Crรฉรฉe en 1993, lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso (AFJ-BF) ลuvre depuis plus de trois dรฉcennies ร la promotion et ร la dรฉfense des droits des femmes et des filles. Entre assistance juridique, sensibilisation, plaidoyer et lutte contre les violences basรฉes sur le genre, lโassociation mรจne plusieurs actions sur le terrain, malgrรฉ des dรฉfis liรฉs notamment ร la situation sรฉcuritaire et ร la persistance de certaines normes sociales. Dans cet entretien accordรฉ ร Justice Infos Burkina, la prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ, magistrate de profession, revient sur les missions de lโassociation, ses actions, son bilan, les difficultรฉs rencontrรฉes et ses perspectives. Elle รฉvoque รฉgalement les services offerts par les cliniques juridiques de lโAFJ-BF et adresse un message aux femmes victimes de violences. Entretien…
Justice Infos Burkina : Prรฉsentez-nous briรจvement lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso et expliquez-nous sa mission.
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : LโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso est une organisation ร caractรจre scientifique, laรฏque, apolitique et ร but non lucratif. Sa mission principale et essentielle est de contribuer ร lโeffectivitรฉ des droits des femmes et des filles au Burkina Faso.

Justice Infos Burkina : Quand lโAFJ-BF a-t-elle รฉtรฉ crรฉรฉe et dans quel contexte ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : LโAFJ-BF a รฉtรฉ crรฉรฉe le 14 novembre 1993. Cela fait donc aujourdโhui plus de 30 ans que nous sommes engagรฉs dans la dรฉfense des droits de la femme. Lโassociation a รฉtรฉ officiellement reconnue le 25 fรฉvrier 1994. Le contexte de sa crรฉation sโinscrit dans un constat dโinรฉgalitรฉs persistantes sur le terrain. Malgrรฉ une lรฉgislation qui รฉtait relativement favorable aux droits des femmes, notamment ร travers nos constitutions, un groupe de femmes juristes, que je salue au passage, a estimรฉ quโil รฉtait nรฉcessaire de crรฉer cette association.
Ces femmes avaient constatรฉ quโil existait effectivement des inรฉgalitรฉs, notamment en raison de certaines normes sociales considรฉrรฉes comme des valeurs et qui plaรงaient la femme dans une situation dโinfรฉrioritรฉ.
Elles ont donc dรฉcidรฉ de crรฉer lโAssociation des femmes juristes afin de promouvoir les droits des femmes et de lutter contre toutes les formes de discrimination dont elles sont victimes.
Justice Infos Burkina : Quels sont les principaux objectifs poursuivis par lโAFJ-BF ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Comme lโindique son nom, lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso est essentiellement composรฉe de femmes exerรงant une profession juridique. Pour y adhรฉrer, il faut รชtre juriste et avoir au minimum une licence en droit.
Nos principaux objectifs sont dโabord de nous mettre au service des femmes et des filles. Lorsque nous nous mettons au service de cette frange importante de la population, nous sommes รฉgalement au service de notre nation, puisque notre Constitution dispose que tous les Burkinabรจ naissent libres et รฉgaux en droits et en devoirs.
Nous avons รฉgalement pour objectif de faire connaรฎtre les droits des femmes au Burkina Faso. Mais faire connaรฎtre ces droits doit permettre de les rendre effectifs sur le terrain.
Nous รฉtudions รฉgalement la lรฉgislation nationale et internationale relative aux droits des femmes afin de proposer aux dรฉcideurs publics des mesures permettant dโamรฉliorer ces droits et de favoriser leur effectivitรฉ.
Lโassociation a aussi pour objectif dโassister les femmes dans la dรฉfense de leurs droits et acquis et de les soutenir dans leur lutte pour leur รฉmancipation.

Lorsque nous parlons dโรฉmancipation de la femme, il ne sโagit pas dโune confrontation entre la femme et lโhomme. Il sโagit plutรดt de lutter pour que la femme sorte de certaines situations de domination et de dรฉpendance liรฉes notamment aux normes sociales.
