Le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, statuant en matière correctionnelle, a examiné, le vendredi 7 août 2026, le dossier de Lingo (nom d’emprunt). Lingo est un homme âgé de 50 ans, non marié légalement et père de sept enfants.
Il lui est reproché d’avoir soustrait un vélomoteur et une bouteille de gaz.
Du soutien au regret
Interrogé sur les faits, le prévenu a déclaré ne pas les reconnaître. Selon sa version, Malcom (nom d’emprunt) est l’un de ses amis, venu de Côte d’Ivoire pour régler des problèmes liés à ses papiers. À son arrivée, n’ayant pas de domicile fixe, il lui aurait demandé de l’héberger pendant une semaine, le temps de trouver une maison à louer.
Le prévenu a expliqué qu’il avait accepté la demande de son ami et l’avait hébergé dans son salon.
De l’hébergement à la poursuite judiciaire
Lingo a fait savoir au tribunal que, dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, il était revenu tôt du village. À sa grande surprise, à son arrivée, Malcom n’était pas à la maison.
Après avoir demandé des nouvelles de son ami, sa femme lui aurait fait savoir que celui-ci n’avait pas dormi à la maison cette nuit-là. Il est ensuite sorti avec sa femme pour se rendre à la maternité, avant de revenir vers 22 heures.
La découverte de la moto
En rentrant chez lui, il a aperçu une moto Sirius de couleur jaune et noire. La moto de son frère se trouvait également dans la cour.
Selon ses explications, il a eu des doutes, mais n’a pas demandé à son ami d’où provenaient l’engin et une bouteille de gaz qui se trouvaient également sur place. Il pensait que Malcom lui donnerait des explications à leur sujet. Ce dernier ne l’aurait toutefois pas fait.
Une moto retrouvée grâce à un GPS
Grâce au GPS installé sur la moto, la police a pu localiser l’engin et s’est rendue au domicile du prévenu, où elle a retrouvé la moto dans le salon.
Selon Lingo, Malcom aurait pris la fuite, alors qu’il était encore en culotte, au moment où les policiers sont arrivés au domicile.
À la question du procureur : « Ne connais-tu pas les conditions à respecter lorsqu’on veut héberger un étranger ? », le prévenu a reconnu avoir commis une erreur.
La victime ne réclame rien
Interrogé par le tribunal, le propriétaire de la moto a expliqué avoir constaté la disparition de son engin dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, après l’avoir garé devant sa cour avant de rentrer pour un moment.
Le tribunal lui a ensuite demandé ce qu’il réclamerait au cas où Lingo serait déclaré coupable. Le père de la victime a répondu que, la moto ayant été retrouvée, il ne réclamait rien.
Son fils, propriétaire de l’engin, a déclaré partager la position de son père. Il a toutefois précisé que son téléphone portable de marque Infinix se trouvait dans le coffre de la moto. Malgré cela, il a indiqué ne rien réclamer.
Le parquet demande la relaxe
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que Lingo comparaissait à la barre pour répondre des faits de vol d’un vélomoteur et d’une bouteille de gaz. Selon le parquet, cette situation découlerait du fait qu’il aurait voulu rendre service à son ami, mais que l’affaire avait pris une autre tournure.
Pour le ministère public, aucun élément concret ne permettait de déclarer Lingo coupable des faits de vol du vélomoteur et de la bouteille de gaz.
Il a, à cet effet, demandé au tribunal de renvoyer le prévenu des fins de la poursuite au bénéfice du doute.
Le tribunal a suivi ces réquisitions et a relaxé Lingo pour infraction non constituée.
La Plume du Prétoire pour Justice Infos Burkina






