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Récit d’un procès : Jugée pour avoir etranglé sa mère, elle est relaxée pour cause de démence

JIB2 23 mai 2026 0
tgi bobo

Sanata (nom d’emprunt) est une jeune fille âgée de 23 ans et couturière de profession. Unique enfant de sa mère, Maïmouna (nom d’emprunt), elle vivait paisiblement avec cette dernière dans une cour du secteur 10 de la ville de Bobo-Dioulasso.


Dans la matinée du 15 octobre 2025, le commissariat de Dô a été informé d’un cas de meurtre au secteur 10 de Bobo-Dioulasso. Une unité d’enquête s’est alors déportée sur les lieux pour constater les faits et identifier l’auteur du crime. À leur arrivée, les policiers découvrent le corps sans vie de Maïmouna, les yeux sortis de leurs orbites.


Comment un tel drame a-t-il pu se produire et qui en est l’auteur ? Pour répondre à ces interrogations, la fille de la défunte a été arrêtée et déférée devant le parquet pour des faits de parricide, conformément à l’article 512 du Code pénal burkinabè.


Selon les enquêtes, Sanata aurait donné la mort à sa mère biologique dans la nuit du 14 au 15 octobre 2025 en l’étranglant. Elle a été conduite à la barre de la chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Bobo-Dioulasso pour être jugée le 24 novembre 2025. Elle n’a jamais nié les faits qui lui sont reprochés. À l’audience, Sanata a évoqué la présence « d’esprits » qui l’habiteraient et à qui elle impute son acte.


Son oncle, frère aîné de la défunte, chez qui Sanata avait passé trois ans avant de retourner chez sa mère, a témoigné de la non-violence de sa nièce. Il n’a formulé aucune demande de réparation civile, mais a sollicité la libération de Sanata afin qu’elle puisse bénéficier de soins appropriés.


Autre point important : le rapport sur la santé mentale de l’accusée confirme qu’elle souffre de troubles délirants affectant sa pensée et sa perception des choses.


Le parquet, de son côté, est convaincu que Sanata est coupable de parricide. Pour lui, c’est bien elle qui a donné la mort à sa mère ; il a donc requis l’emprisonnement à vie contre l’accusée.


Le tribunal, estimant que les faits ne lui sont pas imputables en raison de son état mental, a relaxé Sanata pour cause de démence.


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