Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a examiné, le vendredi 17 juillet 2026, le dossier de Chica (nom d’emprunt), un cultivateur de 30 ans, résident à Banfora, célibataire et père d’un enfant. Il est poursuivi pour le vol de deux bœufs et d’un mouton, des faits remontant au 8 juillet 2026.
À la barre de la chambre correctionnelle, le prévenu a reconnu les faits. Invité par le Tribunal à relater les circonstances de l’affaire, il a expliqué qu’il revenait de Moussodougou où il était allé vendre des médicaments appartenant à son grand-père. Sur le chemin du retour, il a entendu les cris de bœufs, s’est dirigé vers eux et a emporté un bœuf ainsi qu’un mouton.
Interrogé sur le produit de la vente, il a déclaré avoir cédé le bœuf à 140 000 FCFA et le mouton à 35 000 FCFA.
Une seconde tentative qui tourne court
Le prévenu a ensuite reconnu qu’une semaine après ce premier vol, il est retourné sur les lieux pour dérober un autre bœuf. C’est alors qu’il regagnait son domicile avec l’animal qu’il a été interpellé.
Le parquet évoque une récidive
Au cours des débats, le ministère public a rappelé que le prévenu avait déjà comparu devant le même Tribunal en février 2026 pour des faits de vol. Il avait alors été condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis.
Le procureur l’a interrogé sur cette nouvelle comparution : « Le fait que vous ayez comparu ici en février et que vous soyez de retour en juillet ne montre-t-il pas que le vol est devenu votre activité ? »
Le prévenu a répondu par la négative.
Invité à expliquer son geste, il a déclaré : « Je n’avais pas les moyens et je voulais acheter de l’engrais ».
Le procureur lui a alors rétorqué : « Donc, tous ceux qui n’ont pas les moyens doivent voler ? »
Le prévenu a simplement répondu : « Non. »
Le propriétaire déjà indemnisé
À son tour, le propriétaire des animaux a confirmé les faits. Il a indiqué qu’après le dépôt de sa plainte, la famille du prévenu lui avait proposé de l’indemniser afin de réparer le préjudice.
Selon ses déclarations, elle lui avait déjà versé 300 000 FCFA, puis un complément de 100 000 FCFA dans la matinée même de l’audience, correspondant à la valeur des animaux dérobés.
Le parquet demande la révocation du sursis
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que la culpabilité du prévenu ne faisait aucun doute, celui-ci ayant reconnu avoir commis le premier vol puis tenté d’en commettre un second une semaine plus tard.
Le procureur a demandé au Tribunal de le déclarer coupable, de le condamner à 12 mois d’emprisonnement ferme et à une amende de 500 000 FCFA, assortie de la contrainte judiciaire. Il a également requis la révocation du sursis de 12 mois prononcé en février 2026.
Au total, le parquet a sollicité une peine de 24 mois d’emprisonnement ferme et une amende ferme de 500 000 FCFA.
« Je demande pardon »
Invité à prendre la parole une dernière fois avant la mise en délibéré, le prévenu a déclaré : « Je demande pardon. Je ne vais plus jamais recommencer ».
Après avoir recueilli son dernier mot, le Tribunal a mis l’affaire en délibéré et fixé le prononcé de la décision au 31 juillet 2026.
Amadou OUÉDRAOGO






