Deux jeunes de nationalité étrangère ont comparu, lundi 5 octobre 2026, devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I. Ils étaient poursuivis pour des faits d’escroquerie et d’aide à l’escroquerie dans une affaire liée au réseau Qnet.
Une promesse d’emploi à 60 000 FCFA
À la barre, le premier prévenu, Affoué ( nom d’emprunt), a reconnu les faits d’escroquerie qui lui étaient reprochés. Il a expliqué avoir fait la connaissance d’une jeune femme, Alice (nom d’emprunt), sur les réseaux sociaux.
Au cours de leurs échanges, les deux jeunes se seraient rendu compte qu’ils étaient originaires du même pays. Affoué lui aurait alors indiqué qu’il travaillait à Zorgho et qu’il pouvait lui trouver un emploi.
Selon ses explications, Alice travaillait alors à Dori pour un salaire mensuel de 30 000 FCFA. Il lui aurait ensuite parlé d’un emploi dans une boutique à Zorgho, rémunéré à 60 000 FCFA par mois.
Séduite par cette proposition, la jeune femme effectue le déplacement jusqu’à Zorgho. Mais à son arrivée, elle découvre qu’il ne s’agissait pas du travail annoncé : elle se retrouve face à une activité liée à Qnet.
« Si je lui disais la vérité, elle n’allait pas accepter »
Interrogé par le tribunal sur les raisons pour lesquelles il n’avait pas informé la jeune femme de la nature réelle de l’activité, le prévenu reconnaît avoir volontairement caché la vérité.
— Est-ce que vous lui avez dit que c’était Qnet ?
— « Non. »
— Pourquoi ?
— « Si je lui disais, elle n’allait pas accepter. »
À la question de savoir s’il avait conscience de mal agir, Affoué répond par l’affirmative : « Oui, oui. »
Lorsque la jeune femme décide de repartir, le prévenu affirme avoir fait appel à un ami pour tenter de la convaincre de rester.
Le deuxième prévenu conteste l’aide à l’escroquerie
Le deuxième prévenu, poursuivi pour aide à l’escroquerie, n’a pas reconnu les faits.
Il explique s’être rendu auprès de la jeune femme à la demande de son ami Affoué. Selon lui, celui-ci lui aurait simplement indiqué qu’il s’agissait de sa copine et qu’elle voulait partir. Il aurait donc décidé d’intervenir pour tenter de la convaincre de rester.
À la barre, il soutient toutefois qu’il ignorait que l’affaire concernait Qnet.
Confronté aux déclarations de la jeune femme, qui affirme qu’il lui aurait plutôt présenté l’activité comme étant très lucrative et qu’il y participait lui-même, le prévenu nie ces accusations.
Le parquet requiert des peines d’emprisonnement
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que les explications fournies à l’audience permettent d’établir la culpabilité des deux prévenus.
Concernant Affoué, le parquet relève qu’il a reconnu avoir dissimulé la véritable nature de l’activité à la jeune femme afin de la faire intégrer au réseau Qnet.
Il requiert à son encontre 36 mois d’emprisonnement, dont 24 mois ferme, ainsi qu’une amende de 5 000 000 FCFA ferme.
Pour le deuxième prévenu, le ministère public considère que même s’il affirme ne pas avoir été informé de la situation dès le départ, son intervention auprès de la jeune femme constitue une aide à l’escroquerie. Il requiert contre lui 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende de 2 000 000 FCFA ferme.
Le tribunal prononce 36 mois ferme pour chacun
Après examen du dossier, le tribunal a finalement déclaré les deux prévenus coupables des faits qui leur étaient reprochés.
Chacun a été condamné à 36 mois d’emprisonnement ferme et à une amende d’un million de francs CFA ferme. Le tribunal a également fixé la contrainte judiciaire à neuf mois.
O.N pour Justice Infos Burkina






