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« Nous voulons aider l’État à relever les défis sécuritaires en renforçant la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière », Ousseini Ouédraogo, directeur exécutif adjoint du CERCOFI

JIB2 20 août 2026 0
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Créé en 2020, le Centre d’études et de recherches sur la délinquance financière et la criminalité organisée (CERCOFI) entend contribuer à la lutte contre la corruption, la délinquance financière, le blanchiment d’argent et la criminalité organisée au Burkina Faso. Mais après six années d’existence, quel bilan peut-on dresser de ses actions ? Quels sont les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les défis qui restent à relever ? Et surtout, comment faire en sorte que les populations, jusqu’à la base, connaissent davantage le centre et s’approprient ses missions ? Dans cet entretien accordé à Justice Infos Burkina, le Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO revient sur les missions du centre, ses principales réalisations, ses difficultés, sa stratégie de communication et ses ambitions pour les prochaines années. Entretien…

Justice Info Burkina : Présentez-nous brièvement le CERCOFI.

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Le Centre d’études et de recherches sur la délinquance financière et la criminalité organisée (CERCOFI) est un centre créé sous la forme d’une association et officiellement reconnu depuis le 24 septembre 2020. Son objectif principal est de contribuer à la lutte contre la délinquance financière et la criminalité organisée. Sur le plan organisationnel, nous avons d’abord la Direction exécutive, le Conseil d’administration et le Conseil scientifique. Ce sont ces trois organes qui assurent la vie du centre.

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À leurs côtés, nous avons différents départements, en fonction des thématiques : le département de la Justice, le département de la Criminalité organisée, le département de l’Éducation et de la Formation, ainsi que le département de la Recherche et de la Production scientifique. Voilà, très brièvement, ce que je peux dire en termes de présentation du CERCOFI.

Justice Infos Burkina : Quels sont ses principaux objectifs du CERCOFI ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Le CERCOFI a été officiellement reconnu en 2020. Son objectif principal est de contribuer à la lutte contre la délinquance financière et la criminalité organisée. En termes d’objectifs spécifiques, nous avons plusieurs axes. Il s’agit d’abord de promouvoir une redynamisation de l’appareil judiciaire à travers l’appui au ministère de la Justice, notamment dans la mise en œuvre de la politique sectorielle en matière de justice. Il s’agit essentiellement de contribuer à la mise en œuvre du Pacte pour le renouveau de la justice, ainsi que des objectifs contenus dans le PNDES.

En matière de droits humains, nous œuvrons également à la promotion des droits humains et des libertés individuelles et collectives, notamment en lien avec les crimes et la criminalité organisée.

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Nous avons aussi pour objectif de promouvoir la coopération nationale entre les différents acteurs de prévention et de répression. Sur le terrain, nous avons les acteurs judiciaires, les acteurs chargés de la mise en œuvre des politiques de sécurité, ainsi que les acteurs intervenant dans le domaine des droits humains. Il faut donc travailler de manière à favoriser la collaboration et la coopération entre ces différents acteurs. C’est donc l’un des objectifs du CERCOFI.

Nous nous sommes également assigné comme objectif de promouvoir la coopération internationale. C’est un aspect important parce que, lorsqu’on parle de criminalité organisée, on parle souvent d’infractions transfrontalières, c’est-à-dire d’infractions qui vont au-delà des frontières d’un seul État. La coopération internationale constitue donc un aspect très important de nos objectifs.

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Nous voulons également apporter un appui aux acteurs chargés de la mise en œuvre de ces politiques, notamment les acteurs judiciaires, les acteurs de la sécurité et ceux des droits humains. Il s’agit notamment de contribuer à leur professionnalisation et au renforcement de leurs capacités.

Au-delà de cela, nous voulons sensibiliser les populations et les tenants du pouvoir sur la nécessité d’une gouvernance vertueuse et démocratique. Il faut également œuvrer à la promotion d’une véritable culture citoyenne.

Voilà, en gros, les objectifs spécifiques que nous nous sommes assignés pour réaliser les missions du CERCOFI, participer à la construction d’une gouvernance vertueuse et accompagner les pouvoirs publics dans la mise en œuvre de différentes politiques.

Justice Infos Burkina : Le CERCOFI existe depuis 2020. Quel bilan faites-vous de ces six années d’existence ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : De 2020 à 2026, nous sommes à la sixième année de vie du centre et je peux dire que nous avons quand même pu réaliser quelques activités. En termes de bilan, nous pouvons nous féliciter des résultats obtenus, tout en sachant qu’il faut continuer à engranger davantage de résultats.

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Parmi les activités phares que nous avons menées, il y a notamment la journée d’études sur les délits d’apparence. Cette journée a connu un franc succès. Elle a regroupé des acteurs du ministère de la Justice, des acteurs des droits humains et de la société civile, notamment le REN-LAC et d’autres organisations. Nous avons ainsi pu rassembler différents acteurs autour de la thématique des délits d’apparence.

