Moussa (nom d’emprunt) est un commerçant établi à Bobo-Dioulasso. Dans l’optique de faire prospérer ses affaires, il a fait appel à Salissou (nom d’emprunt), un tradipraticien de nationalité étrangère. Ce dernier a réussi à lui soutirer la somme de 600 000 FCFA ainsi qu’un téléphone, sans pour autant parvenir à le rendre riche rapidement. Mécontent de cette situation, Moussa a traduit Salissou devant les tribunaux dans le but de réclamer son argent.

Salissou a comparu, ce 7 avril 2026, devant les juges de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour répondre des faits d’escroquerie. Il reconnaît partiellement les faits. Il affirme que c’est la victime qui est venue le voir pour lui demander de le rendre riche rapidement.
Le juge lui demande :
— As-tu le pouvoir de rendre une personne riche rapidement ?
— Non. Ce que je sais faire, c’est soigner les gens.
— Mais pourquoi as-tu pris son argent ?
— Il m’a dit que son commerce ne marchait pas. J’ai dit que j’allais l’aider pour cela.
Selon la victime, elle a d’abord remis 32 000 FCFA au prévenu pour faire le travail. Ce dernier lui a remis deux bouts de papier en lui demandant d’en mettre un parmi ses effets personnels et l’autre dans son portefeuille.
« Quand j’ai fait cela, quelques jours après, j’ai constaté que je perdais de l’argent. Je suis reparti le voir. Il m’a dit d’amener 300 000 FCFA et qu’il allait faire en sorte que j’obtienne 15 millions. Je n’ai pas pu trouver tout le montant. C’est pour cela que j’ai ajouté mon téléphone en lui disant que si je trouvais le reste, j’allais récupérer mon téléphone. Après cela, il m’a demandé d’autres sacrifices de coq et de chèvre. Toute la somme que j’ai dépensée dans cette affaire est de 600 000 FCFA », a expliqué le commerçant.
— C’est la prospérité que tu voulais ? questionne le juge.
— Oui, je voulais que mes affaires marchent.
— Quand tu le regardes, est-ce qu’il est lui-même dans la prospérité ?
— Non. Mais il travaille pour les gens.
Le prévenu a indiqué qu’il a utilisé uniquement 150 000 FCFA pour faire le travail, qui n’a rien donné. Il a utilisé le reste pour ses dépenses personnelles.
Pour le procureur, les faits sont suffisamment caractérisés. Il a souligné que, bien qu’il ait été approché par la victime, Salissou pouvait dire qu’il ne pouvait pas faire ce travail. Au lieu de cela, il a demandé une forte somme qu’il a utilisée pour ses propres besoins. Il a requis sa condamnation à 24 mois de prison et à un million FCFA d’amende, le tout ferme.
La victime s’est constituée partie civile et a réclamé la somme de 600 000 FCFA.
Dans sa décision, le tribunal a requalifié les faits d’escroquerie en abus de confiance et l’a déclaré coupable. Il l’a condamné à 36 mois de prison ferme et à un million FCFA d’amende avec sursis.
En outre, il a déclaré la constitution de partie civile de la victime partiellement fondée. Il a expliqué que l’abus de confiance portait sur la somme de 450 000 FCFA que Salissou n’avait pas utilisée pour faire le travail demandé par Moussa. Le prévenu devra payer cette somme à la victime au titre des dommages et intérêts.
Assita Sanou





