Poursuivi pour parricide, Gaston (nom d’emprunt) a comparu, le 17 juillet 2026, devant la barre de la Chambre criminelle du TGI de Dédougou, siégeant en audience foraine à Tchériba.
L’accusé a plaidé coupable, mais soutient avoir réagi à l’agression de son père. Des propos battus en brèche par des témoins. Ces derniers ont expliqué que la victime a été retrouvée morte le 23 mai 2024 dans sa chaise, la mâchoire broyée et des traces de blessures graves sur sa tête. A la fin des débats, il a été reconnu coupable par le Tribunal qui l’a condamné à l’emprisonnement à vie.
La peine prévue par l’article 512-15 du code pénal burkinabè en cas de parricide est l’emprisonnement à vie. C’est justement cette sentence qui a été appliquée dans toute sa rigueur par la Chambre criminelle du TGI de Dédougou à l’encontre de Gaston. Âgé de 36 ans et père de 2 enfants, il a été reconnu coupable de la mort de son père le 23 mai 2024 à Sirakélé, dans la commune de Tchériba.
Sur les circonstances du drame, il ressort que l’accusé a utilisé une pioche pour commettre le crime. La victime a été retrouvée morte dans sa chaise dans la matinée du 23 mai 2024, la mâchoire broyée et des traces de blessures graves sur la tête.
S’expliquant sur le mobile du crime, l’accusé a d’abord reconnu sans hésitation les faits. Il a laissé entendre qu’il y avait une mésentente entre lui et son géniteur pendant la maladie et le décès de son frère cadet qui venait d’être admis au concours de la Police nationale. Pendant les obsèques de mon frère cadet, des étrangers sont venus nous présenter les condoléances. J’ai proposé 2000 F CFA à mon père pour qu’il aille leur payer du dolo, car je m’étais reconverti dans l’islam. Il a refusé de prendre l’argent. En voulant partir, il m’a administré un coup de bâton. J’ai retiré le bâton. Il a pris un second bois que j’ai également saisi. Dans ma colère, je me suis emparé de sa pioche et je lui ai administré trois coups sur la tête », a déclaré l’accusé.
Son oncle paternel et sa belle-mère ont formellement contesté ces déclarations. Le premier a expliqué que les faits se sont produits plusieurs jours après les obsèques. Il soutient qu’aucun étranger n’était venu saluer le jour du drame et qu’il n’y avait aucune mésentente entre le père et le fils. Bien au contraire, l’entente était parfaite, a-t-il sou-tenu. A l’en croire, la victime qui était âgée de près de 80 ans, a été retrouvée morte assise dans sa chaise. Ce qui fait penser qu’elle a été surprise dans son sommeil.
La belle-mère de l’accusé a déclaré devant la barre avoir été témoin oculaire du drame. Elle a expliqué que la victime s’était assise assoupie sur sa chaise dehors. Etant dans la maison elle a entendu le bruit des pas de l’accusé. S’en sont suivis des bruits de coups.
Lorsqu’elle est sortie, elle a trouvé l’accusé en train de porter des coups à son père. « J’ai crié en lui demandant pardon. Sa mère a accouru, et ensemble nous l’avons supplié. Gaston nous a menacées, et nous étions obligées de nous enfuir », a expliqué la vieille femme.
A la question des juges de savoir s’il ne pouvait pas s’échapper lorsqu’il a réussi à retirer les deux bâtons qu’il a mentionnés, l’accusé a répondu n’avoir pas eu cette idée. Il a ajouté que son intention n’était pas de tuer son père. Et le parquet de relever qu’un acte de violence exercé sur la tête, ne peut avoir d’autres résultats que la mort.
Il a également fait observer qu’il y a un faisceau de contradictions dans les déclarations de l’accusé. Celui-ci a, dans sa déposition devant le juge d’instruction, soutenu que son père était sorcier, un mangeur d’âmes, et que le décès de son frère lui était imputable.
Les juges ont révélé que l’accusé a, devant le juge d’instruction, expliqué qu’il était hanté par l’âme de son petit frère. Celui-ci lui aurait dit de tuer son père au risque d’être tué par ce dernier.
A l’aune des débats, le parquet a requis comme le prévoit la loi, l’emprisonnement à vie et la confiscation de l’arme du crime.
Il a été suivi par le collège des juges, qui a décidé de la même peine. Ils ont précisé que l’accusé pouvait interjeter appel en cas de non satisfaction de la décision.
Source : Le Pays N⁰8606 du lundi 20 juillet 2026
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