Nous contribuons รฉgalement aux efforts dรฉployรฉs par les autoritรฉs et aux initiatives publiques visant ร amรฉliorer les droits des femmes et leur effectivitรฉ, notamment en matiรจre dโaccรจs ร la profession et ร lโemploi.
Enfin, nous รฉlaborons des stratรฉgies pour le dรฉveloppement des sciences juridiques, notamment ร travers la mรฉthode comparative, afin de contribuer ร lโharmonisation et au progrรจs du droit en Afrique.
Lorsque nous participons ร des rencontres dans dโautres pays, nous partageons lโexpรฉrience du Burkina Faso et nous nous inspirons รฉgalement des expรฉriences des autres pays afin de voir comment nous pouvons unir nos efforts pour amรฉliorer les droits des femmes sur le continent africain.
Justice Infos Burkina : Quelles sont concrรจtement les principales activitรฉs menรฉes par lโAFJ-BF au profit des femmes et des populations jusque-lร ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Au regard de ses missions, lโAFJ-BF mรจne plusieurs actions ร travers diffรฉrentes stratรฉgies. Nous organisons notamment des activitรฉs de renforcement des capacitรฉs et des formations ร lโendroit des acteurs extrajudiciaires. Il sโagit notamment des agents de santรฉ, des agents de lโaction sociale, des organisations de la sociรฉtรฉ civile et des enseignants, qui jouent un rรดle important dans la promotion des droits des femmes.
Nous organisons รฉgalement des formations ร lโendroit des acteurs judiciaires, notamment les magistrats, les officiers de police judiciaire que sont les gendarmes et les policiers, ainsi que les greffiers.
Ces formations portent gรฉnรฉralement sur les droits des femmes et des jeunes filles, les droits de la famille et les violences basรฉes sur le genre.

On pourrait se demander pourquoi nous formons les magistrats alors quโils connaissent dรฉjร le droit. Il faut comprendre que la lรฉgislation internationale que le Burkina Faso a ratifiรฉe fait partie de notre cadre juridique. Nous avons constatรฉ que certains acteurs judiciaires ne maรฎtrisent pas suffisamment cette lรฉgislation internationale.
Il est donc nรฉcessaire de renforcer leurs capacitรฉs afin quโils puissent mieux intรฉgrer les instruments juridiques internationaux dans leur pratique et contribuer ainsi ร lโamรฉlioration de la protection des droits des femmes au Burkina Faso.
Nous menons รฉgalement des campagnes de communication et des sรฉances de sensibilisation auprรจs des populations. Nous faisons des plaidoyers auprรจs des dรฉcideurs publics et des leaders communautaires, car ces derniers peuvent contribuer ร faire รฉvoluer les choses au niveau local et ร sensibiliser ร leur tour les populations. Nous organisons รฉgalement des panels et des confรฉrences. Nous assurons par ailleurs la prise en charge juridique, judiciaire et psychologique des survivantes de violences. ร ce titre, nous disposons de plusieurs cliniques juridiques : deux ร Ouagadougou, une ร Bobo-Dioulasso, une ร Kaya et une ร Ouahigouya.
Ces cliniques sont permanentes et accueillent les femmes victimes de violences afin de les รฉcouter, de les conseiller et de les orienter.
Justice Infos Burkina : Depuis sa crรฉation, quel bilan faites-vous des actions menรฉes par lโassociation ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Je dirais que le bilan est globalement positif, mรชme si nous constatons toujours une persistance des discriminations.
Depuis la crรฉation de lโassociation, nous avons aidรฉ des milliers de femmes, dโenfants et de personnes vulnรฉrables ร faire valoir leurs droits.
Nous avons รฉgalement contribuรฉ ร des rรฉformes lรฉgislatives majeures, notamment ร travers des plaidoyers en faveur de certaines rรฉformes relatives aux droits des femmes et ร lโeffectivitรฉ de leurs droits en matiรจre de santรฉ sexuelle et reproductive.
Nous avons aussi apportรฉ notre contribution aux travaux dโรฉlaboration de textes lรฉgislatifs lorsque certains ministรจres nous ont sollicitรฉs. Nous avons รฉgalement รฉtรฉ invitรฉs ร lโAssemblรฉe nationale pour donner notre point de vue sur certains projets de loi.
