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Récit d’un procès : Il voulait engrosser la fille mineure de son voisin afin de l’épouser

JIB2 27 mai 2026 0
tgi bobo

Pensant pouvoir contraindre une famille à lui accorder la main de leur fille par la grossesse, un homme de 31 ans s’est retrouvé devant la justice. Les faits, d’une extrême gravité, se sont déroulés à Bobo-Dioulasso.

Abou (nom d’emprunt), 31 ans et employé de commerce, est poursuivi pour des faits initialement qualifiés de viol sur la personne de Audrey (nom d’emprunt), une adolescente mineure avec laquelle il partageait une cour commune.

Les faits remontent au 17 novembre 2025. À cette période, Audrey vivait avec sa famille dans une concession où résidait également Abou. Selon les débats à l’audience, ce dernier nourrissait depuis quelque temps des sentiments pour la jeune fille. Il lui faisait la cour de manière insistante, malgré les refus répétés de l’adolescente.

Pour tenter de la séduire, Abou multipliait les gestes : petits cadeaux, argent et même un téléphone portable tactile. La mère de la victime était d’ailleurs informée de ces présents.

Souhaitant aller plus loin, Abou décide d’officialiser la relation. Il se rend auprès de la mère et des frères de la jeune fille pour une demande en mariage. Mais la famille oppose un refus catégorique, estimant qu’Audrey n’était pas en âge de se marier.

Selon l’accusation, c’est après ce refus qu’Abou aurait mûri un plan : abuser sexuellement de la mineure, la rendre enceinte, puis forcer ainsi la famille à accepter le mariage.

Un matin, aux environs de 5 heures, Audrey, comme à son habitude, se rend aux toilettes pour effectuer ses tâches matinales. Elle ignore qu’Abou l’observait depuis sa fenêtre. Profitant de l’isolement, il se serait introduit dans les mêmes toilettes, aurait baissé son pantalon et demandé à la jeune fille de le « laisser faire un coup », lui déclarant qu’il l’aimait et voulait l’épouser.

La scène sera interrompue par l’arrivée inopinée du frère de la victime, rentrant de l’extérieur. Alerté, il appelle sa sœur à haute voix, découvre la situation et somme Abou de sortir. Choqué et en colère, il rappelle à ce dernier qu’il lui avait déjà demandé de rester loin de sa sœur.

Cette fois, la famille décide de porter plainte. Audrey est conduite à l’hôpital pour un examen médical. Un certificat est établi, faisant état d’une vulve inflammatoire, sans toutefois confirmer formellement une pénétration sexuelle.

Placée en détention, l’affaire est appelée devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso le 30 décembre 2025.

À la barre, Abou reconnaît avoir courtisé la jeune fille et admet qu’il avait l’intention de coucher avec elle ce jour-là. Toutefois, il nie toute pénétration sexuelle, une position qu’il maintient depuis l’enquête préliminaire.

Face aux débats, le parquet estime que les éléments constitutifs du viol ne sont pas suffisamment établis. Il sollicite alors une requalification des faits en attentat à la pudeur sur la personne d’une mineure de moins de 15 ans, relevant notamment l’acte d’intimidation et l’intention manifeste du prévenu.

Dans ses réquisitions, le ministère public demande au tribunal de déclarer Abou coupable d’attentat à la pudeur sur mineure et de le condamner à 12 mois d’emprisonnement et 500 000 francs CFA d’amende, le tout assorti de sursis.

Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal déclare Abou coupable d’attentat à la pudeur sur mineure et le condamne à 12 mois de prison avec sursis et 500 000 francs CFA d’amende, également assortie de sursis.

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