Koffi (nom d’emprunt), âgé de 39 ans, est domicilié à Bobo-Dioulasso. Il est orpailleur de profession.
Le parquet l’a poursuivi pour des faits d’escroquerie commis courant 2026 au préjudice de Joël (nom d’emprunt).
En effet, les faits qui lui sont reprochés remontent au mois de mai 2026.
Les faits
Koffi a quitté Tenkodogo, sa ville natale, pour Bobo-Dioulasso à la recherche de meilleures conditions de vie.
Il ressort du dossier que Koffi est un récidiviste, puisqu’il a déjà été jugé à deux reprises pour des faits de vol. Malgré cela, il ne s’est pas ressaisi.
Dans cette affaire, Koffi a mis au point une idée ingénieuse pour s’approprier les poules d’autrui.
Pour ce faire, il s’est fait passer pour le voisin de Joël et s’est fait accompagner par l’enfant de ce dernier afin de mettre son plan à exécution.
Une fois en compagnie du fils du voisin, il s’est rendu au domicile de Joël, où il lui a expliqué qu’il était son voisin et qu’il avait perdu ses poules.
Joël, qui n’était pas souvent à son domicile en raison de ses déplacements, ignorait quelles étaient précisément ses poules, car c’est son épouse qui s’occupait de la volaille en son absence.
Profitant de cette situation, Koffi a désigné certaines poules comme étant les siennes.
Une fois les volailles en sa possession, il a immédiatement quitté la cour de Joël.
Peu après son départ, Joël a été alerté par son épouse, qui lui a indiqué que Koffi était un présumé escroc et voleur bien connu dans le quartier.
Stupéfait, Joël s’est alors mis à la recherche de Koffi.
N’ayant pas réussi à le retrouver, il a décidé de porter l’affaire à la police.
Le 19 mai 2026, Koffi a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso.
À la barre, le prévenu a reconnu avoir usé de tromperie pour gagner la confiance de Joël et s’approprier ses poules.
Pour sa défense, il a sollicité la clémence du tribunal.
Interrogé par le juge :
— Pourquoi avez-vous décidé d’agir de la sorte ?
Il répond : « Je voulais rentrer à Tenkodogo pour voir ma mère. On m’a informé qu’elle ne se sentait pas bien. Je n’avais pas de quoi payer le transport. »
— Pourquoi ne pas chercher du travail ?
« J’ai cherché à plusieurs reprises, mais je n’en ai pas trouvé. Ici, à Bobo, si tu ne connais personne, tu ne peux pas avoir du travail », a-t-il déclaré.
— Selon vous, tous ceux qui veulent rentrer à Tenkodogo sont-ils des escrocs ?
Koffi répond : « Non, la plupart ont du travail. »
— Selon vous, votre acte relève-t-il du vol ou de l’escroquerie ?
Koffi répond qu’il s’agit d’un vol.
Entendu à son tour, Joël affirme avoir été dupé et trompé par Koffi.
Réquisitions du procureur
Le ministère public estime que les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis, notamment l’acte matériel caractérisé par des manœuvres frauduleuses, la remise des biens par leur propriétaire, l’usurpation d’identité ainsi que l’intention coupable de tromper et d’escroquer.
En répression, le parquet a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 1 000 000 F CFA avec sursis.
La décision du tribunal
Dans sa décision, le tribunal a déclaré Koffi coupable des faits d’escroquerie.
Il l’a condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, ainsi qu’à une amende de 1 000 000 F CFA ferme.
Salamata Bikienga pour justiceinfosburkina.com






