Abdoul (nom d’emprunt), un étudiant de 24 ans a comparu le lundi 5 octobre 2026 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Il est poursuivi pour des faits d’escroquerie liés à une somme de 25 000 FCFA reçue pour effectuer des démarches de rajout de prénom sur les documents d’un enfant. Le dossier comporte également des déclarations contradictoires sur une éventuelle remise d’argent à un juge.
À la barre, le prévenu a reconnu avoir reçu les 25 000 FCFA pour effectuer les démarches, mais a nié avoir affirmé qu’une partie de la somme devait être remise à un magistrat.
Selon ses explications, le plaignant l’avait sollicité pour ajouter un prénom à son enfant, baptisé, et corriger une erreur figurant sur un document. Il affirme avoir initialement proposé 50 000 FCFA pour l’ensemble des démarches, avant de ramener le montant à 25 000 FCFA à la demande de son interlocuteur.
Pour engager les démarches, Abdoul dit avoir demandé des copies du carnet de baptême, de l’extrait d’acte de naissance de l’enfant et de celui du père. Il explique également avoir contacté une personne au Tribunal de grande instance Ouaga II, qui lui aurait indiqué qu’un ami pourrait l’aider.
Interrogé sur la nécessité de débourser 25 000 FCFA pour un simple rajout de prénom, le prévenu a répondu que la somme ne concernait pas uniquement cette opération, mais également d’autres démarches.
Des versions contradictoires sur l’intervention d’un juge
Le prévenu a contesté avoir promis de remettre une partie de l’argent à un juge. Il a toutefois reconnu que le plaignant n’avait pas encore obtenu le rajout de prénom au moment du jugement.
De son côté, le plaignant a maintenu avoir remis les 25 000 FCFA pour cette démarche, qui n’avait pas encore été réalisée. Il a également indiqué avoir déclaré au commissariat qu’une partie de l’argent devait être remise à un juge, tout en affirmant que ces propos ne lui avaient pas été tenus par Abdoul.
Interrogé sur les raisons de cette déclaration, le plaignant n’a pas fourni d’explication précise. Le prévenu, pour sa part, a reconnu que cette affaire avait conduit à des poursuites contre lui.
Le parquet demande la relaxe pour infraction non constituée
Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que les éléments présentés à l’audience ne permettaient pas de constituer légalement l’infraction d’escroquerie. Il a notamment relevé que, selon les explications du prévenu, la somme reçue devait couvrir plusieurs démarches et pas uniquement le rajout de prénom.
Au regard de ces éléments, le ministère public a requis la relaxe d’Abdoul pour infraction non constituée.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 26 octobre 2026.
N.O pour Justice Infos Burkina





