Déjà révoqué de la fonction publique en février, le médecin spécialiste du CHR-U de Fada-N’Gourma a été jugé et condamné à une peine d’emprisonnement avec sursis et à une amende par le Tribunal de grande instance de Ouaga I lors de la session du Pôle économique et financier tenue du 18 au 29 mai 2026.
L’affaire avait défrayé la chronique au début de l’année 2026. Le 31 janvier, le KORAG diffusait sur la télévision nationale une vidéo filmée au Centre hospitalier régional universitaire (CHR-U) de Fada-N’Gourma. On y voyait un patient remettre des billets d’argent à un médecin identifié comme étant le Dr Jacques Boa, pour l’achat d’implants maxillo-faciaux, alors que le patient affirmait avoir déjà réglé la totalité des frais liés à sa prise en charge.
La séquence, brute et sans équivoque, avait provoqué une onde de choc dans l’opinion publique et au sein des institutions.
La sanction administrative n’avait pas tardé.
Lors du Conseil des ministres du 26 février 2026, le gouvernement avait décidé de révoquer le Dr Boa Jacques, médecin spécialiste en stomatologie et chirurgie maxillo-faciale, matricule 278 480 M, dans le cadre des procédures disciplinaires engagées contre des agents publics filmés en flagrant délit de corruption par le KORAG.
Une révocation sèche, sans appel, qui annonçait des suites judiciaires.
Ces suites sont désormais connues. Lors de la session du Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des infractions économiques, financières et de la criminalité organisée (ECOFI) du TGI Ouaga I, tenue du 18 au 29 mai 2026, l’affaire BOA a été examinée.
Le parquet l’avait initialement poursuivi pour escroquerie, mais le tribunal a finalement requalifié les faits. S’agissant de la prévention d’escroquerie, il a été renvoyé de ce chef. En revanche, le tribunal l’a reconnu coupable de concussion, infraction qui vise tout agent public qui perçoit, exige ou reçoit des sommes qu’il sait ne pas être dues, ou des sommes supérieures à celles légalement autorisées.
En répression, le Dr Boa a été condamné à une peine d’emprisonnement de douze (12) mois assortie de sursis, ainsi qu’à une amende ferme de deux millions (2 000 000) de francs CFA. Le ministère public a immédiatement interjeté appel de cette décision, estimant la sanction insuffisante au regard de la gravité des faits.
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