Le nommé Z.Z, employé de commerce évoluant dans l’achat et la vente de véhicules, a comparu le 20 juillet 2026 devant la chambre du pôle ECOFI du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. Il lui est reproché d’avoir encaissé plusieurs dizaines de millions de francs CFA auprès de clients sans jamais leur livrer les véhicules promis.
Les faits remontent à l’année 2025. Le nommé K.R avait le projet d’acquérir un camion benne. Il s’est tourné vers Z.Z, connu dans le milieu de la vente de véhicules, pour réaliser son projet. Les deux se sont entendus sur un prix de 16 800 000 F CFA, et K.R a versé une avance de 9 800 000 F CFA. Mais le camion n’a jamais été livré. Selon le récit fait à la barre, le prévenu envoyait à la victime des vidéos de camions, prétextant tantôt une panne, tantôt un contretemps. À plusieurs reprises via WhatsApp, il n’a jamais dit la vérité à K.R sur la situation réelle de la transaction.
Une seconde victime, dame S.A, a subi le même sort. Elle voulait acheter trois voitures et avait remis à Z.Z plus de 14 000 000 F CFA. Ni les véhicules ni l’argent ne lui ont été restitués. Comme avec K.R, les échanges se sont progressivement taris, le prévenu cessant de répondre aux appels et messages de ses victimes.
C’est à la suite des plaintes déposées par les victimes que la police a procédé à l’arrestation de Z.Z. Il a ensuite été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB).
Les aveux du prévenu à la barre
À l’audience, Z.Z a reconnu avoir reçu les sommes versées par les deux victimes. Il a reconnu aussi n’avoir pas livré les véhicules conformément aux engagements contractuels pris avec eux.
Interrogé sur l’usage qu’il avait fait de ces fonds, il a expliqué les avoir employés à des fins personnelles. « J’ai construit une parcelle avec une partie de l’argent », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Les parties civiles
Les deux victimes se sont constituées partie civile. K.R réclame 8 800 000 F CFA, précisant avoir déjà reçu de la part du prévenu un remboursement partiel de 1 000 000 F CFA par mobile money. Dame S.A, de son côté, réclame 10 650 000 F CFA, indiquant avoir elle aussi récupéré une partie de la somme versée.
Réquisitions
Le ministère public a requalifié les faits, initialement qualifiés d’abus de confiance, en faits d’escroquerie. Il a en outre retenu à l’encontre du prévenu des faits de blanchiment de capitaux.
En réquisitoire, le parquet a demandé au tribunal de condamner Z.Z à 24 mois d’emprisonnement ferme, assorti d’une amende de 59 250 000 F CFA, dont 30 000 000 F CFA ferme. Il a également requis la confiscation de la parcelle acquise par le prévenu avec les fonds détournés.
L’avocat de Z.Z a, quant à lui, plaidé la relaxe de son client. Il a estimé que le dossier ne comportait pas de preuves suffisantes pour retenir sa culpabilité.
Au terme des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 10 août 2026.
Source: L’Express du Faso
N.B: Le titre est de JIB
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