Trois jeunes orpailleurs, SB, SS et TI, comparaissaient le 13 octobre 2026 devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora pour des faits de traite des personnes.
Ils ont été interpellés alors qu’ils convoyaient quatre mineurs qu’ils disaient vouloir conduire sur des sites d’orpaillage. À la barre, SB, 25 ans, originaire de Ziniaré, a reconnu les faits. Il avait à sa charge deux enfants âgés de 16 et 14 ans, qu’il présente comme les enfants de son grand frère. Interrogé sur leur présence à Banfora, il explique : « Nous devions nous rendre en Côte d’Ivoire pour travailler sur des sites d’orpaillage, mais nous avons été chassés de là-bas. Nous sommes donc partis à Gaoua, pensant y trouver du travail, mais il n’y en avait pas. Nous avons décidé de rentrer chez nous en passant par Banfora. C’est au retour que nous avons été interpellés. »
Concernant ses intentions, il assume sans détour : « C’était pour la recherche de l’or. Une fois que nous aurions eu assez d’argent, nous allions rentrer. Ce sont les grandes personnes qui seraient chargées de partager l’argent. » Il affirme n’avoir contraint aucun enfant : « Les enfants ont vu d’autres enfants aller sur les sites d’orpaillage et revenir avec de l’argent. Ils ont voulu faire comme eux. J’avais eu l’autorisation de leur père. » Sur les tâches qui leur seraient confiées, il précise : « Ils allaient seulement laver les minerais. Je m’occuperais de leur nourriture, de leurs vêtements et de leur santé. »
TI, originaire du même village, a confirmé les déclarations de son coprévenu. Il a indiqué avoir fait route commune avec SB. Il avait à sa charge un mineur de 16 ans, qu’il dit être l’enfant de son oncle. « L’enfant est venu de lui-même, attiré par l’argent », a-t-il déclaré. Selon lui, le mineur devait « préparer du haricot sur les sites ». Interrogé sur ce qu’il avait pu réaliser depuis qu’il pratique l’orpaillage, TI a répondu avoir réussi à « construire une maison et acheter une moto ». « C’est peut-être cela que l’enfant a vu et il a décidé de faire comme vous », lui a rétorqué le procureur.
Quant à SS, il affirme ne pas connaître les deux autres prévenus et soutient que leur rencontre a eu lieu dans le car, lors de leur interpellation. « C’est l’enfant de mon oncle, il a 15 ans et il a voulu me suivre. Je l’ai emmené là-bas pour qu’il prépare le haricot, mais aussi pour qu’il observe petit à petit comment le travail se fait. Quand il aura l’âge de travailler, il le fera », a-t-il soutenu.
Dans ses réquisitions, le procureur du Faso a estimé que les faits de traite des personnes étaient caractérisés. Il a requis contre SB, SS et TI une peine d’un an d’emprisonnement et une amende d’un million (1 000 000) de francs CFA, le tout assorti du sursis. Les prévenus ont, quant à eux, sollicité la clémence du tribunal.
Dans sa décision, le président du tribunal a renvoyé les trois prévenus des fins de la poursuite. Il n’a pas manqué de leur conseiller de « laisser les enfants grandir avant de les amener sur les sites d’orpaillage ». Il a estimé que les quelques jours passés en détention à la Maison d’arrêt et de correction leur serviraient de leçon et qu’ils pourraient, à leur tour, sensibiliser d’autres personnes afin qu’elles ne reproduisent pas de tels actes.
Source : Wangola Médias
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