Un conflit familial a viré au drame à Gbessia Cité de l’Air, dans la commune de Matoto, à Conakry. Fatoumata Yarie Touré, âgée d’une vingtaine d’années, est décédée dans la nuit du mercredi 16 septembre 2026, après avoir été agressée par son oncle paternel, Limane Touré. Rencontrée ce jeudi 17 septembre par un journaliste de Guineematin.com, la mère de la victime est revenue sur les circonstances de ce drame.
Selon Fatoumata Keïta, des tensions existaient depuis longtemps au sein de la famille de son mari, notamment entre celui-ci et son frère Limane Touré. Elle estime que sa fille a été victime d’un conflit auquel elle n’était pourtant pas directement mêlée.
Fatoumata Keïta, mère de la victime
« Il y avait déjà eu des bagarres au cours desquelles plusieurs personnes avaient été blessées. La situation s’est davantage tendue lorsque la famille a appris qu’il y avait un prétendant pour ma fille Yarie Touré. Les injures et les menaces se sont donc poursuivies malgré l’intervention de leur oncle. Ce dernier avait demandé à la sœur de mon mari, Aminata Touré, de nous présenter ses excuses, ce qui fut fait. Nous pensions que le conflit était terminé. Une semaine plus tard, Yarie est sortie pour une promenade, sans savoir que son oncle Limane Touré la poursuivait. Arrivée vers Béhanzin, il est venu par derrière pour lui donner un coup sur la nuque », témoigne la mère de la victime.
Après cette agression, la famille de Yarie Touré s’est rendue au bureau du quartier pour se plaindre. Limane Touré a été convoqué sur les lieux, où il a présenté ses excuses à sa nièce et a signé un engagement de ne plus s’en prendre à elle. Mais quelques jours plus tard, la jeune fille a commencé à se plaindre de maux de tête.
« Le dimanche, elle a fait une crise chez mon frère. On l’a emmenée à l’hôpital, où elle a pris un sérum. Le lendemain, son état s’est aggravé. Nous l’avons conduite à l’hôpital de Dar-es-Salam, puis elle a été transférée aux urgences de Donka. Le médecin nous a dit que le coup qu’elle a reçu au niveau de la nuque pouvait être à l’origine de son état. C’est à partir de là que j’ai compris que ma fille risquait de ne pas survivre. Finalement, elle a rendu l’âme hier nuit », a expliqué Fatoumata Keïta.
Louis Bangoura, chargé de la communication du bureau du quartier Cité de l’Air, confirme la version de cette dame. Il indique que la victime avait porté plainte contre son oncle une semaine plus tôt, ajoutant que Limane Touré avait reconnu l’avoir frappée et signé un engagement de ne plus l’agresser.
« Effectivement, la défunte Fatoumata Yarie Touré était venue au bureau du quartier le 9 septembre pour porter plainte contre son oncle, Limane Touré, qu’elle accusait de l’avoir agressée. Nous avons recherché Limane afin d’entendre sa version des faits. Lorsqu’il a été retrouvé et conduit au bureau du quartier, il a reconnu avoir frappé Yarie dans le dos et avoir voulu la frapper avec un caillou. Il a expliqué qu’il existait déjà des antécédents et une querelle au sein de la famille. Nous avons alors privilégié la médiation. Chacun d’eux a présenté ses excuses à l’autre et ils se sont réconciliés.
Nous avons également demandé à la famille de prendre en charge le bras de Limane, qui était blessé, et conseillé au père de Yarie de l’envoyer à l’hôpital puisqu’elle disait avoir été touchée. Le 15 septembre, nous avons appris que Yarie était gravement malade. Je suis allé la voir à son domicile et j’ai conseillé à sa famille de la conduire à l’hôpital. Son père nous a montré des clichés médicaux, mais je lui ai expliqué que je n’étais pas en mesure de les interpréter.
La famille souhaitait retrouver Limane afin qu’il puisse prendre en charge Yarie. Je leur ai dit que le plus important était d’abord de conduire la jeune fille à l’hôpital. Par la suite, les médecins auraient demandé que Limane soit retrouvé afin d’identifier l’endroit où il l’avait frappée. Le chef de secteur a aidé la famille dans les recherches et les a orientés vers l’hôpital d’Entag. Malheureusement, ce matin, nous avons appris le décès de Fatoumata Yarie Touré.
Je tiens toutefois à préciser que le bureau du quartier n’a pas compétence pour garder un citoyen. Notre rôle est de favoriser l’entente et la médiation. Lorsqu’il s’agit d’une affaire relevant de la justice, nous orientons les personnes vers les autorités compétentes. Depuis le 11 septembre, Limane avait signé un document au bureau du quartier dans lequel il s’engageait à ne plus agresser son grand frère ni les membres de sa famille. Son grand frère et d’autres membres de la famille avaient également signé cet engagement », a expliqué le responsable local.
À noter que le mis en cause, Limane Touré, est pour le moment introuvable. La famille de la victime espère que justice sera rendue dans cette affaire.
Source : Guineematin.com
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