M.S a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 5 mai 2026. Il était poursuivi pour le vol d’une dizaine de téléphones, d’une arme à feu de fabrication artisanale et de munitions, ainsi que de numéraires d’un montant de près de 100 000 F CFA et de divers autres objets appartenant à plusieurs victimes chez lesquelles il s’était introduit de nuit. Les faits se sont produits dans la nuit du 16 au 17 mars 2026 à Solenzo, dans la province des Banwa.

Le prévenu a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. D’emblée, il a déclaré que ces vols avaient été commis « par erreur ». Il a également indiqué qu’il volait à travers la ville depuis décembre 2025. C’est finalement dans la nuit du 16 au 17 mars 2026, aux environs de minuit, qu’il a été appréhendé après s’être introduit au domicile de R.B, l’une de ses victimes.
Il s’était glissé dans la maison de ce dernier et avait dérobé un téléphone portable pendant que son propriétaire dormait dans la cour en raison de la chaleur. Apercevant le voleur, R.B s’est lancé à sa poursuite. Pour lui échapper, M.S a utilisé un lance-pierres pour lui jeter des projectiles. Mais malgré l’abandon du téléphone, la victime a continué à le poursuivre avec détermination.

Pour se faire assister dans la capture du prévenu, R.B a alerté le voisinage, qui s’est mobilisé.
Chez une autre victime, M.S avait déjà dérobé un sac contenant un pistolet automatique de fabrication artisanale, des munitions et divers autres objets. L’arme appartenait à un Volontaire pour la défense de la patrie (VDP).
Ce dernier a expliqué qu’il avait ramassé le revolver au cours d’un ratissage. De retour de mission, il avait choisi de conserver l’arme et les munitions sans en informer sa hiérarchie. Le procureur du Faso lui a reproché cette attitude, soulignant que cette arme, retrouvée entre les mains d’autres personnes, aurait pu entraîner de graves conséquences.
Dans le même temps, le prévenu s’était rendu chez une personne déplacée interne, à qui il a volé la somme de 80 000 F CFA. Cet argent avait été envoyé à la victime pour l’achat de vivres. Et la liste des victimes du prévenu était loin d’être exhaustive. Les enquêtes ont d’ailleurs révélé qu’il traînait une mauvaise réputation dans la localité.

Après son interpellation, M.S a été remis aux services de sécurité, qui ont procédé à une perquisition à son domicile. Ils y ont découvert de nombreux objets volés.
Selon le procureur du Faso, M.S est un voleur patenté. Il a estimé que les faits étaient amplement caractérisés et a demandé au tribunal de requalifier les faits de vol en vol aggravé, puis de déclarer le prévenu coupable.
Pour la répression, il a requis une peine de 60 mois d’emprisonnement, dont 48 mois ferme, ainsi qu’une amende de 1 million de F CFA, dont 500 000 F CFA ferme.

Le parquet a également demandé la restitution des biens à leurs propriétaires, à l’exception du pistolet et des munitions, dont il a sollicité la confiscation.
Le tribunal a effectivement requalifié les faits en vol aggravé et déclaré M.S coupable. Toutefois, il l’a condamné à une peine de 60 mois d’emprisonnement, dont 36 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 1 million de F CFA, dont 500 000 F CFA ferme.
Les juges ont ordonné la confiscation du pistolet et des munitions, ainsi que la restitution des autres biens à leurs propriétaires respectifs.
M.S. a également été condamné à verser la somme de 34 000 F CFA à deux de ses victimes constituées parties civiles. Le tribunal a, en outre, fixé la contrainte judiciaire au maximum.
Quant aux 80 000 F CFA volés à la personne déplacée interne, ils pourraient lui être restitués une fois de retour à Solenzo par les proches de M.S Le prévenu a en effet déclaré au tribunal que cette somme se trouvait cachée sous son matelas.
Source : Sidwaya, édition du jeudi 7 mai 2026






