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TGI Ouaga I : « Aidez-nous à travailler pour payer les amendes », plaident deux accusés de grand banditisme

JIB2 8 octobre 2026 0
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Deux jeunes hommes, Sayouba (nom d’emprunt), âgé de 25 ans, et Salif (nom d’emprunt), 21 ans, ont comparu, le lundi 5 octobre 2026, devant le Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I, siégeant en matière criminelle. Ils sont poursuivis pour des faits de vol aggravé, de détention illégale d’arme à feu et d’actes de grand banditisme. À la barre, les deux accusés ont reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Une arme à feu dérobée dans un véhicule

Selon les faits exposés à l’audience, Sayouba aurait, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026, dérobé un sac contenant notamment une arme à feu et plusieurs documents dans un véhicule stationné devant une cour à Ouagadougou.

Il aurait ensuite, accompagné d’un autre individu qui n’a pas comparu à l’audience, agressé un homme à l’aide de cette arme avant de lui arracher sa moto.

Quant à Salif, il est poursuivi pour avoir agressé une dame avec une arme à feu, en compagnie de Sayouba, et lui avoir dérobé son téléphone portable.

Interrogés par le tribunal, les deux accusés ne contestent pas les faits.

« Oui, je reconnais les faits », répondent-ils successivement.

Sayouba explique comment il a récupéré l’arme

Le tribunal commence par interroger Sayouba sur les circonstances dans lesquelles il s’est emparé du sac contenant l’arme.

« Je partais chez un ami, la nuit, et j’ai vu une voiture que j’ai ouverte. J’ai pris le sac qui contenait l’arme », explique-t-il.

— Vous avez pris uniquement l’arme ou le sac également ? demande le tribunal.

« J’ai pris le sac et l’arme », répond l’accusé.

— Qu’est-ce qu’il y avait d’autre à l’intérieur ?

« Des reçus », indique-t-il.

Le tribunal cherche ensuite à savoir s’il était seul au moment du vol.

« C’était moi seul », affirme Sayouba.

— Comment avez-vous ouvert la porte ?

« Ce n’était pas fermé », explique-t-il.

Le tribunal lui demande alors si l’arme retrouvée dans le sac est bien celle qui aurait servi lors des agressions.

« Oui, c’est la même arme », reconnaît-il.

Au cours de l’interrogatoire, le tribunal revient également sur l’agression au cours de laquelle la moto d’une victime aurait été emportée.

« C’était sur la route et j’étais avec un frère du nom de Moussa (nom d’emprunt) », explique Sayouba.

Interrogé sur les documents de l’arme, il reconnaît ne pas en disposer.

Le parquet revient sur son passé de VDP

Le ministère public interroge à son tour l’accusé sur son passé de volontaire pour la défense de la patrie (VDP).

— Vous êtes un ancien VDP, c’est ça ?

« Oui, oui », confirme Sayouba.

— C’est ce qu’on vous a appris là-bas ? À manier une arme pour venir agresser les gens ?

« Non, non. C’était une erreur », se défend-il.

Le procureur revient également sur les circonstances dans lesquelles l’arme a été dérobée.

— La portière du véhicule n’était pas condamnée ou elle n’était simplement pas fermée ?

« Ce n’était pas condamné. »

— Et vous l’avez ouverte ?

« Oui, oui », reconnaît l’accusé.

La première victime confirme les faits

Le tribunal donne ensuite la parole à la victime du vol de l’arme afin de confronter ses déclarations à celles de Sayouba.

— C’est réellement ce qui s’est passé ?

« Oui, ça s’est passé comme ça. »

— Le véhicule était devant votre cour ?

« Oui, oui », répond la victime.

Interrogée sur les circonstances dans lesquelles elle avait garé son véhicule, elle explique qu’elle avait l’habitude de le stationner à l’intérieur de la cour, mais que, ce jour-là, elle devait ressortir.

Le tribunal lui demande ensuite ce que contenait le sac.

« En plus de l’arme, il y avait plusieurs documents que je ne peux pas dénombrer », précise-t-elle.

— Avez-vous retrouvé l’arme ?