Le CERCOFI a également été reconnu comme un partenaire privilégié par certaines institutions et structures, aussi bien au niveau national qu’international. Au niveau national, l’Assemblée législative du Peuple (ALP) a sollicité le CERCOFI pour apporter sa contribution lors des discussions sur un projet de loi relatif au travail d’intérêt général (TIG). Le CERCOFI a ainsi pu apporter sa contribution en termes de lecture et de compréhension de cette question.

Au niveau international, le Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption a réuni des acteurs de la société civile dans le cadre d’un atelier d’échanges, auquel le CERCOFI a été invité à participer.

Nous avons également pris contact avec les autorités nationales, notamment le ministère de la Justice, afin de présenter le centre, ses objectifs et notre volonté d’accompagner les pouvoirs publics dans la mise en œuvre de leurs politiques de gouvernance.

Nous avons également pris attache avec l’ASCE-LC, l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption, pour présenter le centre et décliner ses objectifs.

Récemment, nous avons aussi organisé à Bobo-Dioulasso une activité que nous avons appelé le « Rencard des pénalistes ». Elle a permis de réunir des acteurs, notamment des chefs traditionnels, des acteurs de la chaîne pénale, des communautés et des autorités locales, autour de la question de la loi sur les mécanismes traditionnels de règlement des conflits, la loi « Faso Bu Kaooré ». Il s’agissait notamment d’échanger sur les articulations qui doivent exister entre les autorités traditionnelles et locales chargées de la mise en œuvre de ces mécanismes et les acteurs classiques de la chaîne pénale.

Ce sont, entre autres, les activités que nous avons pu mener. Nous pensons poursuivre dans cette dynamique afin de renforcer la visibilité et la présence du CERCOFI sur le terrain.

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Justice Infos Burkina : Quels sont les principaux obstacles auxquels vous rencontrez dans la réalisation de vos objectifs ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : En termes d’obstacles, il y a notamment la question des partenariats. Pour mettre en œuvre nos activités sur le terrain, il faut pouvoir nouer et renforcer des partenariats. Il faut rechercher de nouveaux partenaires et renforcer ceux qui existent déjà. C’est donc un point que nous cherchons à améliorer : renforcer les partenariats existants et créer de nouveaux partenariats.

Nous voulons également accroître les publications sur les thématiques en lien avec les objectifs du centre, notamment la criminalité organisée et la délinquance financière. Nous avons un Conseil scientifique et des experts qui produisent des travaux scientifiques que nous publions sur notre site web et sur nos différentes plateformes. C’est donc un aspect que nous devons renforcer et c’est un défi que nous comptons relever.

Un autre défi est de pouvoir mettre pleinement en œuvre notre programme d’activités. Nous avons un programme assez fourni, mais sa mise en œuvre dépend en grande partie de notre capacité à établir des partenariats solides avec différents acteurs.

Enfin, nous devons améliorer la visibilité du centre. Nous avons déjà un site web et une page Facebook à travers lesquels nous diffusons des informations sur nos activités. Mais il reste encore beaucoup à faire pour renforcer la visibilité du CERCOFI sur le terrain.

Cela permettra aux acteurs concernés, mais aussi aux populations, de connaître davantage l’existence du centre et les activités que nous menons.

Justice Infos Burkina : Qu’est-ce que vous comptez faire pour que, jusqu’en bas de l’échelle, les populations puissent connaître l’existence du CERCOFI et ses activités ?

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Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Je pense que cela passe essentiellement par la mise en œuvre de notre programme d’activités. Par exemple, nous avons prévu l’accompagnement des acteurs judiciaires à travers les audiences foraines. Cela signifie accompagner les juridictions, notamment celles de l’intérieur du pays, à aller vers les populations, c’est-à-dire sortir du ressort habituel de la juridiction et se rendre dans les villages pour tenir des audiences. Si le CERCOFI arrive à accompagner ces activités au niveau des juridictions, cela permettra également au centre d’être davantage visible auprès des populations.

Au-delà de nos plateformes numériques, que nous allons continuer à alimenter davantage, notamment le site web et la page Facebook, c’est véritablement à travers les activités sur le terrain et la mise en œuvre de notre programme d’activités que les populations pourront connaître l’existence et les missions du CERCOFI.

Justice Infos Burkina : Quelles sont les principales cibles de ce centre depuis sa création ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Quand vous regardez les questions liées à la délinquance financière et à la criminalité organisée, les premiers acteurs concernés sont les acteurs judiciaires, notamment ceux de la chaîne pénale. Il y a les magistrats, les tribunaux et leurs différents acteurs, mais également la police judiciaire, la gendarmerie, la police et les autres officiers de police judiciaire. Il y a également les acteurs des droits humains. Nous ciblons aussi les chercheurs et le monde de l’enseignement supérieur. Comme je vous l’ai dit, nous avons des experts qui produisent des publications qui intéressent le monde de la recherche. Nous appelons également les chercheurs à produire des travaux que nous pouvons publier sur nos différentes plateformes. Ce sont essentiellement ces catégories d’acteurs qui constituent les principales cibles du CERCOFI.

