Dans le cadre des 96 heures du notariat à Bobo-Dioulasso, l’Ordre des notaires du Burkina Faso a organisé une session de formation sur la digitalisation, l’intelligence artificielle et le management des offices notariaux, ce jeudi 11 juin 2026 dans la capitale économique du Burkina Faso. L’objectif est de permettre aux professionnels du notariat de s’adapter aux mutations technologiques tout en renforçant la qualité des services rendus aux usagers et la sécurité juridique des actes authentiques.

Cette activité, qui constitue l’un des temps forts de la deuxième journée de l’événement, a réuni des notaires venus de différentes régions du pays ainsi que des représentants de l’autorité judiciaire. Les échanges ont porté sur les opportunités offertes par les nouvelles technologies, mais également sur les défis qu’elles posent à une profession dont la mission première demeure la garantie de l’authenticité et de la fiabilité des actes.
Pour le président de l’Ordre des notaires du Burkina Faso, Me Yacouba Dembélé, le notariat ne peut rester en marge de la transformation numérique qui touche l’ensemble des secteurs d’activité. Face à l’essor de l’intelligence artificielle, les notaires sont appelés à moderniser leurs pratiques tout en développant des mécanismes capables de préserver la sécurité juridique des documents qu’ils établissent.

L’intelligence artificielle, une opportunité à encadrer
Selon Me Yacouba Dembélé, l’intelligence artificielle offre d’importantes perspectives en matière de productivité et d’amélioration des services. Toutefois, il a également attiré l’attention des participants sur les risques qu’elle fait peser sur l’authenticité des documents juridiques.
Selon lui, les progrès technologiques permettent aujourd’hui de produire des actes ou des documents d’apparence crédible, susceptibles d’induire en erreur les usagers et les institutions. Une situation qui impose au notariat de renforcer ses mécanismes de contrôle et de sécurisation.

Pour répondre à cette préoccupation, l’Ordre des notaires du Burkina Faso a mis en place, depuis décembre 2024, une vignette de sécurisation destinée à authentifier les actes notariés. Ce dispositif permet notamment d’identifier l’origine des documents et de lutter contre les risques de falsification. D’après les responsables de l’Ordre, son utilisation a permis de réduire significativement les demandes de vérification d’actes et les cas présumés de faux signalés au niveau de l’institution.
Le président de l’Ordre a rappelé que l’acte authentique bénéficie d’une protection particulière de la loi. À ce titre, sa crédibilité et sa fiabilité doivent être préservées dans un contexte marqué par l’essor des technologies numériques.

Des offices notariaux appelés à se professionnaliser davantage
La formation a également porté sur le management des offices notariaux. Les participants ont été invités à renforcer leurs compétences en matière de gestion administrative, de ressources humaines et de relation avec la clientèle.
Pour les responsables de l’Ordre, l’office notarial ne doit plus être perçu uniquement comme une charge publique. Il constitue également une organisation qui doit répondre à des exigences de performance, d’efficacité et de qualité de service.

Cette approche vise à promouvoir une meilleure prise en charge des usagers et à consolider les valeurs de rigueur, de probité et de professionnalisme qui caractérisent la profession notariale. Elle s’inscrit également dans le cadre de l’obligation de formation continue imposée aux notaires afin de garantir leur adaptation permanente aux évolutions du droit et de la société.
Le parquet général réaffirme son rôle de contrôle préventif
Présent à cette activité, Jean Marius Simporé, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, représentant le procureur général, a salué l’engagement des notaires dans la sécurisation des relations juridiques et économiques.

Il a rappelé que le notariat constitue un maillon essentiel dans la prévention des conflits et dans la préservation de la paix sociale. À travers les actes qu’ils établissent, les notaires contribuent à sécuriser les transactions, à protéger les patrimoines et à prévenir de nombreux contentieux.
Le magistrat est également revenu sur les missions de contrôle exercées par le parquet général au sein des offices notariaux. Selon lui, ces inspections ont avant tout une vocation préventive. Elles permettent de vérifier le respect des obligations légales, la bonne tenue des registres et le fonctionnement régulier des études notariales.
L’objectif, a-t-il expliqué, n’est pas uniquement de constater d’éventuels manquements, mais surtout d’accompagner les professionnels afin d’éviter des difficultés susceptibles de porter préjudice aux justiciables.

Les activités se poursuivront jusqu’au 13 juin 2026 avec d’autres sessions de formation et d’échanges. Elles s’achèveront par l’Assemblée générale des notaires du Burkina Faso, qui devra examiner les perspectives de la profession ainsi que les défis liés à sa modernisation et à son adaptation aux nouvelles réalités juridiques et technologiques.
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