Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a examiné, le vendredi 19 juin 2026, le dossier de trois étudiants poursuivis pour faux et usage de faux en écriture publique. Les prévenus, identifiés sous les noms d’emprunt Ali, Paul et Noaga, sont accusés d’avoir falsifié des cartes d’abonnement mensuel de la Société de transport en commun (SOTRACO) à Bobo-Dioulasso.
Selon les débats à l’audience, les trois étudiants utilisaient un procédé consistant à scanner des cartes d’abonnement arrivées à expiration avant de les introduire dans l’application ChatGPT afin d’en modifier les dates de validité. Ainsi, des cartes expirées étaient transformées en cartes apparemment valides, puis utilisées dans les bus de la SOTRACO.
Les faits
À la barre, Ali a reconnu les faits. Il a expliqué avoir agi faute de moyens financiers pour renouveler son abonnement. « J’avais une session de rattrapage à composer. Je n’avais pas l’argent pour renouveler ma carte. C’est lors d’un exercice avec ChatGPT que j’ai essayé et ça a marché. J’ai pu utiliser la fausse carte d’abonnement pendant deux semaines pour me rendre au campus », a-t-il déclaré.
Paul a, lui aussi, admis avoir falsifié sa carte. Il a indiqué avoir découvert cette méthode seul au cours de manipulations effectuées avec l’application ChatGPT.
Quant à Noaga, il a reconnu avoir été informé de l’astuce par Ali. Il a ensuite utilisé le même procédé pour modifier la carte d’abonnement d’une étudiante. Cette dernière, également citée dans la procédure, aurait utilisé la carte sans savoir qu’elle était falsifiée. Noaga a reconnu avoir perçu de l’argent destiné au renouvellement de l’abonnement de l’étudiante avant de choisir de produire une fausse carte.
L’existence d’un réseau de fraudeurs contesté
Les trois prévenus ont toutefois contesté l’existence d’un réseau organisé de fraude. Une version rejetée par l’avocat de la SOTRACO. Selon lui, les éléments du dossier démontrent l’existence d’un réseau de fraudeurs agissant au préjudice de son client. « Curieux que vous soyez tous en session de rattrapage et que vous affirmiez ne pas vous connaître », a-t-il fait observer aux prévenus.
Au titre de l’action civile, le conseil de la SOTRACO a réclamé la somme de 1 638 000F CFA à titre de dommages et intérêts, ainsi que 500 000 F CFA au titre des frais exposés non compris dans les dépens, les prévenus devant répondre solidairement de ces montants.
Réquisitions du parquet
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les faits étaient suffisamment caractérisés au regard des dispositions du Code pénal Burkinabè. Le parquet a demandé au tribunal de retenir la culpabilité des trois étudiants et de les condamner chacun à 60 mois d’emprisonnement dont 12 mois fermes, ainsi qu’à une amende de 1000 000 F CFA assortie de sursis. Il a également requis la confiscation des fausses cartes d’abonnement ainsi que des téléphones portables ayant servi à la commission des faits.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré pour le 3 juillet 2026. En attendant cette date, les trois étudiants ont été reconduits à la maison d’arrêt, où ils patienteront aux côtés des trois machinistes de la SOTRACO également concernés par une affaire dont le jugement aura lieu le même jour.
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