Le procès de l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Lionel Bilgo, et de Vincent de Paul Kaboré, respectivement gérant et directeur exécutif de la Société immobilière Traoré et Frères (SITRAF), a repris ce lundi 21 septembre 2026 devant le Pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. À l’issue des débats, le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire formulée par la défense et renvoyé l’affaire au 5 octobre 2026.
Le dossier avait été renvoyé devant le Pôle ECOFI lors de l’audience du 18 septembre dernier, après le dessaisissement de la chambre correctionnelle du TGI de Bobo-Dioulasso.
Les deux prévenus sont notamment poursuivis dans le cadre de l’affaire SITRAF pour des faits liés à l’exercice illégal d’activités foncières ainsi qu’à la publicité de promotion immobilière sans autorisation préalable de l’autorité habilitée. Le blanchiment de capitaux a également été évoqué dans la procédure.
La défense conteste la jonction des poursuites
À l’ouverture des débats, les conseils des prévenus ont soulevé la question du lien entre les différentes infractions visées dans la procédure. Selon l’un des avocats, il n’existerait pas de jonction entre les poursuites relatives aux activités foncières et immobilières et celles concernant le blanchiment de capitaux.
La défense a ainsi estimé que le Pôle ECOFI devait examiner spécifiquement le volet relatif au blanchiment de capitaux. Elle a également demandé que les prévenus puissent comparaître libres dans l’attente de la suite de la procédure.
Le ministère public a, pour sa part, contesté avoir demandé une jonction des deux dossiers. Il a indiqué que le volet relatif au blanchiment devait être examiné et que le dossier serait retenu ou renvoyé en fonction de son état.
La défense demande une liberté provisoire
S’appuyant notamment sur l’article 321-19 du Code de procédure pénale, l’un des avocats a demandé le renvoi de l’affaire à une audience ultérieure, avec la mise en liberté des prévenus sous contrôle judiciaire.
La défense a notamment fait valoir que Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré sont des citoyens burkinabè, nés et vivant au Burkina Faso, et qu’ils y ont leurs familles.
Prenant personnellement la parole, Lionel Bilgo a évoqué la durée de sa détention. Il a expliqué que, contrairement au décompte présenté par ses avocats, lui et son co-prévenu avaient passé plusieurs jours supplémentaires au commissariat central avant leur placement en détention.
« Nous sommes affligés, nous sommes fatigués », a déclaré l’ancien ministre, ajoutant qu’ils s’étaient présentés d’eux-mêmes à la suite des convocations qui leur avaient été adressées.
Vincent de Paul Kaboré a également soutenu qu’ils s’étaient présentés spontanément devant les autorités. Il a indiqué qu’ils ne travaillaient actuellement plus et qu’ils avaient d’importantes charges familiales, avant de demander au tribunal d’accorder leur mise en liberté provisoire.
Le parquet s’oppose à la mise en liberté
Le ministère public s’est opposé à la demande de la défense. Pour le parquet, le fait que les prévenus soient burkinabè et disposent de leurs familles au Burkina Faso ne suffit pas à écarter le risque de fuite.
Le représentant du ministère public a notamment rappelé que certains ressortissants burkinabè poursuivis dans des procédures judiciaires avaient quitté le pays malgré des engagements antérieurs de revenir.
Après les échanges entre les parties, l’audience a été suspendue avant de reprendre aux environs de 10h22.
À la reprise, le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire formulée par la défense.
Le dossier a finalement été renvoyé au 5 octobre 2026 pour la suite de la procédure.
Justice Infos Burkina
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