Justice Infos Burkina : Vous avez tantôt évoqué les difficultés de mise en œuvre. Quel est l’obstacle majeur que vous rencontrez ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : L’obstacle majeur, et dont dépendent beaucoup d’autres difficultés, reste l’accompagnement des partenaires. Lorsqu’on parle de difficultés dans la mise en œuvre des activités, tout dépend en grande partie de l’existence d’un partenariat solide. Si vous n’avez pas de partenaires, les ressources propres du centre ne permettent pas toujours de mettre en œuvre l’ensemble des activités prévues. Au regard de l’ampleur et de l’envergure de nos activités, il faut forcément que nous ayons des partenaires. C’est donc la difficulté majeure dont dépendent plusieurs autres difficultés.

Justice Infos Burkina : Aujourd’hui, peut-on dire que le CERCOFI est suffisamment connu par les acteurs et les populations ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Au niveau de la population de base, ce n’est pas encore évident. Mais au niveau des acteurs ciblés, notamment les différents acteurs institutionnels et professionnels, on peut dire qu’il y a quand même une certaine appropriation et une connaissance du centre. Les activités auxquelles nous avons été associés en témoignent. Des structures comme l’Assemblée Législative du Peuple et le Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption ont eu l’occasion d’inviter le CERCOFI à intervenir et à contribuer à leurs activités. Le centre est donc plus ou moins connu par les acteurs, mais cette connaissance reste davantage concentrée au niveau de l’élite et des acteurs institutionnels. Le travail consiste maintenant à faire en sorte que cette connaissance descende jusqu’à la base, afin que les populations puissent également connaître l’existence et les activités de ce centre.

Justice Infos Burkina : Au niveau communicationnel, que comptez-vous faire pour toucher davantage les populations, notamment à travers les plateformes numériques ?

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Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Je pense que notre chargé de communication fait un travail formidable. Nous avons un site qui est régulièrement alimenté. Lorsque vous allez sur le site, vous trouverez des articles que nous publions et qui sont rédigés par nos experts et des chercheurs. Au-delà du site web, nous veillons à faire vivre nos plateformes afin qu’elles soient véritablement actives. La page Facebook est également régulièrement alimentée. Nous publions, par exemple, les textes de loi. Dès qu’un texte de loi est adopté par les autorités, nous le publions afin de permettre au public d’y avoir accès. Nous publions également nos activités. La dernière activité que nous avons tenue à Bobo-Dioulasso, le « Rencard des pénalistes », a notamment été diffusée en direct sur notre page Facebook. Cela a permis à beaucoup de personnes de suivre l’activité. Ce sont les outils de communication dont nous disposons actuellement. Au regard du monde actuel, qui est celui du numérique, je pense qu’il faut continuer à travailler avec ces plateformes. Peut-être pourrons-nous également élargir notre présence au-delà du site web et de Facebook, sur d’autres plateformes, afin d’accroître davantage la visibilité du CERCOFI.

Justice Infos Burkina : Quel message avez-vous à adresser au peuple burkinabè afin qu’il s’approprie davantage les missions du CERCOFI ?

Directeur exécutif Adjoint du CERCOFI, Ousseini OUEDRAOGO : Je voudrais d’abord dire que notre mission est une mission noble. Quand on regarde le contexte actuel dans lequel notre pays évolue, il faut prendre en compte la question de la criminalité organisée et de la criminalité transfrontalière. Nous savons ce que nous vivons aujourd’hui en termes de défis sécuritaires. L’un des objectifs importants du CERCOFI est justement d’aider les autorités à relever ces défis sécuritaires. C’est donc un combat noble, un combat qui concerne tout le monde, pour le bien de l’ensemble de la population.

Il y a également la question de la corruption, de la délinquance financière et du blanchiment d’argent. Ce sont des phénomènes qui freinent le développement d’une nation. C’est donc une mission noble que nous menons et nous invitons vivement la population à consulter nos plateformes, mais également à adhérer au CERCOFI.

Le CERCOFI est une association et l’adhésion est libre. Il n’y a pas de discrimination. Que vous soyez agent public, agent privé, acteur du monde des affaires ou que vous évoluiez dans n’importe quel autre domaine, vous pouvez adhérer au centre et contribuer à ses actions.

Ensemble, nous pouvons faire avancer le développement économique et lutter contre les fléaux qui entravent ce développement.

Entretien réalisé par Ibrahima TIENDREBEOGO

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