La Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora a examiné, le 6 octobre 2026, une affaire de dissipation de biens privés, portant sur des faits qui se sont déroulés courant septembre 2026 dans la ville de Banfora.
L’affaire remonte au 23 septembre 2026. Ce jour-là, les éléments du Service régional de la police judiciaire des Tannounyan, sous la direction de l’officier de police Zégué Traoré, ont été sollicités dans le cadre de l’enquête.
Déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Banfora, Seydou (nom d’emprunt), un jeune homme résidant au secteur n°1 de Banfora, a comparu le 6 octobre 2026 devant le TGI pour répondre des faits de dissipation de biens privés.
À la barre, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué qu’il était gérant depuis 2022 et qu’il avait commencé à utiliser une partie des recettes dans les jeux de hasard, dans l’espoir de multiplier ses gains.
« Je suis le gérant depuis 2022. J’ai commencé à jouer aux jeux de hasard avec la recette pour pouvoir multiplier mon gain. Comme je perdais à chaque fois, j’ai eu l’idée de remplir les bouteilles vides de boissons que j’avais déjà vendues avec de l’eau. J’arrivais à refermer parfaitement les capsules comme si c’était de la vraie boisson », a-t-il déclaré à la barre.
Selon ses explications, il aurait ainsi procédé avec environ 200 bouteilles, pour un montant estimé à 133 600 F CFA.
La supercherie aurait finalement été découverte par un client. Pour expliquer la présence d’eau dans la bouteille, le prévenu lui aurait d’abord fait savoir que la boisson était simplement de mauvaise qualité.
À l’audience, Seydou a toutefois tenu des propos contradictoires sur sa responsabilité, allant jusqu’à évoquer le fait qu’un sort lui aurait été lancé.
La victime découvre la supercherie
À la barre, la victime, Mme Z, a indiqué que le prévenu n’en était pas à son premier incident avec elle. Elle a expliqué qu’à plusieurs reprises, des personnes étaient venues lui demander pardon pour lui. Par humanisme, elle disait avoir accepté de lui donner une nouvelle chance.
Mais cette fois-ci, selon elle, les faits étaient allés trop loin.
Mme Z a expliqué que la supercherie avait été découverte après qu’un client avait acheté deux bières non glacées pour les emporter et les consommer plus tard. Une fois arrivé à son domicile, celui-ci aurait constaté que les bouteilles contenaient de l’eau et non de la boisson annoncée.
Le client serait alors revenu au maquis pour demander des explications. Le gérant lui aurait répondu qu’il s’agissait bien de la boisson, mais qu’elle était simplement de mauvaise qualité.
N’étant pas convaincue par cette explication, la victime a indiqué avoir commencé à décapsuler les bouteilles une à une. Elle aurait ainsi découvert que plusieurs d’entre elles contenaient effectivement de l’eau.
Elle a ensuite fait appel aux responsables de la cave pour obtenir des explications. Selon son récit, elle aurait été informée qu’elle risquait des poursuites de la part de la SODIBO en raison de ces bouteilles. C’est dans ce contexte, selon elle, que le gérant aurait finalement reconnu les faits.
Interrogée par le tribunal sur son éventuelle constitution de partie civile dans l’hypothèse où le prévenu serait déclaré coupable, Mme Z a indiqué qu’elle ne réclamait rien.
24 mois de prison et 2 millions de F CFA requis
Dans ses réquisitions, le procureur a demandé au tribunal de retenir le prévenu dans les liens de la prévention et de le déclarer coupable des faits qui lui sont reprochés.
Pour la peine, le ministère public a requis 24 mois d’emprisonnement ferme et une amende de 2 millions de F CFA ferme. Il a également demandé que la décision soit assortie d’une contrainte judiciaire de six mois.
Pour sa défense, le prévenu a simplement sollicité la clémence du tribunal.
Le dossier a été mis en délibéré pour le 20 octobre 2026, date à laquelle le tribunal doit rendre sa décision.
Source : wangola médias
Justice Infos Burkina
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