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TGI Ouaga 1 : Elle soutenait son copain avec l’argent de son patron… les deux amoureux se lâchent au procès

JIB2 23 mai 2026 0
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Le 20 octobre 2025, Martine, gérante d’une boutique de transfert d’argent, Abdoul, vigile, et Nouridine, élève et petit frère du vigile (tous des noms d’emprunt), ont comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I. Ils sont poursuivis pour des faits d’abus de confiance, de recel et de complicité d’abus de confiance portant sur un montant de 5 100 000 F CFA appartenant à Ladji (nom d’emprunt).


Courant décembre 2024, lors d’un audit interne, Ladji a constaté une perte de plus de cinq millions de francs CFA dans sa boutique de transfert d’argent. Interrogée, Martine a pointé du doigt le vigile et son petit frère, affirmant leur avoir prêté cette somme. Tous trois ont été entendus puis jugés le lundi 20 octobre 2025.


L’interrogatoire de Martine


« Que s’est-il passé ? », a voulu savoir le tribunal.
Martine répond :
« Quand je pars vers la ZAD pour les retraits, le vigile m’a demandé mon numéro de téléphone et il m’a ensuite demandé de l’argent. Je lui ai envoyé. Comme son portable était gâté, il m’a donné le numéro de son petit frère, et à son tour, ce dernier en profitait aussi. Quand le patron a fait les comptes, il y avait un manquant. »


Le tribunal demande alors :
— « Vous avez fait ces prêts avec l’autorisation du patron, Ladji ? »
— « Non », répond-elle.
— « D’où venait l’argent que vous prêtiez ? »
— « C’est l’argent du patron. »
— « Et ils savaient que c’était l’argent du patron ? »
— « Oui. »
« Combien leur avez-vous envoyé ? »
« Je n’ai aucune idée du montant total transféré à Abdoul et Nouridine. C’était toujours par transfert. »


La version d’Abdoul


Selon Abdoul, il reconnaît avoir reçu de l’argent de Martine sans en connaître le montant exact. Il soutient que c’étaient des dons, car il croyait qu’elle gérait les boutiques de son père.
« Je ne savais pas qu’elle était gérante d’une boutique de transfert d’argent. Elle m’a dit que si j’avais un problème, je pouvais lui en parler. »


Nouridine, pour sa part, affirme ne pas connaître le montant total reçu de Martine.
« Quand mon grand frère lui a donné mon numéro, elle m’appelait souvent pour demander si j’avais mangé, et elle m’envoyait parfois 5 000 ou 10 000 F. Mais je ne connais pas le total. »


Le tribunal demande :
— « Elle est qui pour vous ? »
Abdoul répond :
« C’est ma copine. Depuis 2024, c’est elle qui est venue vers moi. Je lui ai dit qu’elle était jeune, elle m’a répondu qu’elle aurait 19 ans le mois suivant. J’ai un projet d’élevage et elle m’a promis de m’aider. »


Le tribunal ironise :
« Vous avez 25 ans, elle 19 ans, qui peut aider qui ? »
Abdoul précise qu’il lui avait demandé s’il n’y aurait pas de problème, et qu’elle l’avait rassuré.
« Est-ce que vous avez tenté de rencontrer son père ? »
« Non, elle a refusé. »


Les observations du tribunal


Le tribunal a fait observer à Abdoul que recevoir régulièrement de l’argent d’une jeune fille de cet âge, alors que ni son père ni son patron ne lui avaient jamais envoyé de telles sommes, aurait dû éveiller ses soupçons, d’autant plus que son petit frère en profitait également.


Abdoul a répliqué qu’il ignorait que son petit frère recevait également de l’argent.
Pour Nouridine, il s’agissait d’un simple lien virtuel. « Elle m’appelait “beau-frère”, et je pense avoir reçu environ 500 000 F CFA en cinq mois. »


Martine, de son côté, insiste : « C’est eux qui me demandaient. »


Concernant la moto d’Abdoul, celui-ci affirme l’avoir achetée grâce à ses propres économies, avant de connaître Martine.
Le procureur a observé qu’Abdoul recevait de l’argent de Martine uniquement parce qu’il y avait une relation amoureuse.
« Martine, Abdoul et Nouridine sont poursuivis pour abus de confiance, recel et complicité. Les frères affirment ignorer la provenance de l’argent. Martine, elle, a dissipé 5 100 000 F CFA et a reconnu les faits. L’infraction est caractérisée. »


Le parquet a requis pour Martine une peine de 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, ainsi qu’une amende ferme de 2 000 000 F CFA. Pour Abdoul, il a demandé également 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, accompagnés d’une amende ferme de 2 000 000 F CFA. Quant à Nouridine, le parquet a requis 12 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 1 000 000 F CFA.
Concernant la moto, le procureur a précisé qu’aucun scellé n’avait encore été établi.


L’avocat de Nouridine a plaidé la clémence :


« Mon client recevait de l’argent sans en connaître la provenance. Il ne l’a jamais vue. Il était en classe, elle au bureau. Il ne savait pas que cela constituait une infraction. Nous demandons pardon pour sa négligence et sollicitons votre indulgence. »
L’avocat d’Abdoul a ajouté :
« Au départ, nous pensions qu’il s’agissait d’une fille à papa, mais ce n’était pas le cas. Aucune preuve ne démontre le recel. Nous demandons la relaxe pour infraction non constituée, ou à défaut, le sursis. »


Dans son verdict rendu le 27 octobre 2025, le tribunal a reconnu Abdoul, Martine et Nouridine coupables des faits qui leur étaient reprochés.


Abdoul a été condamné à 24 mois d’emprisonnement et à une amende de 2 000 000 F CFA, le tout assorti de sursis.
Martine et Nouridine ont chacun écopé de 12 mois d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 F CFA, également assortis de sursis.


Les trois prévenus ont été condamnés solidairement à verser à la victime la somme de 5 100 000 F CFA à titre de dommages et intérêts.


Justice Infos Burkina
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Source : Zoodomail

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