Kader (nom d’emprunt), un enseignant âgé de 29 ans a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga 1 ce 25 septembre 2026 pour répondre de faits d’abus de confiance portant sur la somme de 1 250 000 FCFA. Cette somme lui avait été remise par un ami en vue de l’achat d’une moto.
Les faits
À la barre, le prévenu a reconnu ne pas avoir livré la moto à son ami Ismaël. Il a toutefois expliqué qu’il avait confié l’argent à un commerçant basé à Bobo-Dioulasso, lequel ne lui aurait finalement pas livré le deux-roues.
— Vous lui avez livré la moto ?
« Non. »
— Qu’avez-vous fait de l’argent ?
« J’ai commandé la moto avec un commerçant qui réside à Bobo et ce dernier ne m’a pas livré. »
Le tribunal a alors cherché à savoir si Kader disposait d’éléments permettant d’étayer ses déclarations.
— Avez-vous des preuves que vous lui avez remis l’argent pour l’achat de la moto ?
« Non. »
— Comment pouvons-nous vous croire sur vos dires ?
Le prévenu n’a pas répondu.
Les juges ont également voulu savoir si Kader avait tenté de reprendre contact avec le commerçant après le versement de l’argent.
— Avez-vous eu de ses nouvelles avant votre arrestation ?
« Non. À un moment donné, il était devenu injoignable. »
Interrogé sur sa relation avec ce commerçant, le prévenu a indiqué qu’il s’agissait de la première fois qu’il effectuait une transaction avec lui et qu’il l’avait connu par l’intermédiaire d’un ami.
Le tribunal lui a finalement demandé s’il n’avait pas utilisé les 1 250 000 FCFA à d’autres fins. Kader est resté sans réponse à deux reprises.
Le parquet requiert 36 mois, dont 12 mois ferme
Dans ses réquisitions, le parquet a estimé que les explications du prévenu ne permettaient pas de justifier l’utilisation des fonds. Pour le ministère public, Kader reconnaît avoir reçu l’argent, mais reste incapable d’établir ce qu’il en est advenu.
Le parquet a donc requis qu’il soit maintenu dans les liens de la prévention et déclaré coupable. Il a demandé une peine de 36 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende ferme de 500 000 FCFA.
Invité à prononcer son dernier mot, le prévenu a demandé pardon à la juridiction. Il a déclaré que son séjour à la maison d’arrêt lui avait servi de leçon.
Le tribunal le condamne à 12 mois avec sursis
Après en avoir délibéré, le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort, a déclaré Kader coupable des faits qui lui étaient reprochés.
En répression, il l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement assortis du sursis, ainsi qu’à une amende ferme de 1 000 000 FCFA.
Le tribunal l’a également condamné à rembourser les 1 250 000 FCFA à la victime et a fixé la contrainte judiciaire à six mois.
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