« Oui, oui », répond-elle.

Une victime réclame la réparation de sa moto et le remboursement de ses biens

La deuxième victime, agressée et dépouillée de sa moto, est ensuite entendue par le tribunal.

— Où avez-vous été agressé ?

« C’était à Wayalghin », répond-elle.

— Ils étaient deux ?

« Oui, oui. »

— Vous avez été violenté ?

« Non, non », précise la victime.

Le tribunal cherche ensuite à identifier l’engin qui lui a été dérobé.

— Quel genre d’engin vous ont-ils pris ?

« C’est une nouvelle moto Sirius », répond-elle.

— Avez-vous retrouvé la moto ?

« Oui, oui », affirme la victime.

Interrogée sur ses prétentions civiles, elle déclare :

« Je demande la réparation de ma moto. »

Le coût de cette réparation est évalué à 175 000 francs CFA.

La victime réclame également le remboursement de deux téléphones portables ainsi que de 350 cartes SIM.

— Une carte SIM coûte combien ? demande le président.

« 250 francs », répond-elle.

Salif reconnaît avoir participé à l’agression

Le tribunal se penche ensuite sur le cas de Salif.

— Expliquez-nous comment cela s’est passé !

« C’est lorsqu’on devait aller voler le téléphone qu’on a pris l’arme dans sa maison », explique le jeune homme.

— Comment vous êtes-vous retrouvé avec une arme volée ?

« C’est quand nous sommes arrivés au commissariat que j’ai su qu’il avait volé l’arme », affirme-t-il.

Le tribunal cherche alors à savoir ce qui a été dérobé à la victime.

— En dehors du téléphone, qu’est-ce que vous avez pris à la dame ?

« C’est le téléphone seulement », répond Salif.

— Vous connaissez la dame ?

« Non, non. »

— Où se trouve actuellement le téléphone ?

Cette fois, c’est Sayouba qui répond à la place de Salif :

« À la Maison d’arrêt. »

Le président demande également à Sayouba ce que Salif a reçu du butin.

« Non, il n’a rien eu », répond-il.

Le parquet requiert jusqu’à 12 ans de prison contre Sayouba

Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les faits de grand banditisme, de détention illégale d’arme à feu et de vol aggravé sont constitués.

Il requiert contre Sayouba une peine de 12 ans d’emprisonnement, dont 8 ans ferme, assortie d’une période de sûreté de 8 ans, ainsi qu’une amende ferme de 5 millions de francs CFA.

À l’encontre de Salif, le parquet requiert 11 ans d’emprisonnement, dont 8 ans ferme, assortis d’une période de sûreté de 5 ans, ainsi qu’une amende ferme de 5 millions de francs CFA.

Le ministère public demande également que la contrainte judiciaire soit fixée au maximum.

« Aidez-nous à travailler pour payer les amendes »

Avant la mise en délibéré de l’affaire, le tribunal donne aux deux accusés la possibilité de prononcer leur dernier mot.

Sayouba prend la parole :

« On aimerait que vous nous aidiez à travailler afin de payer les amendes. Sinon, si on s’assoit comme ça, ça ne va pas nous arranger. Nous vous demandons d’avoir pitié de nous. »

À son tour, Salif abonde dans le même sens :

« Comme Sayouba l’a dit, aidez-nous à travailler pour rembourser les amendes. »

Le tribunal redonne ensuite la parole à Sayouba, notamment au regard des demandes formulées par la victime. Celle-ci réclame notamment 87 500 francs CFA pour les cartes SIM, 175 000 francs CFA pour la réparation de sa moto, ainsi que le remboursement de ses deux téléphones.

Sayouba plaide alors la clémence :

« Qu’il nous pardonne, car c’est parce que nous n’avons personne qui puisse nous aider que nous nous sommes retrouvés dans ça. »

Une déclaration qui provoque une réaction du président du tribunal.

— Donc, si vous sortez et que vous n’avez personne pour vous aider, vous allez reprendre le vol ?

« Non », répond simplement Sayouba.

Au terme des débats, le tribunal met l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 12 octobre 2026.

L’Œil du Palais pour Justice Infos Burkina

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