nombre exact de bouteilles concernées et sur leur valeur.

L’un des avocats de la défense soulève une interrogation sur le chiffre de 1 937 bouteilles avancé dans le dossier. Il s’interroge notamment sur leur valeur et leur contenance, soulignant qu’il n’aurait pas été précisé, selon lui, s’il s’agissait de bouteilles de 6 ou de 12 kilogrammes.

L’avocat de la société victime réplique que les informations figurent dans le procès-verbal et estime que cette contestation ne doit pas remettre en cause les éléments du dossier.

Pour recadrer les débats, le parquet précise la répartition des bouteilles : 1 772 bouteilles de 6 kg et 165 bouteilles de 12 kg, soit un total de 1 937 bouteilles.

Plus de 30 millions de FCFA de valeur

Appelé à la barre pour apporter des précisions, un représentant de la société Sodigaz donne les prix unitaires retenus.

Selon ses explications, une bouteille de 6 kg vaut 15 180 FCFA, tandis qu’une bouteille de 12 kg est évaluée à 21 335 FCFA.

Le calcul présenté à l’audience porte ainsi la valeur totale des bouteilles à 30 419 235 FCFA.

La société Sodigaz s’est constituée partie civile. En plus des 30 millions de FCFA correspondant à la valeur des bouteilles, elle réclame 15 millions de FCFA de dommages et intérêts au titre notamment des préjudices moral et économique. Elle sollicite également le prononcé de la contrainte judiciaire.

Le parquet requiert 36 mois de prison ferme

Dans ses réquisitions, le parquet estime que les infractions d’abus de confiance et de blanchiment de capitaux sont constituées.

Il requiert à l’encontre du prévenu 36 mois d’emprisonnement ferme, ainsi qu’une amende de 100 090 395 FCFA et la confiscation de ses biens.

La défense plaide la clémence

La défense, de son côté, sollicite la clémence du tribunal.

L’un des conseils du prévenu soutient que son client n’a pas cherché à nier les faits au cours de la procédure.

« Depuis le début de l’enquête jusque devant vous, mon client n’a pas nié les faits », affirme l’avocat. Il met également en avant la franchise du prévenu et son jeune âge pour demander au tribunal de faire preuve de clémence.

« Nous n’avons pas beaucoup de choses à dire que de vous demander votre clémence », plaide-t-il.

« Je demande la clémence du tribunal »

Prenant lui-même la parole en dernier, le prévenu présente ses excuses à ses collaborateurs ainsi qu’à la société Sodigaz.

« Je présente mes excuses à mes collaborateurs et à la société Sodigaz pour ce que j’ai fait. Je demande la clémence du tribunal et je demande une liberté provisoire pour pouvoir travailler et rembourser », déclare-t-il.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 5 octobre 2026.

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