La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a examiné, ce vendredi 21 août 2026, le dossier de Toni (nom d’emprunt), un jeune homme de 28 ans domicilié à Bobo-Dioulasso.
Selon les faits, Toni est poursuivi pour abus de confiance. Il lui est reproché d’avoir, courant l’année 2022, détourné et dissiper des barres de fer appartenant à l’un de ses clients, Moaz (nom d’emprunt). Ce dernier lui avait confié ses objets pour qu’il les garde après les avoir achetés dans son magasin et d’autres ailleurs.
Interrogé sur les faits, Toni a reconnu les faits. Toutefois, il a estimé avoir gardé les fers pendant plus de trois ans sans avoir de nouvelles de son client, Moaz.
La pluie comme raison de la vente
À la question du tribunal de savoir si un bien vendu, même s’il reste dans son magasin, lui appartient toujours, le prévenu a répondu sans détour : « Non ».
Le tribunal a poursuivi :
— Qu’est-ce qui t’a donc poussé à les revendre ?
Toni a répondu que la pluie tombait à chaque fois sur ces fers et qu’il n’avait pas le numéro de Moaz pour l’appeler.
— De combien de fers était-il question ?
Le prévenu a laissé entendre qu’il s’agissait de 30 barres de fer, estimées à 189 500 FCFA, et que Moaz lui avait versé 150 000 FCFA comme avance.
Selon le tribunal, Toni avait été entendu par le procureur et avait déclaré : « J’ai vendu les fers et je comptais lui rembourser. »
La victime conteste le nombre de barres de fer
Selon Moaz, le nombre de ses barres de fer dépassait les 30 évoquées par le prévenu.
« Mes barres de fer dépassaient 30. Tout mon argent y compris ce que j’ai acheté pour aller lui compléter pour faire mon travail plus ce que j’ai acheté dans son magasin s’éleve à un montant de 310 000 FCFA, car j’ai réglé d’abord pour les fers et ensuite une somme pour les attacher, chose qu’il n’a pas faite », a affirmé la victime.
« Quand il m’a fait ça, je l’ai cherché plusieurs fois, en vain. J’effectuais des voyages vers Niamey et je revenais, mais chaque fois que je passais dans son magasin, on me disait qu’il était sorti. En plus, il ne décrochait plus mes appels. »
Selon le client Moaz, en plus de ce qu’il a dépensé chez Toni, pour faciliter l’attachement de ses barres de fers, il aurait acheté d’autres agrégats au Mali quand il revenait pour venir donner à ce dernier de compléter pour faire son travail par ce qu’il ne les disposait pas chez lui. Et ce dernier a ajouté tous ces matériels pour vendre.
Une stratégie pour mettre la main sur le prévenu
Moaz a laissé entendre qu’il avait utilisé la ruse pour pouvoir retrouver Toni. Selon ses propos, il avait donné le numéro de ce dernier à son ami afin que celui-ci lui fasse croire qu’il avait un marché de travail à lui confier.
Une fois cela fait, ils se sont donné rendez-vous sur les lieux afin que son ami lui confie la tâche. C’est alors que Moaz s’est également précipité sur les lieux pour le retrouver et le faire arrêter.
Invité par le tribunal à se prononcer sur ses réclamations au cas où le prévenu serait déclaré coupable, la victime a fait savoir qu’elle réclamait simplement la somme de 310 000 FCFA.
Dans ses réquisitions, le ministère public a fait comprendre que Toni avait été contacté pour livrer effectivement des agrégats à la victime une première fois. Après cela, les achats se sont succédé jusqu’aux barres de fer.
Chose maintenant que la victime va changer de visage. A ce niveau, il aurait perçu une somme d’argent et des matériels achetés par le client sans honorer ses engagements avant le départ de Moaz pour Niamey.
Selon le procureur, lorsque Moaz est revenu, les deux hommes se sont entendus pour que Toni rembourse son argent par des versements de 20 000 FCFA. Mais il ne l’a pas fait, jusqu’à ce que Moaz dépose une plainte contre lui.
Le parquet a demandé au tribunal de déclarer Toni coupable et de le condamner à une peine d’emprisonnement de 12 mois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA, dont 100 000 FCFA ferme, estimant qu’il existait suffisamment d’éléments constitutifs de l’infraction.
Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort, a déclaré Toni coupable des faits d’abus de confiance et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont un mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA assortie du sursis. Il lui a également ordonné de payer la somme de 310 000 FCFA à la victime.
La Plume du Prétoire pour Justice Infos Burkina.