Nous avons renforcรฉ la conscience juridique des communautรฉs. Beaucoup de personnes, notamment dans les localitรฉs, ne connaissaient pas certains de leurs droits. Grรขce ร nos formations et ร nos actions de sensibilisation, nous avons pu toucher ces populations.

Pour รชtre plus prรฉcise, au cours des cinq derniรจres annรฉes, nous avons mis en ลuvre au total 60 projets, avec lโappui de nos partenaires techniques et financiers.
Ces projets ont touchรฉ plusieurs localitรฉs sur lโensemble du territoire national. Ils nous ont notamment permis de former et de sensibiliser au moins 600 acteurs judiciaires et extrajudiciaires.
Nous avons รฉgalement touchรฉ environ 12 000 femmes et jeunes ร travers diffรฉrentes thรฉmatiques liรฉes aux droits des femmes, aux violences basรฉes sur le genre et ร lโรฉtat civil.
Nous avons รฉgalement abordรฉ des questions telles que la masculinitรฉ positive. Il ne faut pas penser que nous travaillons uniquement avec les femmes. Nous vivons dans une communautรฉ composรฉe dโhommes et de femmes. Lorsque nous menons des actions en faveur des femmes, il est รฉgalement important de sensibiliser les hommes afin quโils comprennent que ces actions ne sont pas dirigรฉes contre eux.
Nous avons รฉgalement travaillรฉ sur lโespace civique et sensibilisรฉ des milliers de jeunes sur lโutilisation dโInternet, ses avantages, mais รฉgalement ses dangers et les sanctions prรฉvues par la loi en cas de mauvais usage.
Enfin, nous renforรงons rรฉguliรจrement les capacitรฉs de nos membres, notamment parce que de nouvelles personnes intรจgrent chaque annรฉe lโassociation. Il est important que ces nouveaux membres soient suffisamment formรฉs pour porter correctement le message de lโAFJ-BF sur le terrain.
Justice Infos Burkina : Quelles sont les principales catรฉgories de personnes qui sollicitent les services de lโAFJ-BF et pour quels types besoins ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Comme je lโai indiquรฉ prรฉcรฉdemment, nos principales cibles sont les femmes, les filles, les enfants et les personnes vulnรฉrables. Cela ne signifie pas que nous ne recevons pas dโautres personnes. Dans nos formations et nos sรฉances de sensibilisation, nous ne faisons pas de discrimination. Mais nos bรฉnรฉficiaires principaux restent les femmes, les enfants et les personnes vulnรฉrables. Les femmes nous sollicitent notamment pour des questions liรฉes au droit de la famille, ร la garde des enfants, ร la contribution aux charges du mรฉnage, aux violences conjugales, au divorce ou encore aux questions fonciรจres, notamment lโaccรจs des femmes ร la terre.
Nous recevons รฉgalement des personnes confrontรฉes ร des violences basรฉes sur le genre, ร des violences sexuelles, ร des cas de viol ou encore ร des mariages forcรฉs.
Lorsquโune femme vient exposer son problรจme, nous essayons de lโaccompagner en fonction de ce que prรฉvoit la loi.
Certaines personnes nous sollicitent รฉgalement pour des besoins dโaide matรฉrielle. Mรชme si cela ne relรจve pas directement de nos missions, nous essayons de les orienter vers les structures compรฉtentes.

Justice Infos Burkina : Quels sont aujourdโhui les principaux dรฉfis ou difficultรฉs auxquels lโassociation est confrontรฉe dans lโaccomplissement de sa mission ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Notre pays connaรฎt depuis plusieurs annรฉes une situation sรฉcuritaire difficile, mรชme si nous constatons une รฉvolution positive. Cette situation ne nous permet cependant pas dโaccรฉder ร toutes les localitรฉs.
Nos actions sont donc parfois restreintes, alors mรชme que certaines populations ont besoin de nos services.
Nous nous sommes rendus ร plusieurs reprises dans des camps de personnes dรฉplacรฉes internes situรฉs dans des zones relativement sรฉcurisรฉes. Nous avons constatรฉ que beaucoup de femmes avaient besoin que nous allions vers elles.
