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Récit d’un procès : 11 ans après avoir recouvré sa liberté, un accusé retourne en prison pour le meurtre de son fils

JIB2 22 juillet 2026 0
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Accusé de meurtre, Zinko (nom d’emprunt) s’est présenté le 16 juillet 2026 à la barre de la Chambre criminelle du TGI de Dédougou, siégeant en audience foraine à Tchériba, dans le cadre d’une procédure de citation directe.

Depuis le début de l’enquête en 2012 jusqu’au procès, il a nié les faits. L’accusé a plutôt invoqué le suicide de la victime qui n’est autre que son fils. Cette posture n’a pas convaincu le ministère public ni le tribunal qui, au regard des éléments du dossier et du comportement très suspect de l’accusé, lui ont imputé la mort de la victime.

Par conséquent, il a été condamné à 11 ans de prison dont 5 ans ferme. Un mandat de dépôt a été décerné contre l’accusé à l’audience. Il reprend le chemin de la prison pour deux ans, étant donné qu’il y avait déjà séjourné trois ans.

Kabakoyé! Expression d’étonnement en langue dioula. Onze ans après avoir recouvré sa liberté, Zinko (nom d’emprunt) ne s’imaginait pas un seul instant, qu’en comparaissant devant la barre de la Chambre criminelle du TGI de Dédougou, siégeant en audience foraine à Tchériba le 16 juillet 2026, il reprendrait aussitôt le chemin de la prison pour deux années supplémentaires.

Poursuivi pour le meurtre de son propre fils, l’accusé a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés et condamné à onze ans de prison dont cinq ans ferme. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui à l’audience.

Selon les éléments du dossier, les faits remontent au 12 novembre 2012. A cette date, Adama (nom d’emprunt), âgé d’une trentaine d’années, a été retrouvé mort dans la cour familiale à Sao, un village de la commune de Tchériba.

Informés, des éléments du Commissariat de police de Tchériba se sont rendus sur les lieux pour les constatations d’usage. Il ressort du procès-verbal qu’un fusil de chasse calibre 12 a été retrouvé à côté de la victime. Celle-ci avait été déplacée sous un hangar par son père. De même, les fins limiers ont constaté des impacts de plombs sur le thorax de la victime. Cependant, les projectiles n’ont pas perforé le corps. Un indice qui a obligé les enquêteurs à écarter la thèse du suicide et à privilégier celle de l’homicide.

Pire encore, le père de la victime a fui le village le même jour pour trouver refuge chez ses oncles, dans un village du Nayala. Il n’a ni assisté à l’enterrement de son fils, ni pris part aux funérailles. Ce comportement suspect de Zinko a contraint les policiers à pousser leurs investigations.

Des témoignages, il ressort que le père de la victime a été le premier à découvrir le corps sans vie. Il aurait informé tout le monde que son fils s’était donné la mort avant de disparaître.

Revenu au village vingt jours après les faits, Zinko a été interpellé et placé en détention provisoire, avant de bénéficier d’une liberté provisoire en 2015. Durant toute la procédure jusqu’au procès, il a toujours nié être à l’origine de la mort de son fils. L’accusé a plutôt invoqué un suicide dans sa narration des faits. « Je suis revenu du champ, et j’ai trouvé mon fils sans vie, baignant dans son sang. Le canon de mon fusil était placé sur son thorax. Comme le corps était exposé au soleil, je l’ai déplacé seul pour le mettre à l’ombre. Par la suite, j’ai informé mes parents, les responsables du village, qui ont alerté les autorités », a-t-il relaté.

A la question du ministère public de savoir pourquoi l’accusé a traîné tout seul le cadavre sans attendre le constat de la police, celui-ci a répondu qu’il souffrait de voir le corps sans vie de son fils exposé au soleil. L’accusé a justifié son absence durant les obsèques par la peur. « En toute honnêteté, j’ai été traumatisé par la peur. Le fusil étant ma propriété, il m’était difficile de convaincre qui que ce soit que je n’étais pas l’auteur du crime. C’est pourquoi j’ai trouvé refuge chez mes oncles ».

Une thèse que le ministère public ne partage pas. « Il faut bien avoir quelque chose à se reprocher pour disparaître », a-t-il souligné, avant de révéler que des témoins ont, au cours de leurs dépositions devant le juge d’instruction, révélé l’existence d’une mésentente entre la victime et l’accusé.

De même, une scène de ménage avait obligé l’une des épouses, en l’occurrence la mère de la victime, à quitter son foyer au moment des faits. Des témoins ont aussi expliqué que le jour du drame, toute la famille était au champ. L’accusé était seul à la maison avec la victime. Celle-ci était apprentie chauffeur et faisait la navette entre Koudougou et son village.

Pire, durant la période qui a précédé le drame, l’accusé aurait menacé de tuer quelqu’un sans le citer nommément. L’accusé a nié ces déclara-tions. Il est resté campé sur sa position, arguant ne pas être l’auteur de la mort de son fils. Las de la kyrielle de questions des juges et du ministère public, il a fini par déclarer ceci: « Comme vous dites que c’est moi, j’accepte. C’est mon enfant, c’est moi qui l’ai tué. C’est fini ». Une déclaration qui lui a valu des observations du Tribunal.

A la question du parquet de savoir qui a tué Adama, la position de l’accusé n’a pas varié « Ce n’est pas moi ». Malgré cette réponse, plusieurs éléments dans le comportement de l’accusé convainquent le parquet. Celui-ci, en s’appuyant sur le faisceau d’indices en sa possession, pense que le meurtre est imputable à l’accusé. C’est pourquoi il a requis une peine de prison de onze ans ferme contre lui.

Le Tribunal a condamné l’accusé à onze ans dont cinq ans ferme. Il a décerné contre lui un mandat de dépôt. Dans le détail, l’accusé, qui avait passé trois ans en détention, purgera deux ans de prison.

Source : Le Pays N⁰8606 du lundi 20 juillet 2026

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