La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a jugé Richard et Dramane (noms d’emprunt), respectivement étudiants et âgé de 30 ans pour le second,le vendredi 4 septembre 2026. Ils sont poursuivis pour des faits de complicité de fraude et d’usage de faux dans le cadre de concours de la fonction publique.
À la barre, ils ont reconnu devant le tribunal avoir mis certaines de leurs pièces d’identité à la disposition d’autres candidats afin de leur permettre de composer à leur place.
𝗗𝗲𝘂𝘅 𝗽𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗻𝘂𝘀 𝗺𝗶𝘀 𝗲𝗻 𝗰𝗮𝘂𝘀𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗮𝗳𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗳𝗿𝗮𝘂𝗱𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀
Selon les faits exposés à l’audience, Richard est poursuivi pour avoir aidé un candidat à participer à la composition du concours d’infirmier diplômé d’État en mettant notamment à sa disposition son récépissé et sa carte nationale d’identité. Il lui est également reproché d’avoir utilisé une carte nationale d’identité portant sa propre photographie pour prendre part à un concours.
Dramane, de son côté, est poursuivi pour avoir mis son récépissé à la disposition d’un autre candidat afin de lui permettre de composer. Il lui est également reproché d’avoir apposé sa photographie sur une pièce établie au nom d’une autre personne pour participer à un concours de la fonction publique.
À la question du tribunal de savoir s’ils reconnaissaient les faits, les deux prévenus ont répondu par l’affirmative.
𝗥𝗶𝗰𝗵𝗮𝗿𝗱 : « 𝗜𝗹 𝗺’𝗮 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲́ 𝗺𝗲𝘀 𝗽𝗶𝗲̀𝗰𝗲𝘀 »
Invité à revenir sur les circonstances des faits, Richard a expliqué qu’à l’approche des concours, un fonctionnaire, présenté comme assistant en économie, lui aurait proposé de l’aider à obtenir le concours d’infirmier diplômé d’État.
En contrepartie de cette intervention, le fonctionnaire lui aurait réclamé la somme de 3 millions de FCFA. Richard affirme avoir versé cette somme avant que son interlocuteur ne lui demande ses pièces d’identité, en amont de la composition.
Le tribunal lui demande alors comment il envisageait concrètement l’obtention du concours.
— « Donc, tu veux avoir un concours en restant assis à la maison ? », lui lance le tribunal.
— « Non », répond le prévenu.
Interrogé sur la procédure qui lui avait été présentée, Richard explique qu’on lui avait fait comprendre qu’après le paiement des 3 millions de FCFA, son nom apparaîtrait sur la liste des admis à la proclamation des résultats.
𝗟𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗾𝘂𝗲𝘁 𝗿𝗲𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝘀
À l’issue des débats, le ministère public a requalifié les faits reprochés à Richard en complicité de fraude, en plus de l’usage de faux, estimant notamment qu’il avait mis sa carte d’identité à la disposition d’un autre candidat.
Concernant Dramane, le parquet a également retenu la complicité de fraude, relevant qu’il avait mis son récépissé et sa carte à la disposition d’un autre candidat pour lui permettre de composer.
Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé au tribunal de déclarer les deux prévenus coupables et de condamner chacun à 24 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’à une amende de 1 million de FCFA ferme.
𝗟𝗮 𝗱𝗲́𝗳𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗽𝗹𝗮𝗶𝗱𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝘂𝗹𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲
La défense a indiqué avoir été surprise par la sévérité des réquisitions du parquet, d’autant plus que les deux prévenus avaient reconnu les faits.
L’avocat a expliqué que le versement des 3 millions de FCFA par Richard s’inscrivait, selon lui, dans la recherche d’un emploi après les études. Il a évoqué « l’illusion vendue depuis l’enfance » selon laquelle la réussite scolaire et universitaire garantit l’accès à un emploi.
Pour la défense, Richard et Dramane ont commis une faute, mais celle-ci ne devrait pas compromettre définitivement leur avenir. L’avocat a ainsi demandé au tribunal de tenir compte de leur situation et d’atténuer les peines requises par le ministère public.
𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗻𝘂𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗹𝗼𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗰𝗹𝗲́𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲
Invités à prononcer leur dernier mot, Richard et Dramane ont tous deux sollicité la clémence du tribunal.
Après en avoir délibéré, le Tribunal , statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, les a déclarés coupables de complicité de fraude et d’usage de faux.
Chacun a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 2 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 3 millions de FCFA ferme.
Le tribunal a également ordonné la confiscation de leurs téléphones portables.
La Plume du Prétoire
Justice Infos Burkina