Cโest pourquoi, en plus de nos cliniques juridiques permanentes, nous organisons รฉgalement des cliniques juridiques mobiles dans certaines zones accueillant des personnes dรฉplacรฉes internes.
Nous essayons ainsi, tant bien que mal, dโaccompagner les personnes qui viennent nous exposer leurs problรจmes. Mais certaines populations vivent dans des zones oรน nous ne pouvons pas nous rendre. Or, en situation de crise sรฉcuritaire, les femmes sont souvent particuliรจrement exposรฉes, notamment aux violences sexuelles, aux difficultรฉs dโaccรจs aux services de santรฉ et ร lโรฉducation, ainsi quโaux mariages forcรฉs.
Lโun de nos principaux dรฉfis demeure donc la situation sรฉcuritaire. Nous sommes รฉgalement confrontรฉs au dรฉfi de la dรฉconstruction des normes sociales. Certaines normes entretiennent encore les inรฉgalitรฉs entre les hommes et les femmes. Elles imposent parfois que certaines choses soient rรฉservรฉes aux femmes ou aux hommes, souvent au dรฉtriment des femmes.
Malgrรฉ nos actions, nous constatons que ces normes sont difficiles ร dรฉconstruire. Mais nous ne perdons pas espoir et nous poursuivons nos efforts.
Il y a รฉgalement la question de lโaccรจs des femmes ร la justice et ร la rรฉparation lorsquโelles ont subi un prรฉjudice.
Ce nโest pas que les femmes ne peuvent pas aller en justice. Nous pouvons les accompagner. Mais la pression familiale et sociale est parfois tellement forte quโelles hรฉsitent ร saisir les autoritรฉs judiciaires. Les auteurs des violences sont souvent des membres de la famille ou des proches.
Mรชme lorsquโune femme saisit la justice, la lenteur des procรฉdures peut parfois la dรฉcourager. Et lorsquโune dรฉcision est rendue, lโexercice des recours peut รฉgalement retarder la mise en ลuvre effective de la rรฉparation.
Un autre dรฉfi concerne lโautonomisation financiรจre de lโassociation. Comme je lโai indiquรฉ, nous avons mis en ลuvre 60 projets au cours des cinq derniรจres annรฉes grรขce ร lโappui de nos partenaires techniques et financiers. Sans cet appui, il nous serait difficile de mener certaines de nos actions.
Nous devons donc renforcer notre autonomie financiรจre afin de pouvoir poursuivre nos missions.
Enfin, nos cliniques juridiques permanentes ne couvrent actuellement quโun nombre limitรฉ de localitรฉs. Nous avons deux cliniques ร Ouagadougou, ainsi que des cliniques ร Bobo-Dioulasso, Kaya et Ouahigouya.
En dehors de ces localitรฉs, les autres zones ne disposent pas de cliniques juridiques permanentes.
Nous organisons certes des cliniques mobiles, mais elles interviennent de maniรจre ponctuelle et non dans toutes les localitรฉs.
Nous aurions souhaitรฉ disposer de cliniques juridiques dans toutes les rรฉgions du Burkina Faso afin de rapprocher davantage ces services des populations vulnรฉrables.
Je tiens ร prรฉciser que les services de nos cliniques juridiques sont gratuits. Lorsquโune personne se prรฉsente, elle expose son problรจme et les cliniciens lโรฉcoutent, lui donnent les conseils nรฉcessaires et, si besoin, lโorientent vers les structures compรฉtentes.

Lorsque les moyens sont disponibles, notamment grรขce ร lโappui de nos partenaires techniques et financiers, les personnes peuvent รฉgalement bรฉnรฉficier dโune assistance judiciaire avec lโintervention dโavocats membres de lโAssociation des femmes juristes.
Justice Infos Burkina : Face ร ces dรฉfis, quels sont les points que vous souhaitez amรฉliorer ou renforcer pour permettre ร lโAFJ-BF dโรชtre encore plus efficace auprรจs de ses bรฉnรฉficiaires ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Nous devons dโabord amรฉliorer notre communication. Lorsque nous faisons des sensibilisations et des formations, certaines personnes nous disent quโelles ne connaissaient pas lโassociation, alors quโelle existe depuis 1993.
