Face au Tribunal de grande instance de Banfora, le 28 juillet 2026, Lupin (nom d’emprunt), un jeune homme d’une vingtaine d’années, était poursuivi pour abus de confiance. À la barre, l’accusé a reconnu les faits, tout en affirmant avoir été dépassé par les événements.
Lupin était gérant d’une agence de transfert d’argent de la place. Dans sa défense, il a expliqué qu’entre mars et avril 2026, il s’était absenté de son poste sans demander l’autorisation de son patron pour se rendre à Bobo-Dioulasso, avant de revenir le lendemain.
À son retour, il a découvert que le coffre-fort où était conservé l’argent avait été ouvert et qu’une somme de 3,7 millions de FCFA avait disparu. Pris de panique, il a décidé de ne rien dire et d’économiser sur son salaire afin de rembourser progressivement la somme.
Mais un problème se posait : comment éviter d’être découvert ? Lupin dit avoir trouvé une solution. « Je demandais à un ami travaillant dans une autre agence de me transférer de l’argent que je retirais avant de l’envoyer », a-t-il expliqué.
Son stratagème a toutefois commencé à vaciller lorsqu’il a appris qu’un contrôleur était en route pour Banfora afin de vérifier les comptes. Pris de panique, il a imaginé un scénario destiné à justifier la disparition des fonds.
Il a d’abord appelé son patron pour l’informer qu’il emprunterait une moto afin d’effectuer un versement. Ensuite, il a demandé à son voisin de lui prêter sa moto sous prétexte de faire une course.
Il a finalement abandonné l’engin dans le parking d’une gare routière de la ville avant d’aller informer un ami de son voisin que la moto avait été volée et qu’il ne savait pas comment l’annoncer à son propriétaire.
Cet ami l’a alors accompagné pour expliquer la situation au voisin. Compréhensif, ce dernier a proposé qu’ils se rendent ensemble à la police pour déclarer le vol.
Une fois au commissariat, Lupin a déclaré qu’en plus de la moto, il avait perdu un peu plus de 4 millions de FCFA qui se trouvaient dans le coffre de celle-ci.
À l’issue de l’enquête, la police a retrouvé la moto devant la gare routière. Confronté aux éléments recueillis, Lupin a fini par avouer les faits.
À la barre, il a expliqué qu’il n’avait pas immédiatement prévenu son patron parce qu’il s’était absenté sans l’en informer.
Pourtant, lors de son audition par le procureur, il avait déclaré que c’était en raison d’un précédent incident.
Il a en effet indiqué avoir déjà été victime d’un premier braquage au cours duquel un million de FCFA avait été dérobé. Selon lui, ses employeurs lui avaient alors simplement demandé que cela ne se reproduise plus.
Le procureur a ensuite cherché à obtenir davantage de précisions sur les circonstances de la disparition de l’argent.
Lupin a finalement reconnu qu’il n’y avait pas eu d’effraction et que le coffre avait été ouvert à l’aide de la clé. « Je dépose la clé sur une étagère… Ils ont forcé la clé jusqu’à ce qu’elle reste bloquée à l’intérieur », s’est-il défendu.
Le président du Tribunal de grande instance de Banfora lui a alors posé une autre question : « S’il y avait 3,7 millions de FCFA dans le coffre, où est passé le reste des 6 millions ? »
À cette interrogation, Lupin a répondu : « Des frais de retrait », précisant que ceux-ci s’élevaient à environ 2,8 millions de FCFA.
Le procureur a également relevé que l’accusé avait acheté un scooter d’une valeur de 500 000 FCFA en moins de six mois de service.
Lupin a répondu qu’il avait économisé 70 000 FCFA par mois sur son salaire de 120 000 FCFA, tout en payant un loyer mensuel de 30 000 FCFA.
À son tour, le patron de Lupin a pris la parole. Selon lui, cette affaire était avant tout une question de confiance.
Lorsque la première disparition d’un million de FCFA s’était produite, il était intervenu auprès de ses supérieurs afin qu’ils « laissent tomber le million », car il ne croyait pas son employé capable d’un tel acte.
Il a ajouté que lorsque Lupin l’a informé de cette nouvelle disparition, il s’est déplacé à Banfora pour comprendre la situation. « Je lui ai dit que s’il savait quelque chose, c’était mieux de parler.
Nous pouvons encore trouver une solution », a-t-il déclaré. Avant de conclure sa déposition par ce proverbe : « Quand on lance un caillou en l’air, chacun attrape sa tête. »
Au terme des débats, la partie civile a demandé que Lupin soit condamné à rembourser les 6,5 millions de FCFA qu’il affirme avoir perdus.
Le procureur du Faso a, pour sa part, requis que l’accusé soit reconnu coupable d’abus de confiance et condamné à 12 mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA, également assortie du sursis.
Invité à prendre la parole une dernière fois, Lupin a présenté ses excuses, reconnaissant avoir mal agi.
Il a demandé au tribunal de lui laisser une chance de se racheter en continuant à travailler afin de rembourser les sommes dues.
Le délibéré a été renvoyé en fin de rôle.
Source : Wangola Médias
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