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Récits de Procès

Récit d’un procès : Il tue un membre de sa famille maternelle à cause de 5 000 F CFA

admin 18 avril 2026 0
justice2

Un cas de meurtre a été signalé en 2015 sur un site d’orpaillage de Diébougou, région du Djôrô (ex Sud-Ouest). Les enquêteurs se sont déportés sur les lieux. Aux premières heures de l’enquête, Sitafa (nom d’emprunt), orpailleur, est suspecté. Mis aux arrêts, il fera sa comparution le 14 mai 2018 devant les juges lors d’une session criminelle à Diébougou. Il a été reconnu coupable de l’infraction de meurtre. La Chambre criminelle l’avait donc condamné à l’emprisonnement à vie.

Appel du dossier

L’accusé a fait appel pour demander un pardon et, en même temps, une réduction de sa peine qu’il estime trop lourde. À la barre devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, le 13 avril 2026, l’accusé reconnaît les faits.

Faits

Selon le contenu du dossier, Sitafa, un orpailleur, a eu une bagarre avec un de ses proches, plus précisément un membre de la famille de sa propre mère. Selon les enquêteurs, tout serait parti d’une dispute autour d’une somme de 5 000 F CFA le jour des faits sur le site aurifère. Ne s’étant pas compris, Sitafa aurait sorti une hache pour asséner des coups sur la tête de la victime, entraînant ainsi sa mort.

Interrogé par les enquêteurs, il dit avoir agi sous l’effet de la drogue.

Pour l’accusé lui-même, ces faits sont graves, mais il se pose la question de savoir pourquoi il en est arrivé là.

« La victime et moi sommes proches. C’est un membre de la famille de ma mère. Nous nous sommes rencontrés sur le site d’orpaillage et, suite à une altercation, je l’ai poignardé à mort », a décrit l’accusé.

Le président de la Cour lui demande s’il avait fumé de la drogue le jour des faits. Sitafa reconnaît avoir effectivement pris de la drogue le matin, dans le cadre de son activité, alors que les faits se sont déroulés aux environs de 15 heures.

Le juge demande encore : Sur quelle partie l’aviez-vous frappé et combien de fois ?

« Je l’ai frappé à la tête. Je ne me rappelle pas du nombre de coups », répond-il.

Réquisitions

Pour le ministère public, la condamnation de l’accusé est intervenue le 14 mai alors que le Code pénal du 31 mai 2018 allège la peine de l’infraction de meurtre. Sous l’ancien Code pénal, le meurtre était puni de l’emprisonnement à vie, mais avec le Code pénal du 31 mai, il est puni de 11 ans à 30 ans de prison.

Un argument juridique que le parquet a mis en avant pour requérir une peine d’emprisonnement de 30 ans contre l’accusé.

Le verdict

La Cour s’est retirée pour délibérer le même jour. Elle a condamné Sitafa à une peine d’emprisonnement de 15 ans ferme.

Après le prononcé du verdict, la Cour a prodigué quelques conseils au condamné :

« Vous avez déjà fait 11 ans en prison. Cela signifie que vous allez bientôt sortir. Si vous sortez, éloignez-vous de la drogue », a conseillé le président de la Cour.

Sitafa dit avoir pris bonne note.

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