Au regard de nos activitรฉs, nous devons avoir davantage de visibilitรฉ et nous sommes actuellement en train dโy travailler.
Nous souhaitons notamment renforcer la digitalisation de nos services, รฉtendre lโouverture et lโanimation de nos cliniques juridiques permanentes et mobiles ร dโautres localitรฉs du pays et accroรฎtre notre rรฉsilience financiรจre.
Nous souhaitons รฉgalement รชtre davantage prรฉsents sur les rรฉseaux sociaux et sur les diffรฉrents canaux de communication qui sont aujourdโhui incontournables.
Lโobjectif est de mieux faire connaรฎtre lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso et de mieux porter son message auprรจs du public.
Justice Infos Burkina : Comment lโAFJ-BF communique-t-elle avec le public ? Sur quelles plateformes peut-on suivre ses activitรฉs et obtenir davantage dโinformations sur ses services ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : En termes de canaux de communication, nous utilisons dโabord les mรฉdias traditionnels, notamment la radio et la tรฉlรฉvision, particuliรจrement lorsque nous menons nos activitรฉs.
Nous utilisons รฉgalement des supports de communication tels que les dรฉpliants, sur lesquels nous dรฉveloppons diffรฉrents thรจmes que nous distribuons aux personnes lors de nos sรฉances de sensibilisation.
Nous rรฉalisons รฉgalement des tee-shirts portant des messages clรฉs de sensibilisation.
Nous avons aussi des rรฉseaux sociaux, notamment WhatsApp, oรน nous disposons dโun groupe permettant aux membres de communiquer et dโรฉchanger. Nous sommes รฉgalement prรฉsents sur Facebook et disposons dโun site web.
Notre page Facebook existe depuis plusieurs annรฉes, mais elle nโรฉtait pas suffisamment animรฉe. Cโest pourquoi nous travaillons actuellement ร renforcer notre prรฉsence sur les rรฉseaux sociaux.
Il ne sโagit pas seulement de communiquer sur nos activitรฉs, mais รฉgalement de mieux faire connaรฎtre les services de nos cliniques juridiques.
Certaines personnes pensent que lorsquโon parle de ยซ clinique ยป, il faut forcรฉment payer. Or, ce nโest pas le cas. La clinique juridique est un espace oรน lโon prend soin des personnes en les รฉcoutant et en leur apportant une assistance juridique. Les services sont gratuits.
Il est donc important que les populations sachent oรน se trouvent les cliniques juridiques et comment elles peuvent les contacter.
Nous รฉlaborons รฉgalement des modules de formation. Nous ne partons pas simplement sur le terrain pour faire une formation. Nous faisons appel ร des experts dans les diffรฉrents domaines afin quโils รฉlaborent des modules adaptรฉs aux thรฉmatiques abordรฉes.
Nous รฉlaborons รฉgalement des modules de sensibilisation et des boรฎtes ร images qui permettent aux รฉquipes de mieux conduire les sรฉances de sensibilisation sur le terrain.
Nous organisons aussi des รฉmissions interactives ร la tรฉlรฉvision et ร la radio, au cours desquelles nous rรฉpondons aux questions des populations.
Enfin, nous menons des campagnes sur les rรฉseaux sociaux afin de toucher le maximum de personnes.
Justice Infos Burkina : Vous avez indiquรฉ quโil faut avoir au minimum une licence en droit pour intรฉgrer lโassociation. Comment devient-on membre de lโAFJ-BF ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Cโest relativement simple. Il faut adresser une demande ร la prรฉsidente de lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso et joindre une copie du diplรดme. Comme je lโai indiquรฉ, le niveau minimum requis est la licence en droit.
Notre crรฉdibilitรฉ est essentielle, car cโest elle qui permet aux populations de nous faire confiance. Il ne faut donc pas perdre cette confiance. La personne qui souhaite adhรฉrer doit รฉgalement รชtre recommandรฉe par au moins deux membres de lโassociation. Elle doit donc identifier deux personnes ressources au sein de lโassociation. Si elle dispose dโun CV professionnel, elle peut รฉgalement le joindre ร sa demande. Cela nous permet de connaรฎtre ses compรฉtences et, en fonction des activitรฉs ou interventions, de solliciter son expertise dans diffรฉrents domaines.
