« Je suis un détenu de la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB). J’y travaille comme mécanicien au garage de l’établissement.
Avant mon incarcération, j’exerçais déjà ce métier à l’extérieur. À la suite d’une infraction, je me suis retrouvé en prison.
Pour être honnête, le jour de mon incarcération, je pensais que tout était fini pour moi. Je croyais que je ne pourrais plus rien accomplir de positif dans ma vie. Aujourd’hui, je me rends compte que je ne comprenais pas réellement ce qu’est la prison.

À mon arrivée, les autorités pénitentiaires ont constaté que je maîtrisais la mécanique. Elles m’ont alors confié l’entretien et la réparation des véhicules de l’administration. J’ai commencé à travailler et, progressivement, elles m’ont accordé leur confiance.
Par la suite, elles m’ont demandé de transmettre mes connaissances à d’autres détenus. Depuis 2019, j’ai formé entre sept et huit personnes qui, aujourd’hui, exercent ce métier à leur sortie de prison. Je continue encore à former d’autres détenus.
Grâce au climat de confiance qui s’est installé entre l’administration pénitentiaire et moi, je bénéficie aujourd’hui d’un aménagement qui me permet de sortir pour exercer mes activités et de revenir travailler à la MACB.
Le message que je voudrais adresser aux autres détenus est que la prison n’est pas seulement un lieu de privation de liberté. C’est aussi un lieu où l’on peut changer, réfléchir sur ses actes et préparer un nouveau départ. Chacun doit saisir cette opportunité pour sortir avec un autre état d’esprit et éviter de commettre les mêmes erreurs.
Je salue tous les fils et toutes les filles de notre pays. Nous avons commis des fautes et nous en assumons les conséquences. Mais il faut reconnaître que les responsables de cette maison d’arrêt nous accompagnent. Ils nous donnent la possibilité de travailler à l’extérieur, ce qui contribue à notre réinsertion.

Aujourd’hui, la plupart des détenus qui remplissent les conditions exercent une activité professionnelle. Il y a quelques années, cette possibilité n’existait presque pas. Les détenus passaient leurs journées à l’intérieur sans pouvoir entretenir ou développer leurs compétences. À leur sortie, beaucoup devaient tout recommencer.
Aujourd’hui, nous remercions les autorités pour cette évolution. Ceux qui possédaient déjà un métier continuent de perfectionner leurs compétences. Quant à ceux qui n’en avaient pas, ils apprennent désormais un métier qui pourra leur permettre de gagner leur vie après leur libération.
Cependant, nous avons encore besoin d’un appui en matériel. Les compétences seules ne suffisent pas. Pour exercer un métier, il faut aussi disposer des équipements nécessaires. Avec la volonté et des bras valides, mais sans outils, il est difficile de travailler.
Mon souhait est de continuer à mettre mon savoir-faire au service des autres, même après avoir purgé ma peine. J’aimerais poursuivre la formation de ceux qui en auront besoin afin qu’ils puissent, à leur sortie, exercer un métier et subvenir à leurs besoins.
Je suis également prêt à accueillir, dans mon futur atelier, les anciens détenus qui souhaiteront continuer à exercer le métier appris en prison. Nous pourrons travailler ensemble et nous accompagner mutuellement. Pour moi, la véritable valeur de la connaissance réside dans le fait de la partager avec ceux qui souhaitent apprendre ».
Amadou OUÉDRAOGO pour Justice Infos Burkina