Il y a รฉgalement des droits dโadhรฉsion ร payer. Ils sont fixรฉs ร 25 000 francs CFA. Aprรจs lโadhรฉsion, les membres sont soumis ร une cotisation annuelle de 20 000 francs CFA pour les membres en activitรฉ et de 10 000 francs CFA pour les membres retraitรฉs.
Justice Infos Burkina : Combien de membres compte aujourdโhui lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Nous comptons aujourdโhui plus de 200 membres. Je ne pourrais pas donner un chiffre prรฉcis, mais nous sommes ร plus de 200 membres.
Lโassociation se rajeunit de plus en plus. De nombreux jeunes adhรจrent, notamment des jeunes femmes qui ont terminรฉ leurs รฉtudes et qui rejoignent lโassociation.
Nous avons parmi nos membres des femmes qui ont occupรฉ de hautes fonctions au niveau de lโรtat. Certaines ont รฉtรฉ ministres, notamment ministres de la Justice ou des Droits humains. Nous avons รฉgalement eu des mรฉdiateurs du Faso parmi les membres de lโassociation.

Les jeunes peuvent donc sโinspirer du parcours de ces aรฎnรฉes.
Je voudrais vraiment encourager les jeunes ร ne pas hรฉsiter ร se rapprocher de leurs devanciรจres afin de bรฉnรฉficier de leurs expรฉriences, non seulement en matiรจre dโengagement associatif, mais รฉgalement en termes de parcours professionnel.
Justice Infos Burkina : Quel message souhaitez-vous adresser au public, particuliรจrement aux femmes, afin quโelles connaissent lโAFJ-BF et ses missions et nโhรฉsitent pas ร faire appel ร ses services en cas de besoin ?
Prรฉsidente de lโAFJ-BF, Antoinette Kanziรฉ : Je voudrais dโabord prรฉciser quโau sein de lโAssociation des femmes juristes, nous avons plusieurs profils : des magistrats, des avocats, des notaires, des huissiers de justice, des enseignants, des juristes de banque et bien dโautres professionnels du droit.
Je voudrais donc dire ร la population, et particuliรจrement aux femmes, de ne pas hรฉsiter ร contacter lโAssociation des femmes juristes du Burkina Faso en cas de besoin.
Lorsquโune violence nโest pas prise en charge dรจs le dรฉpart, elle peut sโaggraver progressivement et conduire ร des situations beaucoup plus graves, voire irrรฉversibles.
Nous sommes ouverts et les services de nos cliniques juridiques sont accessibles. Il faut donc que les personnes nโhรฉsitent pas ร nous contacter.
Les personnes qui travaillent dans nos cliniques juridiques ont รฉtรฉ formรฉes pour รฉcouter les bรฉnรฉficiaires avec empathie. Les femmes qui viennent nous voir sont souvent dรฉjร vulnรฉrables. Certaines arrivent mรชme en larmes. Il faut donc savoir les accueillir et les mettre ร lโaise.
Le simple fait de pouvoir exposer son problรจme peut dรฉjร รชtre un soulagement.
Je tiens donc encore une fois ร insister sur le fait que les services de nos cliniques juridiques sont gratuits.
ร Ouagadougou, nous avons deux cliniques juridiques. Pour nous contacter, il est possible dโappeler aux numรฉros suivants : 25 50 59 39, 67 10 22 15 et 53 69 46 78.
ร Bobo-Dioulasso, nous pouvons รชtre contactรฉs au 20 95 60 60.
ร Ouahigouya, les numรฉros sont le 07 33 33 61 et le 52 29 26 29.
ร Kaya, les personnes peuvent nous contacter au 74 88 83 32 et au 68 59 68 83.
Nos cliniques juridiques sont au service des populations et leurs prestations sont gratuites.
Entretien rรฉalisรฉ par Ibrahima TIENDREBEOGO






